Archive pour avril, 2014

Des livres à lire et commander

Je suis en retard, je n’ai plus touché ce blog depuis très longtemps.

Plusieurs livres intéressants sont sortis.

D’abord le livre « Bergère » qui est un récit très simple d’une bergère.

http://www.unitheque.com/Livre/editions_les_autanes/ecritures_de_femmes/Bergere-66145.html#.U1TTm_l_uT8

Puis, « Domestiquer Autrement », un livre de Jean Marie Davoine de la Fédération des Alpages de l’Isère.

http://www.alpages38.org/IMG/pdf/domestiquer_autrement.pdf

enfin un site créé par l’historien  Jean Marc Morisseau sur le loup:

http://www.unicaen.fr/homme_et_loup/

Pour finir, il faut également savoir que le livre dirigé par Michel Meuret : » Un Savoir Faire de Berger » est à présent sorti dans sa version anglaise : » The Art & Science of Shepherding ». C’était le but, les américains étant curieux de connaitre nos pratiques lui avaient demandé de leur en parler. Il a donné la parole a de nombreux bergers et formateurs pour faire ce livre de référence.

Publié dans:Non classé |on 21 avril, 2014 |Pas de commentaires »

A quoi sert le patou?

La Buvette des Alpages sort une étude réalisée il y a quinze à vingt ans de cela sur l’utilité des patous. A cette époque (très peu de temps après l’arrivée officielle du loup), dans les Alpes Maritimes les troupeaux surveillés par des patous étaient minoritaires. On peut alors facilement supposer qu’entre un troupeau avec chien de protection et un autre sans, le loup aura préféré le second. Mais aujourd’hui que tout les troupeaux sont protégés, le nombre de victimes ne cesse de croître. Le loup attaque quand même, au point que l’on peut se demander si on n’y a pas perdu au change. On ne peut plus se passer de patou, (or c’est une grosse contrainte) sinon on sera le troupeau attaqué. Mais la prédation sur les troupeaux augmente tout autant que si on ne s’était pas protégé.

De fait l’éthologue JM Landry a montré par des photographies nocturnes comment il s’est instauré un jeux entre chiens et loups. Devant un patou, le loup faisait acte de soumission extrème qui pourrait laisser penser qu’il abandonnerait définitivement les attaques sur troupeaux mais peu de temps après, le même loup regarde tranquillement passer le patou devant lui.

Comment en est-on arrivé là ? Ce n’est pas difficile à comprendre. Les associations pro prédateurs ont préconisé et longtemps obtenu une politique de sacralisation du loup. Même son effarouchement était tabou et le tir de défense l’est toujours pour ces associations. Mais si le loup est protégé au point de ne pas devoir être dérangé dans sa chasse et ne rien risquer, qu’attend on exactement du patou ? Lui non plus n’est pas sensé devoir faire de mal à un loup? Si l’on avait retrouvé un loup mort tué par des patous, j’ai bien l’impression que l’éleveur pourrait craindre un procès de l’ASPAS ou de Férus.

Ce n’est pas leur acceptation du loup qu’il fallait demander par sondage aux Français. L’ASPAS qui est tout aussi démagogique que les associations moins radicale aurait du faire un sondage sur l’acceptation par les Français du patou. (voire mon article : http://mathieuerny.unblog.fr/2013/10/05/qui-croit-aux-sondages/ )

Il est évident pour tout le monde qu’un bon chien de protection est un gentil chien qui ne causera pas de problèmes aux touristes. Sa capacité de combattre un prédateur ne vient qu’en deuxième lieux. Il est également tout à fait évident qu’on ne pourra jamais en France avoir dans un troupeau le nombre de patous suffisant. Il est inenvisageable d’avoir sur chaque estive une meute de grands chiens de protection destinés à se battre contre les prédateurs, cela représenterait un trop grand danger pour les randonneurs mais gênerait également considérablement le travail du berger et des chiens de conduite. Les associations écologistes omettent systématiquement de présenter ce problème évident. Les militants écologistes ont un très grand pouvoir d’auto-persuasion et savent le communiquer. Ils sont en effet toujours persuadés que le redoutable chasseur qu’est le loup, fuit dès qu’il entend dans la nuit une voix humaine ou un aboiement de patou. Il est fréquent dans leur littérature de présenter le loup comme un benet.

Le patou, lui, est présenté par tout ses promoteurs comme un talisman aux pouvoirs magiques dont la seule présence éloigne le loup. Il a été adopté sur cette idée là par les pouvoirs publiques et il est donc évident que l’on ne constatera aucune efficacité. Le patou sert de faire valoir pour dire que l’on agit sur la prédation car « les solutions existent ailleurs ». Certes, dans d’autres pays, cette technique fonctionne mieux. Mais là bas, on a intégré que cette solution est violente. Il n’y a donc pas de raison que l’humain n’appuie pas ses courageux chiens de protection avec des moyens violents pour le loup. Ceci est tout de même dans l’ordre des choses, le troupeau subissant, lui, la violence extrême. Il n’est pas normal de déléguer à un chien que l’on met en état d’infériorité par rapport au prédateur la mission de protéger le troupeau. Il peut être en danger et n’est généralement pas suicidaire (heureusement d’ailleurs). Même si les patous sont suffisamment sûrs d’eux, ils ont alors affaire à des loups qui jouent avec eux, les provoquent les attirent ailleurs, les contournent, s’amusent à se faire courser, devenant, comme JM Landry le montre, des partenaires de jeux pour le loup. On n’a en effet jamais à l’esprit que le patou a vocation à tuer le prédateur et que ce n’est que dans cette mesure qu’il sera craint. Le troupeau est tout particulièrement stressé par ces jeux ou le loup gagne quand même de temps en temps, c’est à dire souvent dans un contexte ou chien et loup se cherchent régulièrement. Rappelons par ailleurs, que des patous sont tués par le loup, alors que l’on n’a encore trouvé aucune preuve du contraire.

En France, le loup n’a jamais été mis qu’en face d’obstacles modérés, qui l’incitaient à passer outre. Il a donc été éduqué progressivement à dépasser tout les moyens de protection d’une façon si bien calculée dans la progression des obstacles que l’on peut parler d’un projet planifié d’apprivoisement du loup au détriment des troupeaux. Il n’est pas moral de mettre aussi sciemment les bergers et les patous en état d’échec.

Il est bon que dans les régions nouvellement colonisées par le loup, on parte sur des principes plus pragmatiques, mais comment récupérer la situation dans les Alpes Maritimes. Ne vaudrait-il pas mieux dans ce département tout reprendre à zéro ?

Pour moi, il est important de ce rendre rapidement compte que la bonne réponse de la part des pouvoirs publiques n’est pas de faire la moyenne entre les revendications des écologistes et celles des paysans. Ceci est un jugement de Salomon et cela donne une prime à celui qui gueule le plus fort. La réponse de l’état doit être technique et basée sur une réactivité forte, rapide et appropriée. Le loup n’est pas une affaire de diplomates.

Publié dans:Non classé |on 21 avril, 2014 |2 Commentaires »

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