Spéculations sur la nature.

Est ce qu’un pygmée dans une foret vierge est écologiste ? Drôle de question n’est ce pas ? En tout cas on peut parier que les pygmées ne se l’a posent pas. Et objectivement la réponse devrait être « non » puisqu’ils exploitent la foret ou ils vivent. L’activité des écologistes est de restaurer une nature dégradée et n’a donc de sens que dans notre société moderne qui détruit son environnement naturel  au point de mettre l’humanité en danger. Est ce donc toujours l’altruisme pour les êtres vivants de notre planète qui motive ce combat ou est ce plus tôt la peur ?

Lorsque l’on regarde les débuts du militantisme écologique, on se rend compte que ce sont les très riches chasseurs européens et américains qui ont fini par se rendre compte que leurs prestigieuses chasses au lion ou au tigre étaient limitées. Ils ont donc décidé de réagir en « gérant » ces milieux et en faisant de la chasse un produit de luxe interdit à ceux qui n’en auraient pas les moyens c’est à dire les populations locales. Ce faisant, ils supprimaient aux indigènes leurs moyen de subsistance (gibier et pâturage pour les pasteurs) donc leur autonomie. Cette vision de l’écologie est toujours la plus répandue aujourd’hui.

Puisque l’on se rend compte que la nature est essentielle a la survie de l’humanité, elle est devenue un bien marchand auquel on peut donner une valeur. C’est ce qu’on montré Sandrine Feydel et Christophe Bonneuil dans leur livre « Prédation : nature nouvel eldorado de la finance ».

L’écologie moderne n’ayant de sens que dans un contexte de destruction de la nature, l’arrangement a été vite trouvé. Il s’est concrétisé par un marché « d’indulgence » avec des « banques » de biodiversité ou d’oxygène dont on peut acheter des parts pour compenser des destructions faites ailleurs. Le problème est que la biodiversité ne se crée pas, on ne peut compenser les destructions de la nature, tout juste peut elle être préservée. Alors, comment ces banques présentées comme dynamiques peuvent elles fructifier leur avoir ? Eh bien en éliminant la biodiversité ailleurs. C’est prévu puisque les parts dans les banques de biodiversité donnent des droits de détruire en dehors des réserves. Les espèces animales ou végétales ne sont respectées que lorsqu’elles sont rares et leurs protecteurs se considèrent d’ailleurs comme des collectionneurs, les comparant à des œuvres d’art.

La spéculation sur la nature est donc possible par la différence entre les zones protégées et les autres. La dynamique de cette logique est d’obtenir une différence maximale entre des réserves hyper-protégées, parfois artificiellement et les autres espaces.

Cette logique est radicalement à l’opposé de l’univers des bergers.

Publié dans : Non classé |le 19 décembre, 2015 |Pas de Commentaires »

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