Archive pour la catégorie 'Non classé'

N’avez vous pas honte?

 

C’est ce que dit systématiquement un militant pro prédateur à un éleveur pratiquant le pastoralisme et permettant donc à ses bêtes de se nourrir au pâturage.

Cette année, la mode était aux clôtures. Elles ne sont pas suffisantes pour arrêter les prédateurs et ne permettraient donc pas la « cohabitation ». Effectivement, tout le monde le sait, les clôtures n’ont pas été conçues pour cela.

L’ASPAS a commencé la saison en faisant vraiment très fort. Elle s’indignait que des dégâts de loups aient lieux « dans (une) commune (ou) des veaux pâturent dans des prés dont les clôtures sont de vraies passoires à loups ».

Effectivement, les éleveurs bovins ont la chance d’avoir des animaux faciles à enclore ce qui fait qu’ils peuvent avoir de grandes clôtures fixes légères ayant peu d’impact sur la faune sauvage qui peut les traverser facilement. Croyez vous une seconde que L’Association de Protection des Animaux Sauvages, parmi les plus radicales des association écologistes, pourra supporter longtemps qu’il y ait en campagne des milliers de kilomètres de clôtures infranchissables pour la faune sauvage, isolant les bosquets et les forets et détruisant toute idée de corridors écologiques ? Évidemment que non ! Ceci n’est qu’une étape. La preuve en est que cette préconisation n’ a jamais existé au par avent. Elle est absurde, mais c’est le passage obligé pour l’ASPAS pour en finir avec le pastoralisme extensif. Cela paraît incroyable que les ultra écolos soient objectivement si proches de l’agriculture productiviste et de ses élevages hors sol. Mais encore une fois se confirme avec évidence l’adage comme quoi, « les extrêmes se rejoignent ».

Ces exploitations bovines seront, si elles devaient suivre les injonctions de l’ASPAS stigmatisées d’ici très peu de temps par les mêmes écologistes pour l’impact désastreux sur la faune sauvage de cette façon de faire. La seule réponse sensée ne consistes donc pas à renforcer les clôtures mais à lutter contre les partis pris de l’ASPAS.

« Culpabilisez, si vous ne savez pas pourquoi, eux le sauront ! ». C’est à peu près le mot d’ordre de l’ASPAS à ses militants. Le problème c’est qu’il n’est pas du tout évident pour un éleveur de culpabiliser lorsqu’on a des brebis aussi saines et aussi sereines que celles filmée par les commandos de l’ASPAS dans une série de vidéo http://www.ledauphine.com/drome/2015/11/13/les-militants-pro-loups-contre-attaquent-avec-une-video tentant de montrer que les brebis sont abandonnées. La phrase : « Des éleveurs qui ne font pas leur travail, cela n’a rien d’extraordinaire ». Est une diffamation manifeste et ridicule lorsque l’on voit les bêtes. Là encore, ce sont les clôtures qui sont en cause. Elles sont mobiles, légères, en filet ou en fils de façon à enclore les grandes surfaces dont on besoin en automne, les brebis sur de la repousse dans les prés ou pour se nourrir dans les friches. Les clôtures mobiles permettent de pouvoir les enlever après le pâturage et replacer sur d’autres zones car les clôtures à moutons sont beaucoup plus complexes que celles des bovins pour lesquels quelques barbelés fixes suffisent. Si toutes les clôtures des ovins étaient fixes, leur coût serait exorbitant et l’impact sur la faune sauvage très lourd. Par ailleurs, les clôtures pour ovins doivent être souples pour céder en cas de panique du troupeau.

On n’est plus là en alpage, le troupeau est bien plus petit et souvent, à cette date, morcelé pour l’agnelage. L’éleveur ne peut pas être partout en même temps et, s’il y avait un patou dans ce troupeau, comme l’ASPAS l’exige,cela voudrait dire une dizaine de patous en alpage. Avez vous déjà entendu l’ASPAS prévenir ces « clients » de la situation que ça représente? L’avez vous déjà vu démarcher les mairies et les offices de tourismes pour permettre la cohabitation entre touristes et les meutes de patous? JAMAIS ! elle n’a jamais su que prendre les français dans le sens du poil et leur vendre des fantasmes bon marché sur la nature sauvage. Dans ce sens, elle s’inscrit complètement dans la logique de ceux qui spéculent sur la valeur marchande de la nature.

Il faudrait donc des miradors pour protéger les brebis ? Il semble bien que se soit cela la position « politiquement correcte » des pro-prédateurs… pour le moment. En effet, si l’ASPAS tient un discours si extrême qu’il n’a plus de logique, l’association FERUS qui se voue à la protection des grands prédateurs n’est guère en reste avec cet article de Patrick Boffy http://www.30millionsdamis.fr/actualites/article/9328-abattage-de-loups-la-france-est-une-triste-exception-en-europe/

Il s’agit là des clôtures de parc de nuit et il est vrai qu’elles sont, en ce moment, étudiées pour renforcer leur efficacité. Mais la vraie solution n’est pas encore trouvée et on admet généralement que les parcs en filets sont, dans la plus part des cas, efficaces sauf si le loup parvient à provoquer un mouvement de panique et que le troupeau lui même défonce les filets. Dans ce cas, on est très content que la clôture ne soit pas plus solide car les brebis s’y étoufferaient par dizaines.

 Au début on nous a dit qu’on ne pouvait plus laisser les brebis en couchades libres la nuit. Il faut comprendre ce qu’on a perdu alors, avec des brebis dont on doit arrêter le pâturage au coucher du soleil, au moment ou elles mangent le mieux, mais aussi dans un moment de grande sérénité ou elles s’apprêtent à dormir. Si le parc est loin on doit les stresser pour arriver à temps et souvent s’énerver très fort parce qu’elles n’ont aucune envie d’obéir à cet ordre absurde. Pour reconstituer quelque peux des conditions naturelles, je fais un parc le plus grand possible, avec de l’herbe à manger dedans. Les filets souples permettent aussi de changer souvent le parc pour qu’il soit propre et éviter ainsi le piétin. Quelle est alors cette nouvelle injonction dont il n’avait jamais été question au par avant? Les filets ne feraient pas l’affaire?. Patrick Boffy en parle comme d’une évidence, mais ce n’est pas ce qui était dit jusque là. Cela semble plutôt une façon de déguiser l’aveu que FERUS est dépassé par la situation qui n’est pas celle fantasmée au départ. J’ai entendu parlé de grands parcs de nuit, avec un matériel costaud que le berger ne peut pas installer seul. Cela veut dire qu’il ne peut pas le changer de place selon les situations. C’est grave tant pour les bêtes qui vont piétiner dans la merde, que pour le métier auquel on enlève encore de l’initiative et de la compétence.

Pour ce qui est de ces « veilleurs », je n’ai jamais entendu ce mot dans le vocabulaire des mesures de protection. J’ai, comme tout le monde, entendu parler d’aide berger qui dort à la cabane, si possible une autre que celle du berger, souvent à construire. Il n’a jamais été question nulle part d’une personne veillant la troupeau la nuit. L’homme ne voit rien la nuit, n’a pas d’odorat, ne sait pas courir , alors que ferait il de plus que le patou? S’il y a une différence avec les pays voisins c’est que là bas on n’a jamais cessé de tirer le loup, même en Italie et FERUS le sait bien; Ils veulent éviter la « solution à l’Italienne » c.a.d le braconnage. Chez nous, la protection extrême dont jouit le loup n’est absolument pas naturelle et cela prendra des décennies pour rectifier le comportement que le loup a pris.

lI est bien dommage que les associations écologistes mettent tant de moyens pour dénigrer les éleveurs plutôt que dans un travail constructif. Soit c’est de la bêtise, soit c’est une volonté délibérée de détruire l’élevage extensif.

Publié dans:Non classé |on 20 novembre, 2015 |Pas de commentaires »

Le grand retour du loup

Comme il est paru au moment ou j’enmontagnait, j’ai un peu zappé le livre de Laurent Garde.

http://www.ledauphine.com/loisirs/2015/04/09/le-grand-retour-des-loups

Il a récemment participé à un café philo à Manosque sur ce thème:

http://www.pyrenees-pireneus.com/Faune/Loups/France/Rapports-Etudes-Plans-Reflexions/2015-10-15-Introduction-au-debat-philosophique-Theme-le-Mythe-du-loup.html

Publié dans:Non classé |on 25 octobre, 2015 |Pas de commentaires »

A quand le prochain bouc émissaire ?

 

 Voici un article que j’ai longtemps hésité à écrire de peur qu’il ne soit mal compris.

Comme je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises, la tension qui s’est instaurée autour des dégâts causés par les vautours est due au fait que les associations écologistes ont elles mêmes désignées ce charognard comme bouc émissaire. En effet, lorsque sont apparues les premières rumeur d’animaux achevés par le vautour, il y a plusieurs années, j’ai fait une petite enquête sur internet. Toutes les sources, aussi bien celles proches du monde paysan que celles proche des écologistes, disaient la même chose : Le changement de comportement de ce charognard était du à un changement de législation sur l’équarrissage en Espagne qui le privait des cadavres des animaux d’élevage. La faim l’avait donc poussé dans certains cas à s’en prendre à des animaux malades ou a des nouveaux nés.

Alors comment se fait il que le sujet soit devenu source d’un conflit très tendu ?

Eh bien, comme il s’agit d’un charognard disgracieux et puant la mort, un grand nombre de ces naturalistes militants qui ont des idées préconçues sur le monde de l’élevage, se sont rués sur l’occasion qu’ils trouvaient là, d’accuser les paysans qui parlaient de mises à mort faites par des vautours, pour des éradicateurs haineux et pétris de superstitions. Ils rajoutaient à cela l’ingratitude par rapport à un animal rendant de grands services en faisant disparaître les charognes. Or ce côté équarrisseur du vautour, était apprécié depuis longtempset Jean Pierre Choisy, un spécialiste du charognard que l’on ne peut pas vraiment « accuser » de complaisance pour les paysans écrivait : « Mais les vautours n’ont pas suscité l‘animosité des éleveurs, au contraire, à deux exceptions près ».

Comme on pouvait s’y attendre, les positions se sont durcies de part et d’autres au détriment du vautour. Il est dommage par exemple, qu’un témoignage honnête d’un naturaliste militant comme celui évoqué ici: http://mathieuerny.unblog.fr/2014/10/08/laudace-de-la-franchise-mais-pas-trop/ n’ait pas été rédigé pour calmer la crise et ait dévié le plus rapidement possible..

Bref, pour moi il est clair que les écologistes militants sont largement responsables de cette crise.

Et dans ce sens, puisqu’il est évident que le militantisme rend aveugle, je voudrais anticiper ce qui pourrait bien devenir le prochain bouc émissaire : le patou.

La façon dont les associations écologistes abordent le sujet du patou est plus un frein au développement de ces chiens qu’une incitation quelqu’ onques.

La première des raisons est le fantasme des écologistes de soumettre les paysans. Cela est contre-productif et pour de bonne raisons. On peut très facilement constater aujourd’hui comment la conservation de la nature est devenu un enjeux de pouvoir, une façon de dominer les espaces naturels, c’est à dire la réserve d’espace disponible et les exemples sont très nombreux ou cette conservation organisée par des mécènes privés, détruit les populations indigènes.

Le patou est donc passé, au début, comme un symbole d’allégeance aux écologistes et cela ne lui a pas été favorable.

Or ce préjugé a vite été dépassé car les éleveurs les plus farouchement anti-loup ont adopté volontiers le patou et ont développé leur propre savoir faire par rapport à lui.

Ensuite, le patou est impopulaire auprès des randonneurs et des professionnels du tourisme qui s’en prennent aux bergers. Ceci est injuste, puisque ce sont les pro-loups qui sont responsables de la présence de ces chiens de protection. Pour bien des gens, il n’est pas contradictoire d’être pour le loup et contre le patou. On attend tout et n’importe quoi du berger, sans que les promoteurs du loup n’aient le courage de dire clairement à leurs « clients » qu’il leur faut mériter le loup et que cela demande beaucoup. Que par ailleurs, ils ne le verrons pas, qu’il ne leur sera pas amené sur un plateau comme l’est le tigre dans les safaris organisés par le WWF pour de riches « écotouristes », que le seul « fauve » qu’ils rencontreront est le patou et que la moindre des choses pour quelqu’un qui se prend pour un aventurier de la nature sauvage c’est de faire avec.

Il est donc particulièrement injuste que les associations pro-prédateurs accusent les éleveurs de ne pas s’équiper suffisamment en chiens. Ils le font bien d’avantage que ce que leurs concitoyens (à 85/100 pour le loup paraît-il) sont prèts à accepter. Lorsque l’on compare la France à la situation dans d’autres pays, on oublie de dire que la bas, il n’y a pas autant de randonneurs et qu’ils ont toujours étés confrontés aux chiens de protection. Ce ne sont pas les éleveurs qui ne veulent pas de patous mais l’entourage.

Pendant que les associations pro prédateurs accusent les éleveurs de ne pas adopter ces chiens, ceux ci passent en procès pour leurs patous, paient des amendes, et se battent bec et ongles pour éviter à leurs chiens l’  « euthanasie ». Ils ne les éduqueraient pas suffisamment ? C’est vrai, ils ont étés les premiers à abandonner la recommandation de considérer le patou comme un paria parmi les chiens avec lesquels il serait interdit d’avoir des rapports affectueux. Aujourd’hui, on leur recommande tout autre chose.

Ceux qui n’aiment pas le pastoralisme ovin utilisent l’image négative du patou, et certains militants pro-prédateurs n’hésitent pas à le faire.

C’est donc bien autour du patou que vont se cristalliser les tentions. Il suffit d’observer soigneusement la crise des vautours pour comprendre ce qui pourrait arriver aux patous. Ils sont aujourd’hui le meilleur argument anti-loup dont puissent disposer les éleveurs face aux touristes et cela à cause des écologistes eux mêmes. Objectivement, il pourrait être utilisé bien d’avantage. Si ce n’est pas le cas, c’est parce qu’il a conquis les bergers et les éleveurs malgré de gros désagréments, mais cela pourrait changer.

Que les écologistes assument leur rôle, il n’est pas d’enseigner aux bergers leur métier ! Au mieux cela fait rire, au pire… Leur rôle, la seule chose positive qu’ils peuvent faire est d’éduquer les randonneurs et d’être francs. Le loup n’est pas là pour eux, ils ne le verront pas, mais le patou oui et il convient d’avoir un comportement correct.

Les bergers ont pris double peine, gérer le problème des loups et des patous. Ce n’est quand même pas trop de demander aux écolos de s’occuper des touristes.

Publié dans:Non classé |on 19 septembre, 2015 |Pas de commentaires »

Encore un livre collectif

L’éditeur Cardère qui a édité plusieurs livres sur le pastoralisme dont j’ai déjà parlé viens de sortir le « Manuel du Berger d’Alpage » coordonné par le géographe Olivier Turquin. Plusieurs bergers de l’Association des Bergères et Bergers de Provence et des Alpes du Sud » y ont participé. C’e sont des conseils aux bergers débutants mais qui profiteraient à tout le monde car c’est un livre très complet.

http://www.cardere.fr/collection.php?name=29

Publié dans:Non classé |on 11 septembre, 2015 |Pas de commentaires »

Conférence du Col du Glandon

Une conférence de Michel Meuret.

https://www.youtube.com/watch?v=JuO2OHd17gM

Publié dans:Non classé |on 11 septembre, 2015 |Pas de commentaires »

Réponse à FERUS

Voici ma réponse à une entrevue de Patrick Boffys de FERUS dans le magazine 30 millions d’amis.

http://www.30millionsdamis.fr/actualites/article/9328-abattage-de-loups-la-france-est-une-triste-exception-en-europe/

 

Au début on nous a dit qu’on ne pouvait plus laisser les brebis en couchades libres la nuit. Il faut comprendre ce qu’on a perdu alors, avec des brebis dont on doit arrêter le pâturage au coucher du soleil, au moment ou elles mangent le mieux, mais aussi dans un moment de grande sérénité ou elles s’apprètent à dormir. Si le parc est loin on doit les stresser pour arriver à temps et souvent s’énerver très fort parce qu’elles n’ont aucune envie d’obeir à cet ordre absurde. Pour reconstituer quelque peux des conditions naturelles, je fais un parc le plus grand possible, avec de l’herbe à manger dedans. En cas d’attaque cela permet également au troupeau de tourner dans le parc plutôt que d’exploser les filets en fuyant. Le loup passe rarement les filets, mais cherche à provoquer un mouvement de panique, et là c’est le carnage. Les filets souples permettent aussi de changer souvent le parc pour qu’il soit propre et éviter ainsi le piétin. Quelle est alors cette nouvelle injonction dont il n’avait jamais été question au par avant? Les filets ne feraient pas l’affaire?. Patrick Boffy en parle comme d’une évidence, mais ce n’est pas ce qui était dit jusque là. Cela semble plutôt une façon de déguiser l’aveu que FERUS est dépassé par la situation qui n’est pas celle fantasmée au départ. J’ai entendu parlé de grands parcs avec un matériel costaud que le berger ne peut pas installer seul. Ca veut dire qu’il ne peut pas le changer de place selon les situations. C’est grave tant pour les bêtes qui vont piétiner dans la merde, que pour le métier auquel on enlève encore de l’initiative et de la compétence. Un parc rigide est également dangereux en cas de mouvement de panique avec étouffement contre la clôture. Non, décidément, FERUS ne comprend rien au pastoralisme! Pour ce qui est de ces « veilleurs », je n’ai jamais entendu ce mot dans le vocabulaire des mesures de protection. J’ai, comme tout le monde entendu parler d’aide berger, qui dort à la cabane, si possible une autre que celle du berger, souvent à construire. Il n’a jamais été question nulle part d’une personne veillant la troupeau la nuit. L’homme ne voit rien la nuit, n’a pas d’odorat, ne sait pas courir , alors que ferait il de plus que le patou? S’il y a une différence avec les pays voisins c’est que là bas on n’a jamais cessé de tirer le loup, même en Italie, et FERUS le sait bien. Ils veulent éviter la « solution à l’Italienne » c.a.d le braconnage. Chez nous, la protection extrème dont jouit le loup n’est absolument pas naturelle et cela prendra des décennies pour rectifier le comportement que le loup a pris.

Publié dans:Non classé |on 11 septembre, 2015 |2 Commentaires »

Un nouveau livre collectif

 

 

fichier pdf VdP AlpagePluriel

 

Voici un livre auquel ont contribué plusieurs bergers.

Publié dans:Non classé |on 26 mai, 2015 |Pas de commentaires »

La fin du rève européen ?

 

 Il fut un temps ou la création de l’Europe était source d’enthousiasme. Cela signifiait la solidarité entre les peuples. C’était un projet qui voyait le jour au lendemain de la deuxième guerre mondiale entre d’anciens ennemis afin qu’un tel conflit ne soit plus possible.

Depuis, le rève se réalise, devient plus pragmatique, il devient de plus en plus l’affaire de professionnels techniques. C’est inévitable. Mais si les citoyens se démobilisent, ce projet risque de perdre son âme voir de se pervertir et devenir aussi dangereux qu’une dictature. C’est tout de même aux décideurs de faire en sorte que l’Europe reste l’affaire de tous.

Or les citoyens, de plus en plus souvent, se demandent si les technocrates qui font fonctionner la communauté européenne ont encore des comptes à rendre aux peuples.

Pour le métier de berger, l’activité récente de l’Europe les concernant fait froid dans le dos. Il a fallu, par exemple, se défendre avec les éleveurs contre la robotisation du vivant que souhaitait l’Europe dans un projet de règlement obligeant à génotyper les animaux reproducteurs mâles afin que ce soient des techniciens, et non plus les éleveurs, qui en fassent la sélection.

L’obligation de marquage électronique des animaux est également choquante pour ceux qui s’efforcent de perpétuer un lien direct avec leur troupeau.

Récemment, les bergers ont étés choqués par la façon dont les administrations Européenne mais aussi Française considèrent leur représentativité dans les discutions au sujet des grands prédateurs alors qu’ils sont la profession la plus impactée par ces animaux.

En effet, la France consulte régulièrement les différents partenaires de ce sujet par des réunions appelées Groupe National Loup. Sur plusieurs dizaines de représentants d’organismes divers, il n’y a qu’un seul représentant de bergers autorisé à siéger. Certes, certains syndicats d’éleveurs peuvent être représentés par des éleveurs bergers, mais la problématique est tout de même différente.

Au niveau européen, les choses sont bien pires encore. Il a été créé une « plate forme européenne sur les grands prédateurs » dont les bergers sont franchement exclus. Il s’y trouve outre les incontournables WWF et IUCN, une institution sensée représenter l’ensemble des associations écologistes d’Europe, Une instance semblable pour les parcs naturels, deux instances sensées représenter tout les chasseurs d’Europe (du fait que les chasseurs très riches ont réussi à être représentés à part), une institution représentant tout les propriétaires terriens et donc, tout de même, une institution sensée représenter tout les syndicats d’exploitants agricoles d’Europe. Mais il ne s’agit que des syndicats majoritaires. L’Europe a donc ressussité le principe du syndicat unique et mis à mal une diversité si chèrement acquise.

Voici la composition précise :

CIC – The International Council for Game and Wildlife Conservation (Bernard Lozé, president)

.Joint representative of Finnish and Swedish Reindeer Herders (Anne Ollila, director)

Cette plate forme demande au préalable, pour participer aux débats, de reconnaître la directive habitat qui protège les grands prédateurs. Or ce texte a été imposé par des technocrates et n’est pas négociable. En quoi les éleveurs seraient concernés ? On peut évidemment se douter qu’il est valorisant pour un syndicat qui se veut dominant d’être considéré comme interlocuteur unique par les décideurs européens.

Et donc, l’europe a encore une fois, oublié d’inviter les bergers à ses discutions. Quelle est la légitimité d’une telle plate forme?

Aujourd’hui, l’institution européenne se distingue à nouveau par un projet qui devait rester secret. Il s’agit pourtant rien de moins que de changer la directive habitat, à laquelle les participants à la plate forme Européenne venaient juste de faire allégeance, afin d’étendre la protection du loup aux bâtards de loups et de chiens.

Sans entrer dans le fond du sujet, il est choquant que de telles décisions soient soumises en cachette aux instances Européenne.

La réaction par rapport à ce genre d’imposture me pose aussi un problème. C’est, par la force des choses une réponse dans l’urgence. Elle doit être fortement marquée. L’initiative en vient donc d’associations qui se sont donné les moyens pour s’informer et communiquer dans le but de défendre les éleveurs sur le sujet du loup. Bref, pour faire court, des associations « anti loup ». Les associations de bergers ou les syndicats d’éleveurs ayant des buts plus large ont étés pris en traître, eux.

Il ne me choque pas qu’il y ait des associations anti-loup, puisqu’il y a des associations pro-loup. Sur bien des sujets ou les bergers étaient dans des échanges constructifs et sensés avec des écologistes, ils ont étés consternés de découvrir ce qu’au niveau national les fédérations dont faisaient parti leurs interlocuteurs communiquent. Ce sont là encore les plus radicaux qui, en étant sur la brèche, maîtrisent les messages à faire passer. Sur le sujet des grands prédateurs, celui qui tient la communication des associations écologistes est donc Pierre Athanase de l’ASPAS. Son association a acquis un très grand savoir faire juridique par rapport aux nombreux procès qu’elle intente. Ce savoir faire prime sur les autres. Que peuvent faire alors les bergers dans des situations comme le « cas d’Ecole » ? A Ecole dans les Bauges, un chevrier était attaqué régulièrement et se plaignait de ces dégâts qu’il attribuait au loup. Les experts de l’ONCFS ont toujours nié la responsabilité du loup, répétant qu’il n’y avait pas de loup dans les Bauges. (l’ONCFS a toujours eu peur d’annoncer, à forciori d’anticiper la présence du loup.) . Ce chevrier a donc un jour tiré sur le prédateur… et tué un loup ! Ce sont alors cinq associations écologistes qui se sont liguées pour lui faire procès. La multiplication des plaignants ayant pour but de multiplier les frais d’avocats demandés à l’éleveur. Ces associations se sont acharnées jusqu’à la court de cassation.

Se sont donc des organismes très au courant des procédures de justice qui ont oeuvré là, avec de gros moyens. Pour répondre à ce savoir faire juridique, il faut s’être donné les moyens et anticiper. Cela signifie donc des association et/ou des personnes qui mobilisent tout au long de l’année leurs moyens dans ce but. Ce sont donc bien les associations anti-loup qui sont à même de réagir et dans ces cas, je les remercie pour leur efficacité. Je dois quand même dire que, personellement, je ne suis pas d’accord avec les extrapolations que ces associations ont inclus dans leur communiqué. Mais ce sont les inconvénients de cette situation. Car qui sème la méfiance ? qui parle de l’hybridation ? qui prend les bergers en traître en les empêchant d’avoir accès aux renseignements adéquats ? Il était donc bien préférable que la réaction soit forte et violente.

Bien évidemment, les militants pro-prédateurs ont voulu s’illustrer en se la jouant scientifique. Mais du début à la fin, de celui qui étale ces quelques connaissances en éthymologie sur le mot hybride, au grand gourou Luigi Boitani lui même, il ne s’agit que de bluff, de clinquant scientifique destiné à noyer le poisson. Personne n’a justifié le projet de recommandation européenne sur les hybrides, au contraire, bien des personnes comme Luigi Boitani par exemple, en ont prouvé l’inanité tout en lâchant des mots de mépris pour de sois disant contradicteurs. Luigi Boitani dit : « Prétendre que tout les loups sont des hybrides est une idiotie, nous n’avons pas un seul cas d’hybridation dans les Alpes ». Ah bon ? Mais alors quel est l’idiot qui a voulu en faire la protection ?

Ce qui est drôle c’est que dans les mêmes blogs, on trouve d’autres écologistes disant exactement l’inverse…….. mais toujours en affichant leur mépris pour les éleveurs.

Donc, dans le fond, qu’y a t’il eu ?

Le site antipastoral « La Buvettte des Alpages » essaie laborieusement de présenter les choses comme une « bulle qui fait psss » et donne comme preuve la version du texte contestée avant et après que le monde pastoral en ait eu connaissance.

3.    d’interpréter les interdictions énoncées dans la deuxième phrase de l’Article 6 de la Convention
pour qu’elles couvrent non seulement les loups sauvages, mais également les hybrides du loup et
du  chien  présents  dans  la  nature,  et  assurent  ainsi  l’efficacité  du  système  de  protection  dont
bénéficie le loup;
4.    d’accorder dans la législation nationale aux hybrides du loup et du chien présents dans la nature, là où le loup bénéficie d’une protection spéciale en vertu de l’Article 6 de la Convention, un
niveau de protection équivalent à celui du loup contre les abattages, la capture et les autres
agissements interdits par l’Article 6, indépendamment de l’élimination prudente, sous le contrôle
du gouvernement, de tels hybrides qui vivraient dans les populations sauvages du loup.

Après (adoption, page 46/47) :

3.    de veiller à ce que l’élimination des hybrides du loup et du chien soit réalisée sous le contrôle du
gouvernement et uniquement après confirmation par les agents de l’État et/ou par des scientifiques se fondant sur leurs caractéristiques génétiques et/ou morphologiques qu’il s’agit bien d’hybrides. Cette élimination doit uniquement être confiée aux organismes auxquels les autorités compétentes délèguent cette responsabilité, tout en veillant à ce qu’elle ne compromette pas le statut de sauvegarde des loups ;
4.    d’adopter les mesures nécessaires pour empêcher que des loups soient tués intentionnellement ou par erreur comme étant des hybrides du loup et du chien. Cela s’applique sans préjudice de l’élimination prudente, sous le contrôle du gouvernement et par les organismes auxquels les autorités compétentes délèguent cette responsabilité, de tels hybrides qui vivraient dans les populations sauvages du loup.

Personnellement, il me semble que les changements obtenus n’ont rien d’anodins.

Il est évident que la réaction du monde pastoral à l’ «  hybride project » ne pouvait être qu’improvisée, puisqu’il y a, à tout les niveaux, rétention d’information sur tout ce qui concerne le loup. Dans ce contexte, les réactions n’ont pas pu être étudiées et formulées avec justesse. Cela ne me pose pas de problème. Ces réactions émotionnelles sont à la mesure de la méfiance que ce système a produit et tant qu’il ne changera pas, je les cautionnerais.

Publié dans:Non classé |on 25 décembre, 2014 |Pas de commentaires »

Une question essencielle

Voici un lien pour un livre qui pose enfin la question de la mort des animaux d’élevage.

http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=3903#.VJhWFLAAB

Publié dans:Non classé |on 22 décembre, 2014 |Pas de commentaires »

Plaidoyer pour des écosystèmes non désertés par les bergers

Cet article paru dans Libération a été si diffusé que je n’avais plus cru nécessaire de le mettre sur mon blog. Il est important parce que ces scientifiques de disciplines assez éloignés avaient déjà pris des position sur le sujet mais chacun dans leur coin et parfois sur des cas très précis. Ici il s’agit d’une prise de position plus large et plus générale. Pour ceux qui auraient zappé ce texte, voila donc un rappel. Merci aux auteurs et au journal libération particulièrement sensible aux problème des éleveurs ovins.

http://www.liberation.fr/terre/2014/10/12/plaidoyer-pour-des-ecosystemes-non-desertes-par-les-bergers_1120258

Publié dans:Non classé |on 8 décembre, 2014 |Pas de commentaires »
12345...10

Le Blog De La 5e |
HUMEUR DE CITOYENS |
Pour l'éveil de la jeunesse... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | DEBAT SUR LA POLITIQUE FRAN...
| crise!! quelle crise?
| voixdusud