Des livres à lire et commander

Je suis en retard, je n’ai plus touché ce blog depuis très longtemps.

Plusieurs livres intéressants sont sortis.

D’abord le livre « Bergère » qui est un récit très simple d’une bergère.

http://www.unitheque.com/Livre/editions_les_autanes/ecritures_de_femmes/Bergere-66145.html#.U1TTm_l_uT8

Puis, « Domestiquer Autrement », un livre de Jean Marie Davoine de la Fédération des Alpages de l’Isère.

http://www.alpages38.org/IMG/pdf/domestiquer_autrement.pdf

enfin un site créé par l’historien  Jean Marc Morisseau sur le loup:

http://www.unicaen.fr/homme_et_loup/

Pour finir, il faut également savoir que le livre dirigé par Michel Meuret : » Un Savoir Faire de Berger » est à présent sorti dans sa version anglaise : » The Art & Science of Shepherding ». C’était le but, les américains étant curieux de connaitre nos pratiques lui avaient demandé de leur en parler. Il a donné la parole a de nombreux bergers et formateurs pour faire ce livre de référence.

Publié dans : Non classé | le 21 avril, 2014 |Pas de Commentaires »

A quoi sert le patou?

La Buvette des Alpages sort une étude réalisée il y a quinze à vingt ans de cela sur l’utilité des patous. A cette époque (très peu de temps après l’arrivée officielle du loup), dans les Alpes Maritimes les troupeaux surveillés par des patous étaient minoritaires. On peut alors facilement supposer qu’entre un troupeau avec chien de protection et un autre sans, le loup aura préféré le second. Mais aujourd’hui que tout les troupeaux sont protégés, le nombre de victimes ne cesse de croître. Le loup attaque quand même, au point que l’on peut se demander si on n’y a pas perdu au change. On ne peut plus se passer de patou, (or c’est une grosse contrainte) sinon on sera le troupeau attaqué. Mais la prédation sur les troupeaux augmente tout autant que si on ne s’était pas protégé.

De fait l’éthologue JM Landry a montré par des photographies nocturnes comment il s’est instauré un jeux entre chiens et loups. Devant un patou, le loup faisait acte de soumission extrème qui pourrait laisser penser qu’il abandonnerait définitivement les attaques sur troupeaux mais peu de temps après, le même loup regarde tranquillement passer le patou devant lui.

Comment en est-on arrivé là ? Ce n’est pas difficile à comprendre. Les associations pro prédateurs ont préconisé et longtemps obtenu une politique de sacralisation du loup. Même son effarouchement était tabou et le tir de défense l’est toujours pour ces associations. Mais si le loup est protégé au point de ne pas devoir être dérangé dans sa chasse et ne rien risquer, qu’attend on exactement du patou ? Lui non plus n’est pas sensé devoir faire de mal à un loup? Si l’on avait retrouvé un loup mort tué par des patous, j’ai bien l’impression que l’éleveur pourrait craindre un procès de l’ASPAS ou de Férus.

Ce n’est pas leur acceptation du loup qu’il fallait demander par sondage aux Français. L’ASPAS qui est tout aussi démagogique que les associations moins radicale aurait du faire un sondage sur l’acceptation par les Français du patou. (voire mon article : http://mathieuerny.unblog.fr/2013/10/05/qui-croit-aux-sondages/ )

Il est évident pour tout le monde qu’un bon chien de protection est un gentil chien qui ne causera pas de problèmes aux touristes. Sa capacité de combattre un prédateur ne vient qu’en deuxième lieux. Il est également tout à fait évident qu’on ne pourra jamais en France avoir dans un troupeau le nombre de patous suffisant. Il est inenvisageable d’avoir sur chaque estive une meute de grands chiens de protection destinés à se battre contre les prédateurs, cela représenterait un trop grand danger pour les randonneurs mais gênerait également considérablement le travail du berger et des chiens de conduite. Les associations écologistes omettent systématiquement de présenter ce problème évident. Les militants écologistes ont un très grand pouvoir d’auto-persuasion et savent le communiquer. Ils sont en effet toujours persuadés que le redoutable chasseur qu’est le loup, fuit dès qu’il entend dans la nuit une voix humaine ou un aboiement de patou. Il est fréquent dans leur littérature de présenter le loup comme un benet.

Le patou, lui, est présenté par tout ses promoteurs comme un talisman aux pouvoirs magiques dont la seule présence éloigne le loup. Il a été adopté sur cette idée là par les pouvoirs publiques et il est donc évident que l’on ne constatera aucune efficacité. Le patou sert de faire valoir pour dire que l’on agit sur la prédation car « les solutions existent ailleurs ». Certes, dans d’autres pays, cette technique fonctionne mieux. Mais là bas, on a intégré que cette solution est violente. Il n’y a donc pas de raison que l’humain n’appuie pas ses courageux chiens de protection avec des moyens violents pour le loup. Ceci est tout de même dans l’ordre des choses, le troupeau subissant, lui, la violence extrême. Il n’est pas normal de déléguer à un chien que l’on met en état d’infériorité par rapport au prédateur la mission de protéger le troupeau. Il peut être en danger et n’est généralement pas suicidaire (heureusement d’ailleurs). Même si les patous sont suffisamment sûrs d’eux, ils ont alors affaire à des loups qui jouent avec eux, les provoquent les attirent ailleurs, les contournent, s’amusent à se faire courser, devenant, comme JM Landry le montre, des partenaires de jeux pour le loup. On n’a en effet jamais à l’esprit que le patou a vocation à tuer le prédateur et que ce n’est que dans cette mesure qu’il sera craint. Le troupeau est tout particulièrement stressé par ces jeux ou le loup gagne quand même de temps en temps, c’est à dire souvent dans un contexte ou chien et loup se cherchent régulièrement. Rappelons par ailleurs, que des patous sont tués par le loup, alors que l’on n’a encore trouvé aucune preuve du contraire.

En France, le loup n’a jamais été mis qu’en face d’obstacles modérés, qui l’incitaient à passer outre. Il a donc été éduqué progressivement à dépasser tout les moyens de protection d’une façon si bien calculée dans la progression des obstacles que l’on peut parler d’un projet planifié d’apprivoisement du loup au détriment des troupeaux. Il n’est pas moral de mettre aussi sciemment les bergers et les patous en état d’échec.

Il est bon que dans les régions nouvellement colonisées par le loup, on parte sur des principes plus pragmatiques, mais comment récupérer la situation dans les Alpes Maritimes. Ne vaudrait-il pas mieux dans ce département tout reprendre à zéro ?

Pour moi, il est important de ce rendre rapidement compte que la bonne réponse de la part des pouvoirs publiques n’est pas de faire la moyenne entre les revendications des écologistes et celles des paysans. Ceci est un jugement de Salomon et cela donne une prime à celui qui gueule le plus fort. La réponse de l’état doit être technique et basée sur une réactivité forte, rapide et appropriée. Le loup n’est pas une affaire de diplomates.

Publié dans : Non classé | le 21 avril, 2014 |2 Commentaires »

L’espace des bergers

 

Voici le texte de mon intervention au symposium de St Martin Vésubie, dans les Alpes Maritimes, en octobre 2013

On dit que les bergers sont des marginaux. C’est vrai, il travaillent et souvent vivent dans des espaces de marge entre la nature « sauvage » (plus ou moins) et la campagne agricole. Ecologiquement, se sont des endroits très important à cause d’une grande diversité de milieux. Le jargon des gestionnaires d’espaces naturels fait qu’on les appelle « espaces ouverts » mais c’est un milieu bien plus riche pour être résumé à ce clivage de milieux ouverts ou fermés. Dans ces milieux, par exemple, la broussaille a sa place. Comme elle est très évolutive, elle ne peut pas se maintenir dans un endroit strictement protégé. Elle est préservée par le pastoralisme extensif pour qui cela représente une nourriture.

Les berger travaillent donc toujours dans des endroits difficiles. (Dans un pré on clôture le troupeau qui y passe les périodes délicates comme l’agnelage). C’est pourquoi, il ne leur est pas possible d’admettre les propos tenus cet été par plusieurs grandes associations pro loup disant au sujet de ce département : je cite, « Dans les Alpes-Maritimes, beaucoup de troupeaux sortent toute l’année dans des terrains escarpés et broussailleux. Ce mode de pastoralisme est-il vraiment adapté ? » Eh bien oui ! Bien sûr.

Les bergers sont bien loin de cette forme d’écologie liée à la culpabilité de notre société industrielle .

Dans les espaces de « marge » on continue à trouver une agriculture traditionnelle « paysanne » renforcée aujourd’hui par l’agriculture biologique. Quel avenir leur réserve les décideurs européens, qui par ailleurs ont fait le choix du loup? Pour exploiter ces espaces il faut une certaine tolérance pour les manifestations de la nature spontanée car on ne peut rompre sans conséquences tout les équilibres naturels. C’est bien sûr une tolérance maîtrisée faisant partie d’un savoir faire. C’est ainsi, que l’on savait déjà qu’exterminer systématiquement les petits prédateurs serait dangereux puisque leurs proies naturelles proliféreraient. Dans bien des cas il vaut mieux utiliser « le mal contre le mal ».

C’est évidemment sur cette tolérance que comptaient les promoteurs du loup dans la possibilité de son acceptation par les bergers.

Mais qu’a fait l’administration européenne ou Française de cette culture de tolérance ? Faut il le rappeler ?

Elle fait une guerre aux bactéries même celles qui donnent leur goût aux fromages.

Nous avons pourtant besoin de bactéries, bien sûr de façon maîtrisée. C’est un savoir aussi et on cherche à le supprimer.

Elle encourage le gaspillage en interdisant a un restaurateur de donner aux cochons les reste des repas qu’il a servi le jour même à sa table.

Elle robotise le vivant en obligeant les éleveurs à marquer leurs troupeaux d’une puce électronique.

Elle oblige à concentrer les animaux dans des abattoirs centralisés ou ils connaissent un très fort taux de stress.

Elle interdit aux agriculteurs de semer des graines issus de leur propre production, c’est à dire qu’elle les contraint délibément à la dépendance face aux semenciers industriels.

Aujourd’hui, le résultat le plus achevé de ce programme est le projet d’une obligation de génotypage des reproducteurs mâles. Pour lutter contre la tremblante du mouton, on a identifié un gène résistant à cette maladie et donc mis en place un programme de sélection des reproducteurs par génotypage. Ce critère prévaudra en 2015 sur ceux que se donnent les paysans par leur savoir faire. Avec cette obligation de génotypage, il est clair que de nombreux autres cas vont se superposer à celui de la tremblante et ce ne seront plus que les analyses ADN qui détermineront les reproducteurs. Fini les échanges de béliers entre éleveurs, ce sera hors la loi ! Or c’est dans la liberté de conduire génétiquement les troupeaux que repose la richesse du patrimoine des race rustiques locales.

Ce genre de règlements est insidieux, car ils progressent chaque année, petit à petit, pour être moins choquant. Mais c’est bien un avenir fait d’OGM qu’on nous prépare. Il sera fait pour et par les marchands de stérilisants ou de vaccins. Ce qui est drôle d’ailleurs c’est qu’avec la manie de la stérilisation, on n’aurait pas découvert les vaccins, car cela part du principe qu’un corps qui a été en contact avec la maladie saura se défendre plus tard et ne tombera plus malade. On inocule donc un microbe inactif. Le premier vaccin a été mis au point par Edward Jenner simplement en vérifiant un savoir traditionnel paysan qui disait qu’un humain qui attrape la variole bovine (qui lui est inoffensive) n’attrapera plus la variole humaine qui est mortelle.

C’est bien pour cette raison qu’un élevage rustique avec le minimum d’interventions sanitaires est plus résistant qu’un élevage intensif.

Quand j’ entend toute sorte de scientifiques étudiant la peur de la nature, la peur de la foret, la peur du loup qui traînerait dans notre inconscient collectif, je trouve évidemment important qu’elle soit analysée pour de vrai tant ces sujets sont utilisés à tort et à travers. (Nous sommes dans une société qui voudrait apprendre aux enfants la psychanalyse des contes de fées avant de leurs raconter les histoires en question le vaccin contre la peur n’opérera plus). Mais je ne peux m’empêcher de me dire que cet acharnement à vouloir analyser notre peur ancestrale de la foret ou du loup est bien un petit vélo de scientifique. Car nous sommes bien plus directement confrontés à une psychose massivement entretenue à des fins mercantiles avec l’accord de nos gouvernants, qui tend à confisquer des savoirs faire paysans et dont le résultat est la stérilisation de la vie.

Si l’on sape ainsi cette idée de tolérance pour la nature spontanée, ou pourra t-on trouver les qualités nécessaires pour accepter les grands prédateurs ?….

C’est ici qu’on est tombé dans l’artificiel en croyant défendre la nature.

Le loup a été sacralisé et on a interdit toute forme de réaction active par rapport a sa prédation. Toutes les réponses officielles ont été apportées après des mois de palabre et toujours avec un décalage flagrant avec la réalité. Or la nature est très réactive, elle. Ceci a eu pour seul résultat d’accoutumer le loup à l’homme et à ses activités, le contraire de l’effet recherché.

A l’époque ou des bergers se déclaraient favorables à la cohabitation avec le loup, ils entendaient généralement par là qu’ils pouvaient tirer sur le prédateur qui attaque son troupeau et la plupart avaient un fusil pour cela. Souvent, ceux qui ne partageaient pas leur avis craignaient d’avoir à intégrer un savoir faire lié aux armes à feux.

L’idée « d’éducation du loup » comme l’appelait Michel Meuret et ses collaborateurs de l’INRA qui n’est donc pas forcément létal aurait non seulement eu un effet essentiel sur le comportement du loup, mais aurait été quelque chose de compréhensible dans le milieu pastoral ou l’on a l’habitude d’éduquer les animaux. (Il ne s’agit bien sûr pas là de domestiquer les loups mais du contraire, les garder sauvages).

Quand aux techniques de défense passive, elles ont souvent étés imposées sur tout les troupeaux de France voir d’Europe sans tenir compte des situations spécifiques à chaque région.

D’expérience, je considère par exemple l’obligation du parcage nocturne du troupeau comme une contrainte arbitraire qui peut avoir des conséquences néfastes sur l’environnement. Pour le patou, si on est loin de se rendre compte de tout les désagréments qu’il occasionne et du travail supplémentaire qu’il représente, il génère, par contre, des savoirs faire qui pourraient enrichir le métier et de ce fait il est généralement bien accepté. Le patou est dans cette logique de « soigner le mal par le mal », un canidé contre un autre. La plus part de ses désagréments sont dus à une mauvaise connaissance de ces chiens par le public, il n’ empêche que cela reste l’éleveur qui en est responsable. De plus, la demande ayant explosé, il n’y a pas eu suffisamment de patous sélectionnés éduqués et surtout suivis. Il y a encore bien des carences dans ce sens.

C’est ici que tout les petits calculs que l’on fait sur le loup afin de présenter celui ci comme une sorte de percepteur passant dans tout les élevages ovins de France pour encaisser une « taxe biodiversité » d’ a peine 0,1 pour cent est prise en défaut. Car en restant dans cette logique, on constaterait d’évidence que le patou coûte aussi cher et est aussi contraignant, actuellement, que le loup. Il vaudrait mieux ne pas faire d’angélisme, le patou est efficace à la façon d’une assurance qui coûte évidemment plus cher que la moyenne des dégâts. Pour le troupeau c’est même une « rassurance »

et ceci est important car un accident comme une attaque de loups a des séquelles graves.

En France il n’y a pas comme aux Etats Unis ou en Europe de l’est des espaces naturels suffisamment grands pour que la nature puisse s’y exprimer totalement sans interventions humaines.

On parle de l’écosystème dont les grands prédateurs seraient la clef de voûte, mais le pastoralisme aussi est un système et il faudrait lui laisser vivre sa vie.

Un berger est forcément toujours sur un espace A protéger et il le sait.

Il faut considérer l’importance de ces espaces semi-naturels et les prendre comme référence dans la gestion écologique ; Sinon ce camaïeu de milieux allant des anciens prés de fauche jusqu’au début de la foret disparaîtra. Il y aura une grosse frontière, un mur peut-être (ce sont des choses que l’on imagine facilement aujourd’hui) séparant le maïs transgénique et la nature sois disant « sauvage ». Je ne plaisante pas, vouloir délimiter des espaces ou des espèces sûr protégés, c’est semer l’idée que le loup devrait être cantonné dans de grands espaces clôturés. Vous savez bien que cette tentation existe.

Puisque les espaces de marge ont un statut trop précaire, je propose de leur accorder un mode de protection particulier et pérenne.

Ce « plan de protection du pastoralisme » reposerait sur l’engagement par l’état que le nombre de bêtes pâturant les prairies naturelles, les alpages mais aussi les friches voire les no-man lands. Serait maintenu. On s’engagerait aussi à maintenir la surface de ces pâturages, avec la possibilité de mesures compensatoires pour échanger un lieux contre un autre, mais de façon limitée car la marge ne supporte guère l’ excès de rationnalisme. Ainsi toutes les incitations aux divers changements se feraient avec les moyens nécessaires et, en quelque sorte, par la loi de l’offre et de la demande. Ce système aura l’avantage d’obliger à tenir compte d’autres facteurs que seulement le côté financier par lequel on résume beaucoup trop rapidement le problème des éleveurs.

Lorsque l’homme ne craint pas d’assumer son rôle de gestionnaire d’ espaces naturels, il parvient sur de petits espaces parfois fractionnés, à rétablir un équilibre naturel sans doute moins riche qu’a la préhistoire, mais c’est du beau boulot.

Si on cherche pour les grands prédateurs une place, il faut la leur faire tenir, sans quoi c’est celle des bergers que l’on nie. Ainsi, j’aurais préféré que le loup soit réellement réintroduit pour que sa place soit étudiée préalablement.

La encore je me pose des questions sur les scientifiques. Ils étudient très abondamment le loup, l’état de la population son évolution etc… mais ont très rarement fait ou divulgué de recherches permettant aux éleveurs et bergers d’anticiper la présence du loup ou autres informations facilitant ce qu’il est convenu d’appeler la « cohabitation » . Pourquoi alors autant de travail scientifique sur une espèce qui se débrouille très bien toute seule.

Pour finir, je voudrais me risquer à vous présenter une idée que vous jugerez sans doute un peu iconoclaste :

Puisque la naturalité du retour du loup est largement à relativiser, pourquoi ne pas amorcer un chantier plus complet et diversifier les prédateurs ?

En effet, le loup n’est pas une de ces espèces « parapluie », emblématique mais fragile, dont la protection serait bénéfique à toute une série d’autres animaux ou même végétaux. Le loup serait plutôt, parmi les grands prédateurs, l’espèce envahissante. Pourquoi ne pas d’avantage se préoccuper d’espèces plus fragiles ? Faut-il croire qu’il est sur-protégé parce que c’est le prédateur le plus dommageable pour les bergers et qu’il faut soumettre ceux ci ? Se serait une très mauvaise tactique, croyez moi !

D’après mes estimations, un ours tue 5 fois moins de brebis qu’un seul loup. Or il va quand même occuper un certain espace, même s’il n’a pas de territoire comme une meute de loups. Pour le lynx, il semblerait qu’il disparaisse là ou le loup s’installe. Pourquoi ne défendrait-on pas sa place ? En appliquant une idée comme celle là, on pourrait encore une fois combattre avantageusement un mal par un autre.

Cela demande évidemment d’être plus interventionniste.

Sur le loup, il faut de toute façon changer radicalement de point de vue car la situation (en tout cas dans ce département ci) va très très mal. Pour reprendre mes métaphores médicales, on ne peut malheureusement plus se contenter de médecine douces, il faut de l’antibiotique. Et un antibiotique il ne faut surtout pas en administrer moins que la dose prescrite.

Aujourd’hui, l’acceptation du loup par les bergers n’existe plus du tout. Mais ceux d’entre eux qui ont crus que l’élevage extensif pourrait s’accommoder de la présence du loup seraient heureux de pouvoir retrouver une situation ou cela vaudrait la peine de se réinvestir. C’est ce qui est le plus important aujourd’hui, même dans un projet au départ plus modeste, parce que cela permettra réellement de le développer. La contrainte seule n’y arrivera jamais.

J’ai retenu une phrase très sensée de l’artiste naturaliste Robert Hainard :  « Il faut sauver les espèces animales en danger non pas parce que nous en avons besoin, mais parce que nous avons besoin de développer les qualités humaines nécessaires pour les sauver, et ce seront celles là dont nous aurons besoin pour nous sauver nous mêmes ».

C’est bien vrai ! mais cela demande beaucoup d’authenticité.

Or la promiscuité flagrante entre le combat pour la nature sauvage et l’activité humaine intensiveou les prédateurs n’ont de toute façon aucune place, prouve que notre société en général n’est pas prête aux changements de fond que requiert la présence à sa marge de grands prédateurs, et qu’actuellement, elle ne mérite toujours pas son loup.

Publié dans : Non classé | le 12 octobre, 2013 |3 Commentaires »

Qui croit aux sondages ?

 

Eh bien moi ! Je ne crois pas que les sondeurs manquent de professionnalisme ou que les sondés s’amusent à mentir. Mais les commanditaires qui formulent les questions, ça c’est autre chose.

Le sondage commandité par l’ ASPPAP et One Voice sur l’acceptation du loup est totalement ridicule et n’a d’autre but que de réactiver l’opposition entre ruraux et urbains a un moment ou cela peut être exploitable. Le webmaster du site « le loup dans le haut Diois » dit très justement :

« A la question   « Vous  personnellement, êtes-vous tout à fait, plutôt, plutôt pas ou pas du tout favorable à l’éradication totale du loup en France ? »Ma réponse personnelle et celle de je pense 80 % des éleveurs est NON a l’éradication du loup! »

Quand à mélanger dans la même question bouquetins, loups et vautours c’est tout a fait grotesque. Cette question a été soigneusement étudiée pour la manipulation.

La question qui pourrait donner des renseignements utiles sur la façon dont les Français conçoivent la « cohabitation » concernerait

Les patous.

Sans pour autant que cela aie la valeur d’un référendum puisque ce n’est pas la masse des Français qui ont la responsabilité de ces chiens. Mais ça les concerne déjà plus et faire la différence entre les deux sondages permettrait en extrapolant de connaître le véritable niveau d’  efforts que sont prèts à concentireles Français concernant  l’acceptation de la nature sauvage .

Le sondage commencerait par la question:  « Avez vous déjà randonné sur des alpages pâturés par des troupeaux de moutons »

Puis,

« Avez vous déjà croisé des chiens de protection des troupeaux (grands chiens blancs appelés patou) »

Ses deux questions servant à faire les catégories. Ensuite :

Etes vous pour la généralisation de ces chiens sur les alpages (totalement pour, plutôt pour, plutôt contre, radicalement contre.

Enfin, comme l’ASPAS pose une question sur les troupeaux correctement gardés , la question suivante sera :

Pour un troupeau de taille moyenne dans les Alpes (1300 bêtes), le nombre de patou nécessaire pour une protection réelle contre le loup est estimé à huit là ou il n’y en a en moyenne que deux actuellement. Seriez vous favorable à

                                               1) une augmentation du nombre de chiens pour arriver à ce résultat.

        1. une augmentation progressive du nombre de chiens sans viser à ce résultat.

        2. Défavorable à une augmentation du nombre de ces chiens.

Comparer les résultats de cette question à celle de l’ASPAS sera particulièrement instructif.

Il ne faudrait pas oublier cette question :

Pour vous un bon patou c’est avant tout:

Un chien qui n’effraie pas les randonneurs ?

Un chien qui reste avec son maître ?

Un chien qui reste avec le troupeau même en l’absence du berger ?

Pour finir le questionnaire, ces deux questions :

Pensez vous qu’il serait opportun de réduire le nombre de moutons transhumants ?

Oui

Non

Pensez vous qu’il serait opportun de gérer la population de loups (par effarouchements, tir de défense et /ou régulation)

Oui

Non

L’ASPAS FERUS FNE etc évoquent très rarement leur désir de réduire le nombre d’ovins transhumants en public alors qu’ils en parlent pourtant abondamment entre eux. Donc faisons le clairement.

Enfin, L’ASPAS avait très grossièrement parlé d’éradication pour obtenir le chiffre de 80 pour cent d’opinions défavorables. Voyons si ce sera la même chose avec l’idée de gestion qui est celle demandée par les éleveurs.

Je pense que ces questions sont particulièrement honnêtes et la comparaison des deux sondages instructives.

Qui à présent pourrait le faire, les journaux Libération , Marianne, L’Humanité, les chambres d’agricultures, le Cerpam, l’ONCFS, les syndicats ?

Il faudra bien un jour mettre en lumière les contradictions sur le sujet. J’en ai marre de savoir les gens si favorables au loup et d’être en même temps pris régulièrement à parti à cause de mes patous alors qu’ils restent dans l’exercice de leurs fonctions. Et alors que ceux qui font les sondages de promotion du loup n’ont comme solution que la critique des bergers disant qu’ils ne se protègent pas assez et n’ont pas suffisamment de chiens.

Allez vivre au milieu d’une grande meute de grands chiens qui ne vous appartiennent pas !

Publié dans : Non classé | le 5 octobre, 2013 |Pas de Commentaires »

Sacrifice

 

A la mi octobre, ce sera l’Aïd el Kébir pour les musulmans avec le sacrifice rituel d’un jeune bélier. Ca va donc bientôt être la saison, sur internet, des commentaires racistes déguisés (ou pas). Brigitte Bardot a déjà ouvert le bal, d’autres suivront . Donc moi aussi je vais y aller de mon commentaire comme chaque année …… afin de devancer les provocations. L’an dernier nous avions eu droit aux propos orduriers de Gérard Charollois aux quels je ne tiens plus dorénavant à répondre.

Pour moi, l’abattage d’un mouton devrait toujours être fait comme un sacrifice. C’est toujours le cas dans les sociétés ou il n’y a ni frigo ni bouchers, on tue un agneau pour une grande occasion et pour tout le monde.

Je n’ignore pas que les agneaux dont j’ai la responsabilité seront mangés. Pour s’en scandaliser en étant cohérent, il ne suffit pas d’être végétarien, il faut être végétalien et se passer aussi de produits laitiers. Car une vache une chèvre ou une brebis ne donne pas de lait qui n’ait été prévu pour un petit. Que devient-il à votre avis ? Il est tué le plus tôt possible.

Toutes sortes de choses sur lesquelles il est tout à fait possible de fermer les yeux, il suffit d’acheter des lasagnes surgelées. Ca ne ressemble guère à un être sensible évidemment.

Dans les sociétés qui pratiquent le sacrifice, on est bien obligé de regarder en face ses responsabilités. Ce n’est pas anodin et c’est pour cela que c’est un sacrifice. (plus encore si on a élevé l’animal).

C’est bien ce regard là que l’on devrait avoir sur la viande que l’on consomme. Or il y a un gros problème en France du fait de l’obligation de l’abattage dans des abattoirs centralisés. Ce n’est pas une fatalité, c’est un choix politique car en Allemagne, il y a près de 10 000 abattoirs contre quelques centaines seulement en France. Un éleveur peut y abattre chez lui pour peu qu’il ait un local agréé pour cela (ce qui est certainement plus simple qu’une fromagerie) et la présence d’un vétérinaire. Ce genre de solution permettrait donc de cesser la clandestinité néfaste aux bonnes conditions du sacrifice de l’Aïd qui, effectivement, stresse alors l’animal au moins autant que dans un abattoir.

L’abattage centralisé, et donc industriel, handicape le circuit court, la vente directe qui permettent de se démarquer des importation. Assouplir cette législation et investir dans ce changement serait même la moindre des choses de la part de l’état par rapport à l’élevage ovin. Car si la France avait bel et bien besoin de dédommager la Nouvelle Zélande par rapport au Rainbow warrior, il n’est pas juste que cela se soit fait sur le dos des éleveurs ovins et demanderait une compensation digne, c’est à dire pas sous forme de subventions mais en laissant les moyens aux éleveurs de travailler.

Si l’on n’est pas tenu d’accepter toutes les traditions qui pourraient être contraire à l’esprit de la république laïque, la Fête de l’Aïd mérite par contre tout à fait d’être défendue. Cette tradition n’est pas contraire à l’esprit de la république mais ne s’accommode guère de l’abattage industriel, comme d’ailleurs l’ensemble de l’abattage hallal en général. Car si l’abattage d’animaux conscients n’est certainement pas une grande souffrance (lorsqu’on sait faire), c’est le stress qui est à éviter.

Publié dans : Non classé | le 24 septembre, 2013 |1 Commentaire »

Lettre à José Bové

 

Monsieur Bové.

Je ne connais pas le détail des débats que vous avez eu récemment avec vos anciens compagnons de la confédération paysanne, mais ce qui ressort de vos différente prises de position (du moins, ce qu’en diffuse la presse) c’est que vous aussi vous vous émouvez du retour du loup dans la mesure ou il s’approche de la zone de production laitière intensive du Roquefort. Certes, les Cévennes seront parmi les zones difficiles à protéger du loup, mais pas votre Causse. Je suis étonné que vous puissiez vous aussi partir du principe que ce serait le chiffre d’affaire des exploitations qui déterminerait des zones à préserver du loup en priorité.

Les dégâts du loup seront certainement comparables dans leur répartition sur le territoire, à ceux des chiens errants qui, d’après l’étude nationale menée selon le protocole de Laurent Garde montre que dans les zones ou l’élevage ovin est très présent, la proportion de dégâts est moindre. Le Larzac étant, parmi les territoires de cet étude, celui ou la proportion est la plus faible (1,7 pour mille je crois).

Cette idée comme quoi la zone de production laitière du massif central serait à protéger en particulier (éventuellement en empêchant l’installation du loup) est ancienne, j’en ai entendu parler depuis plusieurs années et elle était évoquée par des représentants de l’état . Je la trouvais déjà injuste alors mais bien d’avantage venant de vous.

Cette idée rejoint celle, inacceptable, formulée cet été par les associations pro-prédateurs les plus extrêmes disant au sujet des Alpes Maritimes : « Dans les Alpes-Maritimes, beaucoup de troupeaux sortent toute l’année dans des terrains escarpés et broussailleux. Ce département concentre près de la moitié des prédations sur le bétail alors qu’il ne compte qu’une toute petite minorité des ovins présents dans l’aire de répartition du loup en France. Ce mode de pastoralisme avec des très grands troupeaux souvent mal gardés est-il vraiment adapté ? » (rappelons que s’il y a de grands troupeaux c’est pour pouvoir employer un berger, voire un aide berger contre le loup. Quand à la remarque que les troupeaux sont mal gardés, c’est de la provocation gratuite).

Ceci ne ressemble pas à l’idée que je me faisais de la solidarité pastorale.

Par ailleurs, la « solution » que vous évoquez de tirer sur le loup qui attaque son troupeau s’appelle en langage officiel « tir de défense ». Son autorisation est largement généralisée aujourd’hui…mais trop tard pour avoir un effet sur le comportement du loup. Il ne fallait pas attendre que le loup se rapproche de votre Causse pour en parler. De plus il devrait être prévu que ce travail puisse être effectué par d’autres, pas forcément des bénévoles, car je suis de ces bergers qui n’ont pas envie de garder avec un flingue.

En espérant que le député européen que vous êtes saura se préoccuper d’autres territoires que celui ou il vit, recevez mes meilleures salutations.

Mathieu Erny

Publié dans : Non classé | le 22 septembre, 2013 |1 Commentaire »

Un courriel sur le symposium sur le loup

Sur le symposium « Vivre ensemble avec le loup », j’ai pu suivre un échange de courriels »ouverts » et voici la réponse de Guillaume Lebaudy,  directeur de la Maison du Berger en réponse a un universitaire qui fait crédit au fait que « les troupeaux ne sont plus gardés ». Guillaume m’a autorisé à publier cette réponse.

Bonjour à tou-te-s,
Destinataire aussi des courriels issus de la liste de diffusion Symposium Loup 2013, je me permets une courte remarque partant simplement de l’idée reçue des « troupeaux qui restent seuls ».
En ces temps d’estive, je regarde autour de moi -ici dans les Alpes- et je vois des bergères et bergers salarié-e-s qui gardent les troupeaux d’éleveur-se-s employeurs ; seul-e-s ou
accompagné-e-s d’aide-bergers, et ponctuellement aidé-e-s par les éleveurs propriétaires des troupeaux et locataires des alpages.
Les « troupeaux qui restent seuls », lorsqu’il y en a, sont une minorité et se trouvent dans des alpages qui le permettent (escarpés, en cirque ; ils font très rarement l’objet d’actes de prédation).
Cette pratique circonscrite (nommée « à l’arrage », ou « à la bade ») a été étudiée l’an passé par une étudiante en agronomie de l’IRC SupAgro Montpellier, en stage à la Maison du berger (où son mémoire est
consultable).
Preuve de la présence nombreuses de berger-e-s salarié-e-s, le blog emploi berger http://emploiberger.blogspot.fr/, que nous -Maison du Berger- animons (en partenariat avec le CERPAM et
la Chambre d’agriculture des Hautes-Alpes) où 355 annonces d’emploi ont été publiées en 2013.
Autre preuve, la Bourse d’emploi en alpage en ligne générée et co-gérée par les services pastoraux des Alpes du nord (avec la participation de la Maison du berger) : http://www.alpages38.org/-Emploi-.html
Le salariat en alpage est dynamique et en mutation ; je vous renvoie notamment à une étude menée par la Fédération des Alpages de l’Isère, la Mutualité sociale agricole Alpes Nord (avec l’appui scientifique de la Maison du berger) disponible en ligne :
Des bergères et des bergers gardent des troupeaux sur la plupart des alpages. Nombre d’entre eux sont jeunes et formés à ce métier (voir info sur les Centres de formation :http://maisonduberger.fr/emploi-metier.html).
Ils sont, pour certain-e-s, regroupés dans des associations de loi 1901 : Association des bergères et bergers Provence-Alpes du Sud, Association des bergers de l’Isère, etc.
Ils sont salariés par des employeurs dans le cadre d’organisation de gestion collective des alpages par des éleveurs nommés « Groupements pastoraux » (encadrés par la Loi pastorale de 1972, cf.http://www.cardere.fr/collection.php?name=29&PHPSESSID=7618b809cab160083a1d77bf997b45e9.)
Je vous enjoins à sortir d’une vision archaïque et misérabiliste du monde de l’élevage alpin, à réfuter les nombreuses idées reçues qui lui restent attachées et à considérer les acteurs professionnels de terrain (bergères, bergers,
éleveuses, éleveurs) comme des interlocuteurs à part entière dont il faut écouter les paroles et accueillir dans les aréopages des séminaires, rencontres, comités et autres symposiums trop souvent réservés à la parole des spécialistes de la question maîtrisant l’ »art
de bien parler ».
A ce propos, la Maison du berger vous invite à une rencontre le jeudi 3 octobre (15h), jour de la Foire ovine de Champoléon (05), avec L. Garde (auteur de l’ouvrage « Protection des troupeaux contre la prédation ») et S. Dalla Bernardina, auteur du livre « Le retour du prédateur. Mise en scène du sauvage dans la société post-rurale »). Cette rencontre, intitulée « Protéger l’agneau sans perdre le loup ? », sera aussi un lieu de réflexion et d’expression communes et directes.
Cordialement,
Guillaume Lebaudy
Publié dans : Non classé | le 29 août, 2013 |Pas de Commentaires »

le loup est un loup pour le loup

 

Je suis sidéré et ne fini pas d’en apprendre sur les journalistes. Après les arguments très approximatifs donnés par une journaliste du « Monde »……….. Voici ce que France inter que l’on prend d’habitude également pour une référence du journalisme donne comme introduction à une émission…………. GC ce texte.

« L’homme est un loup pour l’homme. L’expression qui a traversé les siècles et les leçons de philosophie, au point d’accorder cette formule au seul Thomas Hobbes (il n’est pas le seul) et à son Léviathan (ce qui est faux), permet de dire que le premier ennemi de l’homme, c’est l’homme lui-même (ce qui semble incontestable).

La grossière erreur de la formule est de mettre le loup en exemple de la menace qui pèse sur une même espèce. Le loup n’a jamais été une menace pour la survie de ses congénères et seuls, effectivement, les hommes peuvent s’entretuer. Pas de doute, le loup est un coupable parfait, le bouc-émissaire idéal ou l’ennemi à exclure. L’animal, diabolisé, chassé ou détruit est pourtant omniprésent dans nos mémoires depuis les mythologies antiques, en passant par les contes, les expressions proverbiales et les phobies de l’ogre sauvage, Bête du Gévaudan, ou Loup-Garou, prédateur de science fiction. »

Encore une tartine angélique comme on pensait que la mode s’estompait. Comment ignorer à ce point l’éthologie des loups alors qu’on nous décrit depuis des années, souvent avec une vive admiration, la hiérarchie d’une meute (la loi du plus fort quoi) et que le souffre douleur peut bel et bien mourir des mauvais traitements que lui infligent les autres, à moins de s’exclure et mourir seul ? C’est assez drôle de voire comment depuis des années on présente le loup comme un symbole de liberté tout en nous faisant savoir qu’il n’y a pas plus tyrannique et castrateur qu’une meute de loup.

Je n’ai pas pu écouté l’émission et ne sais pas si cette introduction naïve reflète bien le discours de Geneviève Carbonne, mais Qu’une radio comme celle ci en soit encore à ressortir des vieux poncifs éculés est assez agaçant.

Publié dans : Non classé | le 24 août, 2013 |Pas de Commentaires »

Science sans conscience

 

 

La Buvette des Alpages fait passer un extrait du futur livre de JP Génot d’après les textes de François Terrasson qui critique l’affirmation comme quoi les milieux ouverts seraient suppérieurs en biodiversité aux forets. Cette formule lapidaire est évidemment fausse puisque dans le vivant ces raisonnements figés ne tiennent jamais la route. Mais dans ce sens, il est évident que JC G et F T ont loupés le coche puisqu’ils se sont lancés dans une défense partisane de la foret tout aussi fausse. D’abord ce qu’ils classent en milieux ouverts est également faux puisqu’il part non pas de considérations biologiques mais du préjugé de psychologue à la petite semaine comme quoi l’homme aurait peur des « milieux fermés ». Ainsi, dans les « milieux » ouverts sont inclus les cultures. Mais si ces auteurs prennent un champs de patates pour un « milieu » ouvert, alors il faut prendre un champ de maïs pour un « milieu » fermé. Il faudrait comparer ce qui est comparable, on ne compare pas un espace de cultures intensive à la foret primaire. Il faut le comparer à une foret de (mono) culture sous laquelle il ne pousse rigoureusement rien. Cela a échappé à JC Génot parcequ’il est forestier et défend sa chapelle. Et si comme le suggèrent les auteurs on doit classer une autoroute en « miieu » ouvert, (c’est un fait qu’elle traverse la campagne en plein milieu), alors il faut considérer la ville comme un « milieu fermé » comparable à la foret. Bon ! On arrète les conneries ?

Ce qui se passe et qui justifie largement de défendre l’élevage extensif et ses milieux ouverts c’est que le point de vue des auteurs, qui reflète la tendance des ultra-écolos, est la façon désastreuse qu’a pris notre société actuelle de considérer le compromis entre la nature et l’activité humaine. Les champs de maïs transgéniques devraient s’ arretter là ou commence la nature sauvage. Qu’en est-il alors des « zones de combat » aux broussailles plus ou moins clair-semés dont le texte rappelle pourtant l’importance ? Elles n’auront plus leur place, pas plus que les haies qu ’évoquent également ce texte, les écotones comme ils les appellent et tout ces espaces agricoles faits de murets, terrasses etc… et dont le patrimoine qu’ils représentent est autant paysager qu’écologique. Les affirmations de ces ultra-écolos visent la petite paysannerie et l’élevage extensif et sont aussi dévastateurs que les bulldozers des sacageurs des campagnes. Car leurs deux visions du monde cohabitent à merveille. Cela représente donc une très grosse puissance qu’il est urgent de combatre. L’autorité que représentent en matière d’écologie ces naturalistes de haut vol me laisse de glace car, le nez dans le guidon du militantisme, ils ont totalement oublié de prendre du recul sur la situation.

Science sans conscience.

Les affirmations des bergers, la somme d’observation empirique que l’on camoufle souvent sous le mot de « tradition » pour laisser entendre que ce sont des superstitions et le simple bon sens sont opposés par les militants écologistes à « la Science » souvent d’une façon si caricaturale que l’on peut parler de superstition scientiste. C’est qu’on en viendrait à oublier que la science est basée sur l’observation ! Comme cas révélateur, il y a eu la polémique sur les vautours. En 2007 ? on a commencé à parler dans le monde rural des Pyrénées de comportements anormaux des vautours en en donnant la raison, il s’agissait d’un changement de législation sur l’ équarissage en Espagne qui avait affamé une population importante. Cette observation après avoir été niée par les naturalistes militants c’est finalement imposée, mais comme ce cas concerne des nécrophages pas bien attrayants qui normalement rendent service à l’élevage, les militants écologistes ont d’ amblé sorti l’ artillerie lourde (très lourde) sur la superstition et le fantasme d’extermination des paysans …alors qu’ il s’agissait d’un changement de législation sur l’ équarissage en Espagne qui avait affamé une population importante. On peut aller loin comme cela et ce fut le cas, la bêtise n’a pas de limite. Les militants écologistes on donc relativisé leurs point de vue pour en arriver objectivement à dire la même chose que leurs « contradicteurs » mais en échange de cette difficile concession à leurs positions, ils insistaient bien sur le fait que les animaux tués avaient de sérieux problèmes comme le cas de mises bas difficiles. Le vautour restant un croque mort de la plus haute utilité.

Soit ! Pourtant si les militantes écologistes avaient du accoucher dans une salle pleine de croques-morts pressants, elles leurs auraient quand même demandé ce qu’ils foutaient là.

Secret environnement

De la même façon, tout les faits concernant le loup sont centralisés par l’ONCFS qui les gère comme un secret d’état. Aucune de ces données ne sont accessibles et cela donne l’envie à de nombreuses personnes, toutes tendances confondues de doubler cet organisme. A quand un Edward Snowden à l’ONCFS ? Cet organisme ne donne de renseignement que lorsqu’elle a des preuves « scientifiques » (ADN par exemple) c’est à dire lorsque tout le monde sait déjà ces informations depuis longtemps, particulièrement les braconniers. On peut se poser des question sur le bien fondé de sa mission concernant le loup puisqu’elle ne permet aucune anticipation. C’est bien la Science avec un grand S, mais si elle doit toujours être décalée elle est alors systématiquement fausse, pas besoin d’avoir fait l’ENA pour le comprendre. De même, il n’y a pas besoin d’avoir fait de hautes études pour savoir que la protection de grands prédateurs tels que le loup n’est une chose envisageable que par les humains. Dans la nature cela n’est pas possible. A partir de là, donner au loup une protection aussi stricte que celle dont il jouit en France est tout à fait artificiel et je m’étonne que l’on n’aie pas anticipé les dérives de ce système ou que l’on n’ai pas appliqué le principe de précaution si cher aux écologistes. Le comportement du loup change en France comme dans tout les états ou il est présent grâce à des mesures de protection. Cela était facile à prévoir mais il n’y a que les gestionnaires officiels du loup qui ne l’aie pas fait. Cette sur-protection artificielle gène les autres espèces d’un écosystème fragile qui n’a rien de comparable avec celui du Canada. On a vu que les mesures contraignantes de protection des troupeaux ne sont pas souvent favorables à la biodiversité végétales des alpages, mais cela ne s’ arrète pas là. A t’on évalué l’insidence qu’une population aussi dynamique que le loup qui en plus jouit d’une protection stricte peut avoir sur la faune sauvage et notamment les autres grands prédateurs si difficiles à préserver, eux ? Il semblerait, par exemple que l’installation d’une meute de loup fasse disparaître les groupes de lynx déjà présents.

C’est ce genre de questionnement, dû simplement au bon sens qui m’a donné l’idée de proposer un « chantier » écologique plus réaliste pour la diversité des prédateurs. Il n’aurait pas, lui, comme but premier de nuire à l’élevage extensif et serait bien moins artificiel. (voir le précédent article de ce blog).

Les militants pro-loup ne comprennent toujours pas ce fameux mot de « biodiversité ». Il est vrai, par exemple, que la diversité des herbivores domestiques est préférable à un pâturage monospécifique. Mais pour les ultra écolos cela signifie favoriser les bovins dans les endroits ou il n’y a que des brebis mais certainement pas l’inverse. Bref à terme il ne devrait y avoir que des bovins parce qu’ils craignent bien moins le loup. Est-ce cela que l’on appelle biodiversité ? Pareillement, le fait d’avoir des animaux rustiques et résistants en élevage permet de limiter les traitements chimiques, ce qui renforce l’immunité naturelle.mais que fait l’Europe qui par ailleurs a fait le choix du retour du loup de ce savoir faire paysan qui était basé sur la tolérance?

Elle fait une guerre aux bactéries même celles qui donnent leur goût aux fromages.

Nous avons pourtant besoin de bactéries, bien sûr de façon maîtrisée. C’est un savoir aussi et on cherche à le supprimer.

Elle encourage le gaspillage en interdisant a un restaurateur de donner les reste des repas qu’il a servi le jour même à sa table, aux cochons.

Elle robotise le vivant en obligeant les éleveurs à marquer leurs troupeaux d’une puce électronique.

Elle interdit aux agriculteurs de semer des graines issus de leur propre production, c’est à dire qu’elle les contraint à la dépendance face aux semenciers.

Aujourd’hui, le résultat le plus achevé de ce programme est l’obligation du génotypage des reproducteurs mâles. Pour lutter contre la tremblante du mouton, on a identifié un gène résistant à cette maladie et donc mis en place un programme de sélection des reproducteurs mâles par génotypage. Ce critère prévaudra en 2015 sur celui de sélection que se donnent les paysans par leur savoir faire. Avec cette obligation de génotypage, il est clair que de nombreux autres cas vont se superposer à celui de la tremblante et ce ne seront plus que les analyses ADN qui détermineront les reproducteurs. Fini les échanges de béliers entre éleveurs, ce sera hors la loi ! Ce genre de règlements est insidieux car ils progressent chaque année, petit à petit, pour être moins choquant. C’est bien un avenir fait d’OGM qu’on nous prépare. Il sera fait pour et par les marchands de stérilisants ou de vaccins. Ce qui est drôle d’ailleurs c’est qu’avec la manie de la stérilisation, on n’aurait pas découvert les vaccins, car cela part du principe qu’un corps qui a été en contact avec la maladie saura se défendre plus tard et ne tombera plus malade. On inocule donc un microbe inactif. Le premier vaccin a été mis au point par Edward Jenner en vérifiant un savoir traditionnel paysan qui disait qu’un humain qui attrape la variole bovine (qui lui est inoffensif) n’attrapera plus la variole humaine qui est mortelle.

et lorsque plusieurs bactéries sont présentes dans un troupeau, cela empêche une de ces espèces de se développer excéssivement et devenir une épidémie. La diversité des races aussi permet un équilibre bénéfique. Toutes sortes de choses dont les militants pro-prédateurs s’en foutent. On ne les a jamais vu dénoncer les grands règlements européens qui détruisent la diversité et la rusticité en élevage comme l’obligation du génotypage des reproducteurs. Alors qu’ici, on est en face d’une peur des bactéries, des troupeaux bien plus grosse et savament entretenue  que cette peur du loup ou de la foret qui traineraient dans notre « inconscient collectif » et qui sont si souvent étudiés et analysés.

Bien au contraire, on  entend ces écologistes militants dénoncer le fait que les éleveurs des Alpes Maritimes sortent leurs troupeaux toute l’année « sur des terrains escarpés et difficiles » et se moquer de ceux qui considèrent leur élevage d’une race rustique à petit effectifs comme un patrimoine génétique important. C’est toute une culture commune aux ultra-écolo et aux créateurs d’OGM qui voudrait éradiquer tout ce qui est marginal. Or les bergers sont toujours forcément dans la marge, même s’ils ne sont pas coiffés avec des dreadlocks, car ils travaillent sur les friches, les no-man-lands les terrains désaffectés ou en limite avec les sites sauvages. On ne se rend malheureusement pas compte de l’intéret de cette marge, dans la société européenne actuelle encore plus qu ’avant. C’est là la grande faute des écologistes intégristes.

 

Publié dans : Non classé | le 6 août, 2013 |Pas de Commentaires »

Et la diversité des prédateurs?

 

Le retour du loup à marche forcée dans les pays signataires de la convention de Berne compte un certain nombre d’éléments qui ne sont pas naturels, quoi qu’on en dise. On prétend que les animaux proies « bénéficient » de sa présence parce qu’ils retrouvent un comportement plus vigilant. Mais le niveau de protection dont bénéficie le loup ne le rend pas spécialement vigilant et change son caractère. Il est tout à fait artificiel. Dans la vraie nature, même un super-prédateur doit se méfier. Ce n’est pas le cas du loup tel qu’on le protège en France.

Les protecteurs du loup voudraient impliquer les bergers à leurs démarche. En général, ils ont encore l’illusion que cela va s’arranger dans le temps et que « les mentalités vont changer ». D’abord c’est un leurre de croire que l’on peut changer des mentalités sans être prêt à changer la sienne. Mais il se passe surtout, que c’est l’inverse qui est entrain de se produire. Je connais beaucoup de bergers qui étaient curieux des changements à venir voire intéressés et qui aujourd’hui sont dégoutés .

On n’envisage par ailleurs aucune fin au développement des population de loups ni même de répit permettant de s’adapter. Car l’élevage n’est pas le seul à être en décalage avec ce défit, la société qui devrait le porter n’est pas prête et ne fait aucun des efforts nécessaires pour s’en prétendre digne. Viens le moment ou même le milieu naturel ou le loup s’installe fini par en être perturbé. Les bergers n’ont donc pas confiance.

Pour ma part je pense qu’il faut agir de façon plus sensée. Tout les bergers que je connais, qui se sont affichés pour la « cohabitation » entendaient par là que l’on pouvait tirer sur le loup qui attaque son troupeau et généralement avaient un fusil pour cela (à la différence d’autres, plus hostiles parce que ne voulant pas avoir à tirer). Par ailleurs, j’ai eu une courte discussion avec un vacher Suisse qui s’est fait largement connaître pour sa prise de position en faveur du prédateur. Eh bien, dès les premiers mots, il a évoqué la régulation.

La population de loups se porte très bien et, si son état de grand prédateur (celui qui occasionne le plus de dégâts) justifie qu’elle soit encore protégée, il est absurde de la considérée comme « strictement protégée ».

Les tirs d’effarouchements et toute autre technique dolosives mais non létales devraient être généralisées partout, surtout dans les parcs nationaux ou les tirs létaux sont exclus, ainsi que dans les endroits nouvellement investis par le loup.

Les tirs de défense devraient aussi être généralisés. Là, il faut encore des moyens parce que la législation actuelle est à peu près suffisante (je crois, mais les procès qui seront intentés par les associations écologistes nous dirons ce qu’il en est réellement). Mais il faut aussi chercher et développer d’autres solutions car un berger n’est pas forcément chasseur, n’a pas envie d’être forcé de le devenir et ces tirs ne sont pas une panacée.

Enfin, pour les Alpes Maritimes et plus tard d’autres départements, il faut commencer les tirs de prélèvement, la régulation. Pour cela, il ne faut pas se contenter d’un ou deux loups mais d’au moins vingt pour cent des effectifs. Car, ainsi que le disent les militants écologistes tuer des loups les rendent plus prolifiques, ils tâchent de remplacer ceux qui sont perdus. Parfois également, cela divise des meutes qui, se retrouvant plus petites tâchent de s’accroître. Donc, comme les autres techniques, une fois cette solution adoptée, il faut l’exécuter sans hésitation. Depuis trop longtemps, des mesures insuffisantes habituent progressivement le loup à l’homme.

Ce taux de vingt pour cent, n’est pas encore celui qui serait nécessaire pour stopper totalement le développement du loup dans cette zone, ce qui devra tout de même avoir lieux un jour car même si cette espèce fini par s’ autolimiter, le nombre d’individus ne sera alors pas supportable.

Le loup n’est pas une de ces « espèces parapluie » certes emblématiques mais fragiles dont les mesures de protection seraient bénéfiques à toute une série d’autres espèces . La protection du loup en elle même n’est qu’un travail de police pour lutter contre le braconnage, et encore…Le « modèle Italien » nous montre que là ou cela n’est pas vraiment fait, le loup se porte tout aussi bien. Par contre les mesures contraignantes de protection des troupeaux présentent un certain nombre d’effets négatifs qui n’ont pas étés réellement évalués (concentration des déjections, sur-pâturage autour des cabanes, sous-pâturage des terrains éloignés, piétinement excessif pour ramener chaque soir le troupeau à la cabane). Par ailleurs, la rigidité de ces mesures empêche souvent le berger de faire une gestion plus fine du pâturage. Cette espèce « parapluie » servant de référence à la gestion écologique serait donc à chercher chez d’autres espèces, éventuellement aussi de prédateurs dont le travail de protection ne se limite pas à en supporter les dégâts.

Aussi, étant sensible, comme la plus part de mes collègues, aux défis que représente la préservation de la biodiversité, même concernant le sujet des prédateurs, je propose de commencer un autre chantier ou les bergers auront plus de possibilité de s’investir : la communauté de prédateurs.

En effet, là ou le loup est déjà présent, il est tout à fait envisageable de favoriser l’installation d’autres prédateurs, (ours lynx etc…) qui parfois occuperont un espace à la place du loup. Certes, d’autres fois ils se superposeront, mais cela ne sera pas pire qu’avec le loup seul, surtout si cela doit permettre d’obtenir des garanties quand à la gestion des prédateurs.

Car lorsqu’on parle de « biodiversité », on oublie trop souvent la fin du mot.

L’élevage ovin se sent abandonné, distribuer des indemnisations et encourager les éleveurs à acheter des patous et à mettre leurs troupeaux en parcs nocturnes ce n’est pas faire de la « cohabitation » car il n’y a pas l’équivalent de travail sur le loup.

D’un côté on a la société de consommation qui idolâtre le loup, en fait un objet très vendeur et lui est reconnaissant de s’en prendre à une profession qui la gène dans sa logique agressive. De l’autre côté, les association écologistes ne conçoivent la progression du sauvage que comme une régression de l’élevage extensif et ne sont plus capables de remarquer que la prédominance marquée du loup sans chercher un équilibre des espèces n’est plus de la « biodiversité ». Le loup est sur-protégé parce qu’il est celui qui nuit le plus à l’élevage et qu’il faut soumettre celui ci. Mais les autres prédateurs, eux, nécessiteraient bien plus d’efforts et cela serait mieux compris. Comment se fait-il qu’il n’en soit rien ? Dans la gestion des espaces naturels, on est obligé de lutter contre les espèces envahissantes pour pouvoir permettre à d’autres espèces plus fragiles de s’épanouir. Or, pour les prédateurs, il semblerait par exemple que la présence du loup coïncide avec la disparition de groupes de lynx. Ou est la biodiversité ?

Avec un projet comme celui là, il est possible de laisser décanter le sujet du loup qui est imposé d’une manière forcée que personne n’arrive à gérer et dont personne n’assume la responsabilité. Mais en même temps, il permet aux bergers de bonne volonté dans ce sens qui ont étés démotivés de se réinvestir pour la biodiversité, en étant acteur de cette diversification des prédateurs. A terme, ils pourront trouver le vrai équilibre avec la faune sauvage.

S’il est vrai que la protection de l’ours pose aussi de gros problèmes d’acceptation (pour un prédateur moins meurtrier), on pourrais facilement en trouver la raison. J’ai lu pendant des années des articles faisant écho de la violence du conflit autour de l’ours des Pyrénées. On y stigmatisait grossièrement la pratique des petits troupeaux en liberté totale qui serait incompatible avec la présence de grands prédateurs et serait donc une « mauvaise habitude ». C’est bien plus tard, en lisant un journal de bergers Pyrénéen et en discutant avec eux dans des réunions de bergers, que j’ai compris. Le brouillard semble un élément très fort dans les Pyrénées, un brouillard épais. Dans ces moments là le berger ne peut pas garder son troupeau et encore moins le protéger,raison pour laquelle les pertes en estives son plus du double par rapport aux Alpes. Dans ce contexte, le berger a bien sûr beaucoup de travail pour rassembler le troupeau lors des éclaircies, mais ce travail n’est guère différent de celui que font les éleveurs qui montent régulièrement rassembler et soigner leur petit troupeau. Au lieu de tenir compte de cette spécificité qui s’imposait de façon évidente, les ultra-écolos ont préférés dénigrer les pratiques des éleveurs locaux avec le résultat que l’on connait. Il est urgent de mettre plus d’originalité dans la recherche et la promotion des techniques de protection en incluant les cas particuliers comme ces troupeaux non gardés, car le loup fera bien plus de dégâts quand il arrivera dans les Pyrénées.

Ce projet de favoriser les espèces de prédateurs plus fragiles en échange d’une gestion plus forte du loup est un compromis mais un vrai, de ceux qui sont bien meilleurs que la moyenne des deux autres solutions. Il demande un effort d’acceptation pour les paysans, mais objectivement ce sera une avancée de leur situation. Pour les écologistes, ça dépend des quels on parle, de ceux qui ont une fascination mystique pour le loup ou de ceux qui se préoccupent aussi bien d’insectes ? Je me doute bien sûr que tout le monde ne sera pas d’accord puisque la mode est de faire de la surenchère. Mais il faut s’approprier ce combat pour la biodiversité et les autres aspects de l’écologie car la convention de Berne est morte et on s’en rendra bientôt compte. Les atteintes à la nature sont de plus en plus délirantes et les technocrates ne la sauveront pas.

La convention de Berne est une coquille vide, certes très contraignante, mais qui n’a plus aucune vie. Quelle est sa légitimité ? Je n’en sais rien. Est ce qu’un jour des élus du peuple ont pu participer à son élaboration ou son évolution ? On peut réellement se poser la question car c ’est un texte auquel on se réfère pour dire « ce n’est pas ma faute, c’est la convention de Berne qui le veut ». Personne ne la revendique mais beaucoup s’en servent comme d’un texte intouchable. Tout changement serait impossible parce que l’on prétend chaque fois que les autres membres signataires ne seraient pas d’accord. Mais ce système volera bientôt en éclats car plusieurs pays sont tentés de revenir sur leurs engagements en tout cas concernant le loup.(Norvège, Suède, Suisse). Le premier qui le fera sera immédiatement suivi de nombreux autres. A ce moment, nombre de militants écologistes se trouveront désemparés car ne comprenant pas la démocratie à la quelle ils seront directement confrontés. A la place de règlements incompréhensibles, il leur faudra trouver des projets enthousiasmants. Il serait dommage d’attendre d’y être obligé.

Publié dans : Non classé | le 18 juillet, 2013 |Pas de Commentaires »
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