Archive pour septembre, 2015

A quand le prochain bouc émissaire ?

 

 Voici un article que j’ai longtemps hésité à écrire de peur qu’il ne soit mal compris.

Comme je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises, la tension qui s’est instaurée autour des dégâts causés par les vautours est due au fait que les associations écologistes ont elles mêmes désignées ce charognard comme bouc émissaire. En effet, lorsque sont apparues les premières rumeur d’animaux achevés par le vautour, il y a plusieurs années, j’ai fait une petite enquête sur internet. Toutes les sources, aussi bien celles proches du monde paysan que celles proche des écologistes, disaient la même chose : Le changement de comportement de ce charognard était du à un changement de législation sur l’équarrissage en Espagne qui le privait des cadavres des animaux d’élevage. La faim l’avait donc poussé dans certains cas à s’en prendre à des animaux malades ou a des nouveaux nés.

Alors comment se fait il que le sujet soit devenu source d’un conflit très tendu ?

Eh bien, comme il s’agit d’un charognard disgracieux et puant la mort, un grand nombre de ces naturalistes militants qui ont des idées préconçues sur le monde de l’élevage, se sont rués sur l’occasion qu’ils trouvaient là, d’accuser les paysans qui parlaient de mises à mort faites par des vautours, pour des éradicateurs haineux et pétris de superstitions. Ils rajoutaient à cela l’ingratitude par rapport à un animal rendant de grands services en faisant disparaître les charognes. Or ce côté équarrisseur du vautour, était apprécié depuis longtempset Jean Pierre Choisy, un spécialiste du charognard que l’on ne peut pas vraiment « accuser » de complaisance pour les paysans écrivait : « Mais les vautours n’ont pas suscité l‘animosité des éleveurs, au contraire, à deux exceptions près ».

Comme on pouvait s’y attendre, les positions se sont durcies de part et d’autres au détriment du vautour. Il est dommage par exemple, qu’un témoignage honnête d’un naturaliste militant comme celui évoqué ici: http://mathieuerny.unblog.fr/2014/10/08/laudace-de-la-franchise-mais-pas-trop/ n’ait pas été rédigé pour calmer la crise et ait dévié le plus rapidement possible..

Bref, pour moi il est clair que les écologistes militants sont largement responsables de cette crise.

Et dans ce sens, puisqu’il est évident que le militantisme rend aveugle, je voudrais anticiper ce qui pourrait bien devenir le prochain bouc émissaire : le patou.

La façon dont les associations écologistes abordent le sujet du patou est plus un frein au développement de ces chiens qu’une incitation quelqu’ onques.

La première des raisons est le fantasme des écologistes de soumettre les paysans. Cela est contre-productif et pour de bonne raisons. On peut très facilement constater aujourd’hui comment la conservation de la nature est devenu un enjeux de pouvoir, une façon de dominer les espaces naturels, c’est à dire la réserve d’espace disponible et les exemples sont très nombreux ou cette conservation organisée par des mécènes privés, détruit les populations indigènes.

Le patou est donc passé, au début, comme un symbole d’allégeance aux écologistes et cela ne lui a pas été favorable.

Or ce préjugé a vite été dépassé car les éleveurs les plus farouchement anti-loup ont adopté volontiers le patou et ont développé leur propre savoir faire par rapport à lui.

Ensuite, le patou est impopulaire auprès des randonneurs et des professionnels du tourisme qui s’en prennent aux bergers. Ceci est injuste, puisque ce sont les pro-loups qui sont responsables de la présence de ces chiens de protection. Pour bien des gens, il n’est pas contradictoire d’être pour le loup et contre le patou. On attend tout et n’importe quoi du berger, sans que les promoteurs du loup n’aient le courage de dire clairement à leurs « clients » qu’il leur faut mériter le loup et que cela demande beaucoup. Que par ailleurs, ils ne le verrons pas, qu’il ne leur sera pas amené sur un plateau comme l’est le tigre dans les safaris organisés par le WWF pour de riches « écotouristes », que le seul « fauve » qu’ils rencontreront est le patou et que la moindre des choses pour quelqu’un qui se prend pour un aventurier de la nature sauvage c’est de faire avec.

Il est donc particulièrement injuste que les associations pro-prédateurs accusent les éleveurs de ne pas s’équiper suffisamment en chiens. Ils le font bien d’avantage que ce que leurs concitoyens (à 85/100 pour le loup paraît-il) sont prèts à accepter. Lorsque l’on compare la France à la situation dans d’autres pays, on oublie de dire que la bas, il n’y a pas autant de randonneurs et qu’ils ont toujours étés confrontés aux chiens de protection. Ce ne sont pas les éleveurs qui ne veulent pas de patous mais l’entourage.

Pendant que les associations pro prédateurs accusent les éleveurs de ne pas adopter ces chiens, ceux ci passent en procès pour leurs patous, paient des amendes, et se battent bec et ongles pour éviter à leurs chiens l’  « euthanasie ». Ils ne les éduqueraient pas suffisamment ? C’est vrai, ils ont étés les premiers à abandonner la recommandation de considérer le patou comme un paria parmi les chiens avec lesquels il serait interdit d’avoir des rapports affectueux. Aujourd’hui, on leur recommande tout autre chose.

Ceux qui n’aiment pas le pastoralisme ovin utilisent l’image négative du patou, et certains militants pro-prédateurs n’hésitent pas à le faire.

C’est donc bien autour du patou que vont se cristalliser les tentions. Il suffit d’observer soigneusement la crise des vautours pour comprendre ce qui pourrait arriver aux patous. Ils sont aujourd’hui le meilleur argument anti-loup dont puissent disposer les éleveurs face aux touristes et cela à cause des écologistes eux mêmes. Objectivement, il pourrait être utilisé bien d’avantage. Si ce n’est pas le cas, c’est parce qu’il a conquis les bergers et les éleveurs malgré de gros désagréments, mais cela pourrait changer.

Que les écologistes assument leur rôle, il n’est pas d’enseigner aux bergers leur métier ! Au mieux cela fait rire, au pire… Leur rôle, la seule chose positive qu’ils peuvent faire est d’éduquer les randonneurs et d’être francs. Le loup n’est pas là pour eux, ils ne le verront pas, mais le patou oui et il convient d’avoir un comportement correct.

Les bergers ont pris double peine, gérer le problème des loups et des patous. Ce n’est quand même pas trop de demander aux écolos de s’occuper des touristes.

Publié dans:Non classé |on 19 septembre, 2015 |Pas de commentaires »

Encore un livre collectif

L’éditeur Cardère qui a édité plusieurs livres sur le pastoralisme dont j’ai déjà parlé viens de sortir le « Manuel du Berger d’Alpage » coordonné par le géographe Olivier Turquin. Plusieurs bergers de l’Association des Bergères et Bergers de Provence et des Alpes du Sud » y ont participé. C’e sont des conseils aux bergers débutants mais qui profiteraient à tout le monde car c’est un livre très complet.

http://www.cardere.fr/collection.php?name=29

Publié dans:Non classé |on 11 septembre, 2015 |Pas de commentaires »

Conférence du Col du Glandon

Une conférence de Michel Meuret.

https://www.youtube.com/watch?v=JuO2OHd17gM

Publié dans:Non classé |on 11 septembre, 2015 |Pas de commentaires »

Réponse à FERUS

Voici ma réponse à une entrevue de Patrick Boffys de FERUS dans le magazine 30 millions d’amis.

http://www.30millionsdamis.fr/actualites/article/9328-abattage-de-loups-la-france-est-une-triste-exception-en-europe/

 

Au début on nous a dit qu’on ne pouvait plus laisser les brebis en couchades libres la nuit. Il faut comprendre ce qu’on a perdu alors, avec des brebis dont on doit arrêter le pâturage au coucher du soleil, au moment ou elles mangent le mieux, mais aussi dans un moment de grande sérénité ou elles s’apprètent à dormir. Si le parc est loin on doit les stresser pour arriver à temps et souvent s’énerver très fort parce qu’elles n’ont aucune envie d’obeir à cet ordre absurde. Pour reconstituer quelque peux des conditions naturelles, je fais un parc le plus grand possible, avec de l’herbe à manger dedans. En cas d’attaque cela permet également au troupeau de tourner dans le parc plutôt que d’exploser les filets en fuyant. Le loup passe rarement les filets, mais cherche à provoquer un mouvement de panique, et là c’est le carnage. Les filets souples permettent aussi de changer souvent le parc pour qu’il soit propre et éviter ainsi le piétin. Quelle est alors cette nouvelle injonction dont il n’avait jamais été question au par avant? Les filets ne feraient pas l’affaire?. Patrick Boffy en parle comme d’une évidence, mais ce n’est pas ce qui était dit jusque là. Cela semble plutôt une façon de déguiser l’aveu que FERUS est dépassé par la situation qui n’est pas celle fantasmée au départ. J’ai entendu parlé de grands parcs avec un matériel costaud que le berger ne peut pas installer seul. Ca veut dire qu’il ne peut pas le changer de place selon les situations. C’est grave tant pour les bêtes qui vont piétiner dans la merde, que pour le métier auquel on enlève encore de l’initiative et de la compétence. Un parc rigide est également dangereux en cas de mouvement de panique avec étouffement contre la clôture. Non, décidément, FERUS ne comprend rien au pastoralisme! Pour ce qui est de ces « veilleurs », je n’ai jamais entendu ce mot dans le vocabulaire des mesures de protection. J’ai, comme tout le monde entendu parler d’aide berger, qui dort à la cabane, si possible une autre que celle du berger, souvent à construire. Il n’a jamais été question nulle part d’une personne veillant la troupeau la nuit. L’homme ne voit rien la nuit, n’a pas d’odorat, ne sait pas courir , alors que ferait il de plus que le patou? S’il y a une différence avec les pays voisins c’est que là bas on n’a jamais cessé de tirer le loup, même en Italie, et FERUS le sait bien. Ils veulent éviter la « solution à l’Italienne » c.a.d le braconnage. Chez nous, la protection extrème dont jouit le loup n’est absolument pas naturelle et cela prendra des décennies pour rectifier le comportement que le loup a pris.

Publié dans:Non classé |on 11 septembre, 2015 |2 Commentaires »

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