Archive pour décembre, 2015

Réponse à Fabrice Nicolino

Le journaliste écologiste Fabrice Nicolino ressort, pour préparer la manifestation contre les tirs de loups du 16 janvier à Lyon, un texte écrit l’an dernier sur son blog  : « Ce que nous n’avons pas su faire » http://fabrice-nicolino.com/?p=2155

Ce texte d’un écologiste engagé est intéressant parce qu’il cumule tout les leurres de l’écologie.

Citons d’abord le paragraphe qui m’a décidé à réagir :« En quelques mots, mon sentiment. Un, la défense de la biodiversité est un devoir, élémentaire, et ce devoir nous oblige tous. Donc, on ne lâche rien. Deux, il est sûr que la cohabitation avec les activités humaines pose de vrais problèmes, peut-être davantage sur le plan psychologique que matériel. Trois, une très forte majorité de l’opinion française souhaite la présence des grands prédateurs sur notre territoire. Quatre, la question ne saurait être discutée qu’au plan national, car le fond de l’affaire est national, et même planétaire. »

Oui, la défense de la biodiversité est importante et c’est là que l’aveuglement de Fabrice Nicolino est sidérant. Il se réjouit que : « L’un des paradoxes de la situation, c’est que la France moderne des routes, autoroutes, et d’internet, est redevenue sans le dire un pays sauvage. Mais oui ! Qui se promène beaucoup n’ignore pas la révolution des paysages en cours. La déprise agricole a libéré des millions d’hectares, qui ont changé de destination en deux générations au plus. »

Est-il difficile de comprendre que c’est tout un milieu qui est entrain de disparaître, celui des pâturages extensifs, avec leurs maigres broussailles, les haies, les pelouses sèches etc… ? Tout cela pour récupérer en échange une seule espèce qui fait fantasmer tout le monde mais est moins essentielle à la biodiversité des campagnes qu’une espèce d’insectes .

Marre de ceux qui ne reconnaissent que des problèmes psychologiques à la présence du loup. Si on « relativise » tout les problèmes rencontrés par les bergers, on relativisera aussi l’importance de la nature selon les besoins du moment. On peut tout relativiser.

« Une très forte majorité de l’opinion française souhaite la présence des grands prédateurs sur notre territoire ». Quelle blague ! Les Français répondent positivement aux marchands de naturalité! Se dire favorable aux loups est si facile pour estomper la culpabilité de notre société par rapport à la nature, mais il serait bien plus juste de savoir si les français méritent ce loup. Je sais parfaitement que ce n’est pas le cas, ils ne supportent pas les patous par exemple.

« La question ne saurait être discutée qu’au plan national, car le fond de l’affaire est national, et même planétaire. »C’est exactement pour cela qu‘un grand nombre d’ agriculteurs ont élus un agri-manager directeur de multinationales de l’agro-alimentaire, faisant de l’import export, président du syndicat majoritaire. C’est en se disant comme Fabrice Nicolino que seule une personnalité internationale qui n’aurait pas un accent trop régional sera respectée. Notre société crève de la condescendance avec laquelle elle traite les populations locales. Les terres des Bushmen ou des pygmées deviennent des sites protégés sans qu’ils ne soient consultés ou qu’ils n’aient un siège d’administrateur.

Enfin, Fabrice Nicolino sort son fameux «  grand pacte national ». Les paysans étant minoritaires dans notre société et touchant des subventions, ils auraient des comptes à rendre et devraient se soumettre aux volontés des urbains. Mais à qui vont les subventions ? Est ce qu’on dit d’un médecin ou d’un pharmacien qu’il est subventionné ? C’est le consommateur qui est subventionné et ce sont les paysans qui auraient des comptes à demander. Ce sont eux qui sont indispensables, malgré le fait qu’ils soient une minorité et parmi les paysans, ceux qui pratiquent le pastoralisme et que Fabrice Nicolino vise tout particulièrement sont ceux qui auraient le plus de comptes à demander. Les éleveurs ovins extensifs sont parmi les plus subventionnés… mais parmi ceux qui gagnent le moins. Ont ils vraiment, eux, des comptes à rendre à des consommateurs qui dans une très grande majorité achètent le produit d’élevages hors sol ? Ah bien sûr ! ce type d’élevage ne craint pas le loup, nous y voilà.

L’état subventionne donc le consommateur pour quelques bonnes raisons, l’autonomie en nourriture, au niveau de la planète cela permet un équilibre puisque sans subventions, la viande que nous mangerions viendrait de l’ex foret amazonienne.

Sélectionner les bons paysans, c’est un peu comme lorsque les colons voulaient promouvoir les « bons nègres ». Non, il n’y a pas besoin de s’afficher pro-prédateur pour être écologiste, parce que nombre de paysans ont une acceptation de la nature spontanée et des petits prédateurs comme personne d’autre ne peut prétendre. Il n’est pas facile du tout d’arriver à cet équilibre avec la nature et le loup le compromet souvent. N’a t’on pas vu récemment les écologistes intégristes de l’ASPAS prôner, avec campagne de dénigrement à la clef, des clôtures de bétails domestiques totalement étanches à toute faune sauvage ? Qui est intolérant ?

S’il y a une crise écologique, elle ne vient pas du fait que les paysans auraient trop de pouvoir, mais bien du fait qu’ils sont sous représentés. Affaiblir encore le pastoralisme en le soumettant à des conditions mis en place par des technocrates à des fins écologistes est un leurre semblable à celui des américains du nord qui pensent que pour faire baisser la criminalité il faut que les citoyens soient plus armés. De même, l’écologie moderne est un produit de la civilisation hyper productiviste, sécurisée, technocratique que nous connaissons, comme la charité est le produit de la sur-consommation. Elle est sur la même longueur d’ondes et n’apporte aucune solution.

Publié dans:Non classé |on 29 décembre, 2015 |3 Commentaires »

Altruisme ou désir de puissance ?

Lorsqu’un milliardaire fait un retour sur lui même et se pose les questions existentielles de base, il se rend compte qu’il arrive très tôt à une limite dans la jouissance de ses biens. Bien heureusement, tous ne sont pas assez stupides pour remplir leur baignoire de champagne ou se faire des cuvettes de WC en or massif. A quoi peut on utiliser autant d’argent ? Il peut être réinvesti encore et encore comme il peut être donné pour un programme altruiste. En fait, n’est ce pas la même chose ? On ne peut pas jouir de milliards d’euros, mais le désir de puissance lui est illimité. Or cela est toujours pernicieux. On peut trouver des points communs dans les utopies des milliardaires quels qu’ils soient.En général l’eugénisme y tient une bonne part. Que ce soit la recherche de l’immortalité à laquelle les maîtres de Google se vouent, (cela passera forcément par une sélection serrée des gènes par la technique puis par le contrôle de la reproduction des humains pour qu’ils ne prolifèrent pas). Mais on a noté ce fantasme aussi parmi les plus grandes figures de l’écologie. Sir Julian Huxley qui fonda l‘Union Internationale pour la protection de la nature (URN) ancètre de l’IUCN disait en 1948 :

« ll faut une politique démographique positive qui impose un contrôle des naissances chez les gens de qualité inférieure et une procréation bien ajustée chez les gens de qualité supérieure.»

Or si on regarde, ce fantasme est partagé aussi par les radicaux de l’écologie comme le pirate anti-baleiniers Paul Watson qui déclare que : «  La population humaine doit être radicalement réduite à moins d’un milliard d’individus », et seulement ceux qui sont « complètement dévoués à leur responsabilité vis-à-vis de la biosphère devraient être autorisés à avoir des enfants, soit un « très faible pourcentage d’hommes ». Paul Watson ne semble absolument pas préoccupé de savoir si les personnes ainsi sélectionnées par ses soins feront de bons parents. Il lui importe juste d’être un des élus.

Bref !! Ca pue le surhomme.

Publié dans:Non classé |on 19 décembre, 2015 |Pas de commentaires »

Spéculations sur la nature.

Est ce qu’un pygmée dans une foret vierge est écologiste ? Drôle de question n’est ce pas ? En tout cas on peut parier que les pygmées ne se l’a posent pas. Et objectivement la réponse devrait être « non » puisqu’ils exploitent la foret ou ils vivent. L’activité des écologistes est de restaurer une nature dégradée et n’a donc de sens que dans notre société moderne qui détruit son environnement naturel  au point de mettre l’humanité en danger. Est ce donc toujours l’altruisme pour les êtres vivants de notre planète qui motive ce combat ou est ce plus tôt la peur ?

Lorsque l’on regarde les débuts du militantisme écologique, on se rend compte que ce sont les très riches chasseurs européens et américains qui ont fini par se rendre compte que leurs prestigieuses chasses au lion ou au tigre étaient limitées. Ils ont donc décidé de réagir en « gérant » ces milieux et en faisant de la chasse un produit de luxe interdit à ceux qui n’en auraient pas les moyens c’est à dire les populations locales. Ce faisant, ils supprimaient aux indigènes leurs moyen de subsistance (gibier et pâturage pour les pasteurs) donc leur autonomie. Cette vision de l’écologie est toujours la plus répandue aujourd’hui.

Puisque l’on se rend compte que la nature est essentielle a la survie de l’humanité, elle est devenue un bien marchand auquel on peut donner une valeur. C’est ce qu’on montré Sandrine Feydel et Christophe Bonneuil dans leur livre « Prédation : nature nouvel eldorado de la finance ».

L’écologie moderne n’ayant de sens que dans un contexte de destruction de la nature, l’arrangement a été vite trouvé. Il s’est concrétisé par un marché « d’indulgence » avec des « banques » de biodiversité ou d’oxygène dont on peut acheter des parts pour compenser des destructions faites ailleurs. Le problème est que la biodiversité ne se crée pas, on ne peut compenser les destructions de la nature, tout juste peut elle être préservée. Alors, comment ces banques présentées comme dynamiques peuvent elles fructifier leur avoir ? Eh bien en éliminant la biodiversité ailleurs. C’est prévu puisque les parts dans les banques de biodiversité donnent des droits de détruire en dehors des réserves. Les espèces animales ou végétales ne sont respectées que lorsqu’elles sont rares et leurs protecteurs se considèrent d’ailleurs comme des collectionneurs, les comparant à des œuvres d’art.

La spéculation sur la nature est donc possible par la différence entre les zones protégées et les autres. La dynamique de cette logique est d’obtenir une différence maximale entre des réserves hyper-protégées, parfois artificiellement et les autres espaces.

Cette logique est radicalement à l’opposé de l’univers des bergers.

Publié dans:Non classé |on 19 décembre, 2015 |Pas de commentaires »

Est il efficace de tuer des loups ?

La question revient souvent parce qu’elle est bien réelle. Un loup tué est rapidement remplacé et les protecteurs des grands prédateurs avancent souvent l’argument comme quoi tuer un loup favorise la désorganisation voire l’éclatement des meutes ce qui accentuerait la reproduction. Le problème est que cette assertion fait partie de ces arguments qu’on est sensé devoir accepter de confiance car il n’en n’est jamais publié de résumés lisibles et convaincants. Or, si je suis de bonne fois, je n’ai pas une telle confiance dans les associations pro-loup surtout lorsqu’elles ne parviennent pas à se justifier. On vous bombarde des données scientifiques ou, si vous n’y trouvez rien d’évident, on vous répond que c’est parce que vous êtes un néophyte qui devrait ce taire devant les « hommes de science ». Moi je suis un berger et je sais pertinemment que les militants pro-prédateurs se contentent de toute sorte d’approximations et d’enquêtes biaisées. Je sais aussi que les vrais arguments sont toujours formulables de façon claire et ne redoutent pas la contradiction.

Face à l’argument de la désorganisation des meutes, on peut bien sûr rétorquer que moins il y a de loups, moins il y a de dégâts, il suffit d’en tuer suffisamment. Mais sans aller jusqu’à cet argument qui milite pour l’éradication, ce que l’on avance dans le milieu pastoral pour demander des tirs de loups est que la pression exercée sur eux les rendra plus craintifs et plus prudents par rapport à l’activité humaine. Cela veut dire que si on constate un taux de prédation qui augmente moins vite que celui de la population de loup, les tirs auront étés des moyens efficaces de protéger les troupeaux. Or cette année ou les tirs ont étés plus nombreux que dans le passé, (l ’équivalent d’un dixième de la population officielle), Le nombre de victimes de loups est en baisse. Pourtant la population de loups doit avoir progressé de dix pour cent tout de même. Il est évident qu’on ne peut pas vraiment commenter le résultat d’une seule année, mais c’est le seul élément tangible dans ce débat.

L’association FERUS ne s’embarrasse pourtant pas beaucoup de ce genre de précautions. Des le début de l’été elle faisait savoir que si les pertes des éleveurs étaient moindre en 2015, c’était parce que ceux ci protégeaient mieux leurs troupeaux. Il n’est que temps que cette association reconnaisse le travail effectué pour la protection des troupeaux, pourtant FERUS n’est absolument pas gênée de continuer sa propagande quasi diffamatoire sur « les bergers qui ne font pas leur travail etc … » dans l’incohérence la plus totale.

Il est bien vrai qu’un travail considérable est fait pour la protection des troupeaux mais les résultats ont toujours étés très en dessous de ceux fantasmés par la propagande pro-prédateurs.

Par contre, il est tout à fait ridicule de croire que ce travail de protection, commencé depuis longtemps donne subitement un résultat manifeste en 2015. Ce n’est pas cet argument là qui peut justifier une telle différence.

Des agents de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage ce sont exprimés publiquement :

http://www.20minutes.fr/planete/1717275-20151026-abattre-loups-remede-pire-mal

« le sujet du loup est trop « passionnel » pour pouvoir être géré correctement. « Nous n’avons pas à prendre parti pour ou contre le loup, explique Dominique Melleton. Mais on constate que les décisions sont prises plutôt par souci politique que par rapport aux données techniques. »

C’est possible, mais la protection des loups est également « un sujet passionnel ». Est ce la raison pour laquelle il n’a pas non plus pu être géré correctement ? Jusqu’ a présent c’était l’ONCFS qui devait s’occuper de l’abattage de loups à problème. Parvenir à un tel savoir faire aurait été un excellent moyen de faire comprendre que seuls certains loups devraient être tués. Cela n’est semble t’ il pas possible selon l’aveu de l’ONCFS même. A partir de là, quelle sont les données « techniques » qui devraient déterminer les abattages de loups ?

Les agents de l’ONCFS font ce métier par passion pour la faune sauvage. On se doute que tuer des loups est la mission qu’en général ils exécuteront avec le moins d’empressement. Certains le disent en privé mais, évidemment, la hiérarchie le nie comme je l’ai entendu moi même lors d’une réunion à Valence. A cette occasion, un représentant de la confédération paysanne avait exprimé de la compassion pour les 3 pauvres jeunes agents de l’ONCFS envoyés sur un alpage pour tuer un loup Ils se débrouillaient avec leurs fusils et un gros projecteur et faisaient honnêtement ce qu’ils pouvaient c’est à dire rien. Il y avait effectivement de quoi avoir pitié car cette mission ressemblait bien d’avantage à un bizutage. Je m’imaginait les anciens du service planqués sur la colline voisine et se marrant aux jumelles. Le matériel qui avait été donné à cette équipe est celui qu’utilise FERUS lorsqu’ils daignent faire des effarouchements.

Un autre point sur lequel l’attitude de l’ONCFS est difficile à comprendre est l’opacité qu’elle se croit obligée de faire sur ce sujet. C’est presque unanimement que ceux qui s’intéressent au retour du loup ont critiqué le secret qui avait été maintenu plusieurs mois durant en 1992 sur sa présence en France. Cette omerta avait d’emblée semé la méfiance. Or cette erreur a été reproduite plusieurs dizaines de fois par l’ONCFS. Tout le monde sait donc pertinemment que cette administration retient énormément d’informations. Est il vraiment nécessaire de maintenir cette ambiance trouble ? Avertir à temps les éleveurs du danger ne vaut il pas mieux que d’être obligé de reconnaître la présence du loup devant ses dégâts ?

Enfin, dans l’article cité ci dessus, Dominique Molleton dit  « Les modes d’élevage actuels ne sont pas compatibles avec la présence de prédateurs ».

Cela nous l’avons déjà entendu souvent et, comme toujours, les partisans du pastoralisme extensif se demandent ce qui est sous entendu par là car, comme l’on montrées les récentes vidéos de l ’ASPAS, le fantasme des défenseurs du loup, c’est l’enfermement des troupeaux. Le poète berger Pierre Thélèmdisait lorsqu’on lui a demandé ce qu’était le patrimoine pastoral : « Le patrimoine pastoral c’est la liberté du berger et la liberté du berger c’est celle de son troupeau ».

Publié dans:Non classé |on 13 décembre, 2015 |1 Commentaire »

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