Archive pour décembre, 2014

La fin du rève européen ?

 

 Il fut un temps ou la création de l’Europe était source d’enthousiasme. Cela signifiait la solidarité entre les peuples. C’était un projet qui voyait le jour au lendemain de la deuxième guerre mondiale entre d’anciens ennemis afin qu’un tel conflit ne soit plus possible.

Depuis, le rève se réalise, devient plus pragmatique, il devient de plus en plus l’affaire de professionnels techniques. C’est inévitable. Mais si les citoyens se démobilisent, ce projet risque de perdre son âme voir de se pervertir et devenir aussi dangereux qu’une dictature. C’est tout de même aux décideurs de faire en sorte que l’Europe reste l’affaire de tous.

Or les citoyens, de plus en plus souvent, se demandent si les technocrates qui font fonctionner la communauté européenne ont encore des comptes à rendre aux peuples.

Pour le métier de berger, l’activité récente de l’Europe les concernant fait froid dans le dos. Il a fallu, par exemple, se défendre avec les éleveurs contre la robotisation du vivant que souhaitait l’Europe dans un projet de règlement obligeant à génotyper les animaux reproducteurs mâles afin que ce soient des techniciens, et non plus les éleveurs, qui en fassent la sélection.

L’obligation de marquage électronique des animaux est également choquante pour ceux qui s’efforcent de perpétuer un lien direct avec leur troupeau.

Récemment, les bergers ont étés choqués par la façon dont les administrations Européenne mais aussi Française considèrent leur représentativité dans les discutions au sujet des grands prédateurs alors qu’ils sont la profession la plus impactée par ces animaux.

En effet, la France consulte régulièrement les différents partenaires de ce sujet par des réunions appelées Groupe National Loup. Sur plusieurs dizaines de représentants d’organismes divers, il n’y a qu’un seul représentant de bergers autorisé à siéger. Certes, certains syndicats d’éleveurs peuvent être représentés par des éleveurs bergers, mais la problématique est tout de même différente.

Au niveau européen, les choses sont bien pires encore. Il a été créé une « plate forme européenne sur les grands prédateurs » dont les bergers sont franchement exclus. Il s’y trouve outre les incontournables WWF et IUCN, une institution sensée représenter l’ensemble des associations écologistes d’Europe, Une instance semblable pour les parcs naturels, deux instances sensées représenter tout les chasseurs d’Europe (du fait que les chasseurs très riches ont réussi à être représentés à part), une institution représentant tout les propriétaires terriens et donc, tout de même, une institution sensée représenter tout les syndicats d’exploitants agricoles d’Europe. Mais il ne s’agit que des syndicats majoritaires. L’Europe a donc ressussité le principe du syndicat unique et mis à mal une diversité si chèrement acquise.

Voici la composition précise :

CIC – The International Council for Game and Wildlife Conservation (Bernard Lozé, president)

.Joint representative of Finnish and Swedish Reindeer Herders (Anne Ollila, director)

Cette plate forme demande au préalable, pour participer aux débats, de reconnaître la directive habitat qui protège les grands prédateurs. Or ce texte a été imposé par des technocrates et n’est pas négociable. En quoi les éleveurs seraient concernés ? On peut évidemment se douter qu’il est valorisant pour un syndicat qui se veut dominant d’être considéré comme interlocuteur unique par les décideurs européens.

Et donc, l’europe a encore une fois, oublié d’inviter les bergers à ses discutions. Quelle est la légitimité d’une telle plate forme?

Aujourd’hui, l’institution européenne se distingue à nouveau par un projet qui devait rester secret. Il s’agit pourtant rien de moins que de changer la directive habitat, à laquelle les participants à la plate forme Européenne venaient juste de faire allégeance, afin d’étendre la protection du loup aux bâtards de loups et de chiens.

Sans entrer dans le fond du sujet, il est choquant que de telles décisions soient soumises en cachette aux instances Européenne.

La réaction par rapport à ce genre d’imposture me pose aussi un problème. C’est, par la force des choses une réponse dans l’urgence. Elle doit être fortement marquée. L’initiative en vient donc d’associations qui se sont donné les moyens pour s’informer et communiquer dans le but de défendre les éleveurs sur le sujet du loup. Bref, pour faire court, des associations « anti loup ». Les associations de bergers ou les syndicats d’éleveurs ayant des buts plus large ont étés pris en traître, eux.

Il ne me choque pas qu’il y ait des associations anti-loup, puisqu’il y a des associations pro-loup. Sur bien des sujets ou les bergers étaient dans des échanges constructifs et sensés avec des écologistes, ils ont étés consternés de découvrir ce qu’au niveau national les fédérations dont faisaient parti leurs interlocuteurs communiquent. Ce sont là encore les plus radicaux qui, en étant sur la brèche, maîtrisent les messages à faire passer. Sur le sujet des grands prédateurs, celui qui tient la communication des associations écologistes est donc Pierre Athanase de l’ASPAS. Son association a acquis un très grand savoir faire juridique par rapport aux nombreux procès qu’elle intente. Ce savoir faire prime sur les autres. Que peuvent faire alors les bergers dans des situations comme le « cas d’Ecole » ? A Ecole dans les Bauges, un chevrier était attaqué régulièrement et se plaignait de ces dégâts qu’il attribuait au loup. Les experts de l’ONCFS ont toujours nié la responsabilité du loup, répétant qu’il n’y avait pas de loup dans les Bauges. (l’ONCFS a toujours eu peur d’annoncer, à forciori d’anticiper la présence du loup.) . Ce chevrier a donc un jour tiré sur le prédateur… et tué un loup ! Ce sont alors cinq associations écologistes qui se sont liguées pour lui faire procès. La multiplication des plaignants ayant pour but de multiplier les frais d’avocats demandés à l’éleveur. Ces associations se sont acharnées jusqu’à la court de cassation.

Se sont donc des organismes très au courant des procédures de justice qui ont oeuvré là, avec de gros moyens. Pour répondre à ce savoir faire juridique, il faut s’être donné les moyens et anticiper. Cela signifie donc des association et/ou des personnes qui mobilisent tout au long de l’année leurs moyens dans ce but. Ce sont donc bien les associations anti-loup qui sont à même de réagir et dans ces cas, je les remercie pour leur efficacité. Je dois quand même dire que, personellement, je ne suis pas d’accord avec les extrapolations que ces associations ont inclus dans leur communiqué. Mais ce sont les inconvénients de cette situation. Car qui sème la méfiance ? qui parle de l’hybridation ? qui prend les bergers en traître en les empêchant d’avoir accès aux renseignements adéquats ? Il était donc bien préférable que la réaction soit forte et violente.

Bien évidemment, les militants pro-prédateurs ont voulu s’illustrer en se la jouant scientifique. Mais du début à la fin, de celui qui étale ces quelques connaissances en éthymologie sur le mot hybride, au grand gourou Luigi Boitani lui même, il ne s’agit que de bluff, de clinquant scientifique destiné à noyer le poisson. Personne n’a justifié le projet de recommandation européenne sur les hybrides, au contraire, bien des personnes comme Luigi Boitani par exemple, en ont prouvé l’inanité tout en lâchant des mots de mépris pour de sois disant contradicteurs. Luigi Boitani dit : « Prétendre que tout les loups sont des hybrides est une idiotie, nous n’avons pas un seul cas d’hybridation dans les Alpes ». Ah bon ? Mais alors quel est l’idiot qui a voulu en faire la protection ?

Ce qui est drôle c’est que dans les mêmes blogs, on trouve d’autres écologistes disant exactement l’inverse…….. mais toujours en affichant leur mépris pour les éleveurs.

Donc, dans le fond, qu’y a t’il eu ?

Le site antipastoral « La Buvettte des Alpages » essaie laborieusement de présenter les choses comme une « bulle qui fait psss » et donne comme preuve la version du texte contestée avant et après que le monde pastoral en ait eu connaissance.

3.    d’interpréter les interdictions énoncées dans la deuxième phrase de l’Article 6 de la Convention
pour qu’elles couvrent non seulement les loups sauvages, mais également les hybrides du loup et
du  chien  présents  dans  la  nature,  et  assurent  ainsi  l’efficacité  du  système  de  protection  dont
bénéficie le loup;
4.    d’accorder dans la législation nationale aux hybrides du loup et du chien présents dans la nature, là où le loup bénéficie d’une protection spéciale en vertu de l’Article 6 de la Convention, un
niveau de protection équivalent à celui du loup contre les abattages, la capture et les autres
agissements interdits par l’Article 6, indépendamment de l’élimination prudente, sous le contrôle
du gouvernement, de tels hybrides qui vivraient dans les populations sauvages du loup.

Après (adoption, page 46/47) :

3.    de veiller à ce que l’élimination des hybrides du loup et du chien soit réalisée sous le contrôle du
gouvernement et uniquement après confirmation par les agents de l’État et/ou par des scientifiques se fondant sur leurs caractéristiques génétiques et/ou morphologiques qu’il s’agit bien d’hybrides. Cette élimination doit uniquement être confiée aux organismes auxquels les autorités compétentes délèguent cette responsabilité, tout en veillant à ce qu’elle ne compromette pas le statut de sauvegarde des loups ;
4.    d’adopter les mesures nécessaires pour empêcher que des loups soient tués intentionnellement ou par erreur comme étant des hybrides du loup et du chien. Cela s’applique sans préjudice de l’élimination prudente, sous le contrôle du gouvernement et par les organismes auxquels les autorités compétentes délèguent cette responsabilité, de tels hybrides qui vivraient dans les populations sauvages du loup.

Personnellement, il me semble que les changements obtenus n’ont rien d’anodins.

Il est évident que la réaction du monde pastoral à l’ «  hybride project » ne pouvait être qu’improvisée, puisqu’il y a, à tout les niveaux, rétention d’information sur tout ce qui concerne le loup. Dans ce contexte, les réactions n’ont pas pu être étudiées et formulées avec justesse. Cela ne me pose pas de problème. Ces réactions émotionnelles sont à la mesure de la méfiance que ce système a produit et tant qu’il ne changera pas, je les cautionnerais.

Publié dans:Non classé |on 25 décembre, 2014 |Pas de commentaires »

Une question essencielle

Voici un lien pour un livre qui pose enfin la question de la mort des animaux d’élevage.

http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=3903#.VJhWFLAAB

Publié dans:Non classé |on 22 décembre, 2014 |Pas de commentaires »

Plaidoyer pour des écosystèmes non désertés par les bergers

Cet article paru dans Libération a été si diffusé que je n’avais plus cru nécessaire de le mettre sur mon blog. Il est important parce que ces scientifiques de disciplines assez éloignés avaient déjà pris des position sur le sujet mais chacun dans leur coin et parfois sur des cas très précis. Ici il s’agit d’une prise de position plus large et plus générale. Pour ceux qui auraient zappé ce texte, voila donc un rappel. Merci aux auteurs et au journal libération particulièrement sensible aux problème des éleveurs ovins.

http://www.liberation.fr/terre/2014/10/12/plaidoyer-pour-des-ecosystemes-non-desertes-par-les-bergers_1120258

Publié dans:Non classé |on 8 décembre, 2014 |Pas de commentaires »

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