Archive pour août, 2013

Un courriel sur le symposium sur le loup

Sur le symposium « Vivre ensemble avec le loup », j’ai pu suivre un échange de courriels »ouverts » et voici la réponse de Guillaume Lebaudy,  directeur de la Maison du Berger en réponse a un universitaire qui fait crédit au fait que « les troupeaux ne sont plus gardés ». Guillaume m’a autorisé à publier cette réponse.

Bonjour à tou-te-s,
Destinataire aussi des courriels issus de la liste de diffusion Symposium Loup 2013, je me permets une courte remarque partant simplement de l’idée reçue des « troupeaux qui restent seuls ».
En ces temps d’estive, je regarde autour de moi -ici dans les Alpes- et je vois des bergères et bergers salarié-e-s qui gardent les troupeaux d’éleveur-se-s employeurs ; seul-e-s ou
accompagné-e-s d’aide-bergers, et ponctuellement aidé-e-s par les éleveurs propriétaires des troupeaux et locataires des alpages.
Les « troupeaux qui restent seuls », lorsqu’il y en a, sont une minorité et se trouvent dans des alpages qui le permettent (escarpés, en cirque ; ils font très rarement l’objet d’actes de prédation).
Cette pratique circonscrite (nommée « à l’arrage », ou « à la bade ») a été étudiée l’an passé par une étudiante en agronomie de l’IRC SupAgro Montpellier, en stage à la Maison du berger (où son mémoire est
consultable).
Preuve de la présence nombreuses de berger-e-s salarié-e-s, le blog emploi berger http://emploiberger.blogspot.fr/, que nous -Maison du Berger- animons (en partenariat avec le CERPAM et
la Chambre d’agriculture des Hautes-Alpes) où 355 annonces d’emploi ont été publiées en 2013.
Autre preuve, la Bourse d’emploi en alpage en ligne générée et co-gérée par les services pastoraux des Alpes du nord (avec la participation de la Maison du berger) : http://www.alpages38.org/-Emploi-.html
Le salariat en alpage est dynamique et en mutation ; je vous renvoie notamment à une étude menée par la Fédération des Alpages de l’Isère, la Mutualité sociale agricole Alpes Nord (avec l’appui scientifique de la Maison du berger) disponible en ligne :
Des bergères et des bergers gardent des troupeaux sur la plupart des alpages. Nombre d’entre eux sont jeunes et formés à ce métier (voir info sur les Centres de formation :http://maisonduberger.fr/emploi-metier.html).
Ils sont, pour certain-e-s, regroupés dans des associations de loi 1901 : Association des bergères et bergers Provence-Alpes du Sud, Association des bergers de l’Isère, etc.
Ils sont salariés par des employeurs dans le cadre d’organisation de gestion collective des alpages par des éleveurs nommés « Groupements pastoraux » (encadrés par la Loi pastorale de 1972, cf.http://www.cardere.fr/collection.php?name=29&PHPSESSID=7618b809cab160083a1d77bf997b45e9.)
Je vous enjoins à sortir d’une vision archaïque et misérabiliste du monde de l’élevage alpin, à réfuter les nombreuses idées reçues qui lui restent attachées et à considérer les acteurs professionnels de terrain (bergères, bergers,
éleveuses, éleveurs) comme des interlocuteurs à part entière dont il faut écouter les paroles et accueillir dans les aréopages des séminaires, rencontres, comités et autres symposiums trop souvent réservés à la parole des spécialistes de la question maîtrisant l’ »art
de bien parler ».
A ce propos, la Maison du berger vous invite à une rencontre le jeudi 3 octobre (15h), jour de la Foire ovine de Champoléon (05), avec L. Garde (auteur de l’ouvrage « Protection des troupeaux contre la prédation ») et S. Dalla Bernardina, auteur du livre « Le retour du prédateur. Mise en scène du sauvage dans la société post-rurale »). Cette rencontre, intitulée « Protéger l’agneau sans perdre le loup ? », sera aussi un lieu de réflexion et d’expression communes et directes.
Cordialement,
Guillaume Lebaudy
Publié dans:Non classé |on 29 août, 2013 |Pas de commentaires »

le loup est un loup pour le loup

 

Je suis sidéré et ne fini pas d’en apprendre sur les journalistes. Après les arguments très approximatifs donnés par une journaliste du « Monde »……….. Voici ce que France inter que l’on prend d’habitude également pour une référence du journalisme donne comme introduction à une émission…………. GC ce texte.

« L’homme est un loup pour l’homme. L’expression qui a traversé les siècles et les leçons de philosophie, au point d’accorder cette formule au seul Thomas Hobbes (il n’est pas le seul) et à son Léviathan (ce qui est faux), permet de dire que le premier ennemi de l’homme, c’est l’homme lui-même (ce qui semble incontestable).

La grossière erreur de la formule est de mettre le loup en exemple de la menace qui pèse sur une même espèce. Le loup n’a jamais été une menace pour la survie de ses congénères et seuls, effectivement, les hommes peuvent s’entretuer. Pas de doute, le loup est un coupable parfait, le bouc-émissaire idéal ou l’ennemi à exclure. L’animal, diabolisé, chassé ou détruit est pourtant omniprésent dans nos mémoires depuis les mythologies antiques, en passant par les contes, les expressions proverbiales et les phobies de l’ogre sauvage, Bête du Gévaudan, ou Loup-Garou, prédateur de science fiction. »

Encore une tartine angélique comme on pensait que la mode s’estompait. Comment ignorer à ce point l’éthologie des loups alors qu’on nous décrit depuis des années, souvent avec une vive admiration, la hiérarchie d’une meute (la loi du plus fort quoi) et que le souffre douleur peut bel et bien mourir des mauvais traitements que lui infligent les autres, à moins de s’exclure et mourir seul ? C’est assez drôle de voire comment depuis des années on présente le loup comme un symbole de liberté tout en nous faisant savoir qu’il n’y a pas plus tyrannique et castrateur qu’une meute de loup.

Je n’ai pas pu écouté l’émission et ne sais pas si cette introduction naïve reflète bien le discours de Geneviève Carbonne, mais Qu’une radio comme celle ci en soit encore à ressortir des vieux poncifs éculés est assez agaçant.

Publié dans:Non classé |on 24 août, 2013 |Pas de commentaires »

Science sans conscience

 

 

La Buvette des Alpages fait passer un extrait du futur livre de JP Génot d’après les textes de François Terrasson qui critique l’affirmation comme quoi les milieux ouverts seraient suppérieurs en biodiversité aux forets. Cette formule lapidaire est évidemment fausse puisque dans le vivant ces raisonnements figés ne tiennent jamais la route. Mais dans ce sens, il est évident que JC G et F T ont loupés le coche puisqu’ils se sont lancés dans une défense partisane de la foret tout aussi fausse. D’abord ce qu’ils classent en milieux ouverts est également faux puisqu’il part non pas de considérations biologiques mais du préjugé de psychologue à la petite semaine comme quoi l’homme aurait peur des « milieux fermés ». Ainsi, dans les « milieux » ouverts sont inclus les cultures. Mais si ces auteurs prennent un champs de patates pour un « milieu » ouvert, alors il faut prendre un champ de maïs pour un « milieu » fermé. Il faudrait comparer ce qui est comparable, on ne compare pas un espace de cultures intensive à la foret primaire. Il faut le comparer à une foret de (mono) culture sous laquelle il ne pousse rigoureusement rien. Cela a échappé à JC Génot parcequ’il est forestier et défend sa chapelle. Et si comme le suggèrent les auteurs on doit classer une autoroute en « miieu » ouvert, (c’est un fait qu’elle traverse la campagne en plein milieu), alors il faut considérer la ville comme un « milieu fermé » comparable à la foret. Bon ! On arrète les conneries ?

Ce qui se passe et qui justifie largement de défendre l’élevage extensif et ses milieux ouverts c’est que le point de vue des auteurs, qui reflète la tendance des ultra-écolos, est la façon désastreuse qu’a pris notre société actuelle de considérer le compromis entre la nature et l’activité humaine. Les champs de maïs transgéniques devraient s’ arretter là ou commence la nature sauvage. Qu’en est-il alors des « zones de combat » aux broussailles plus ou moins clair-semés dont le texte rappelle pourtant l’importance ? Elles n’auront plus leur place, pas plus que les haies qu ’évoquent également ce texte, les écotones comme ils les appellent et tout ces espaces agricoles faits de murets, terrasses etc… et dont le patrimoine qu’ils représentent est autant paysager qu’écologique. Les affirmations de ces ultra-écolos visent la petite paysannerie et l’élevage extensif et sont aussi dévastateurs que les bulldozers des sacageurs des campagnes. Car leurs deux visions du monde cohabitent à merveille. Cela représente donc une très grosse puissance qu’il est urgent de combatre. L’autorité que représentent en matière d’écologie ces naturalistes de haut vol me laisse de glace car, le nez dans le guidon du militantisme, ils ont totalement oublié de prendre du recul sur la situation.

Science sans conscience.

Les affirmations des bergers, la somme d’observation empirique que l’on camoufle souvent sous le mot de « tradition » pour laisser entendre que ce sont des superstitions et le simple bon sens sont opposés par les militants écologistes à « la Science » souvent d’une façon si caricaturale que l’on peut parler de superstition scientiste. C’est qu’on en viendrait à oublier que la science est basée sur l’observation ! Comme cas révélateur, il y a eu la polémique sur les vautours. En 2007 ? on a commencé à parler dans le monde rural des Pyrénées de comportements anormaux des vautours en en donnant la raison, il s’agissait d’un changement de législation sur l’ équarissage en Espagne qui avait affamé une population importante. Cette observation après avoir été niée par les naturalistes militants c’est finalement imposée, mais comme ce cas concerne des nécrophages pas bien attrayants qui normalement rendent service à l’élevage, les militants écologistes ont d’ amblé sorti l’ artillerie lourde (très lourde) sur la superstition et le fantasme d’extermination des paysans …alors qu’ il s’agissait d’un changement de législation sur l’ équarissage en Espagne qui avait affamé une population importante. On peut aller loin comme cela et ce fut le cas, la bêtise n’a pas de limite. Les militants écologistes on donc relativisé leurs point de vue pour en arriver objectivement à dire la même chose que leurs « contradicteurs » mais en échange de cette difficile concession à leurs positions, ils insistaient bien sur le fait que les animaux tués avaient de sérieux problèmes comme le cas de mises bas difficiles. Le vautour restant un croque mort de la plus haute utilité.

Soit ! Pourtant si les militantes écologistes avaient du accoucher dans une salle pleine de croques-morts pressants, elles leurs auraient quand même demandé ce qu’ils foutaient là.

Secret environnement

De la même façon, tout les faits concernant le loup sont centralisés par l’ONCFS qui les gère comme un secret d’état. Aucune de ces données ne sont accessibles et cela donne l’envie à de nombreuses personnes, toutes tendances confondues de doubler cet organisme. A quand un Edward Snowden à l’ONCFS ? Cet organisme ne donne de renseignement que lorsqu’elle a des preuves « scientifiques » (ADN par exemple) c’est à dire lorsque tout le monde sait déjà ces informations depuis longtemps, particulièrement les braconniers. On peut se poser des question sur le bien fondé de sa mission concernant le loup puisqu’elle ne permet aucune anticipation. C’est bien la Science avec un grand S, mais si elle doit toujours être décalée elle est alors systématiquement fausse, pas besoin d’avoir fait l’ENA pour le comprendre. De même, il n’y a pas besoin d’avoir fait de hautes études pour savoir que la protection de grands prédateurs tels que le loup n’est une chose envisageable que par les humains. Dans la nature cela n’est pas possible. A partir de là, donner au loup une protection aussi stricte que celle dont il jouit en France est tout à fait artificiel et je m’étonne que l’on n’aie pas anticipé les dérives de ce système ou que l’on n’ai pas appliqué le principe de précaution si cher aux écologistes. Le comportement du loup change en France comme dans tout les états ou il est présent grâce à des mesures de protection. Cela était facile à prévoir mais il n’y a que les gestionnaires officiels du loup qui ne l’aie pas fait. Cette sur-protection artificielle gène les autres espèces d’un écosystème fragile qui n’a rien de comparable avec celui du Canada. On a vu que les mesures contraignantes de protection des troupeaux ne sont pas souvent favorables à la biodiversité végétales des alpages, mais cela ne s’ arrète pas là. A t’on évalué l’insidence qu’une population aussi dynamique que le loup qui en plus jouit d’une protection stricte peut avoir sur la faune sauvage et notamment les autres grands prédateurs si difficiles à préserver, eux ? Il semblerait, par exemple que l’installation d’une meute de loup fasse disparaître les groupes de lynx déjà présents.

C’est ce genre de questionnement, dû simplement au bon sens qui m’a donné l’idée de proposer un « chantier » écologique plus réaliste pour la diversité des prédateurs. Il n’aurait pas, lui, comme but premier de nuire à l’élevage extensif et serait bien moins artificiel. (voir le précédent article de ce blog).

Les militants pro-loup ne comprennent toujours pas ce fameux mot de « biodiversité ». Il est vrai, par exemple, que la diversité des herbivores domestiques est préférable à un pâturage monospécifique. Mais pour les ultra écolos cela signifie favoriser les bovins dans les endroits ou il n’y a que des brebis mais certainement pas l’inverse. Bref à terme il ne devrait y avoir que des bovins parce qu’ils craignent bien moins le loup. Est-ce cela que l’on appelle biodiversité ? Pareillement, le fait d’avoir des animaux rustiques et résistants en élevage permet de limiter les traitements chimiques, ce qui renforce l’immunité naturelle.mais que fait l’Europe qui par ailleurs a fait le choix du retour du loup de ce savoir faire paysan qui était basé sur la tolérance?

Elle fait une guerre aux bactéries même celles qui donnent leur goût aux fromages.

Nous avons pourtant besoin de bactéries, bien sûr de façon maîtrisée. C’est un savoir aussi et on cherche à le supprimer.

Elle encourage le gaspillage en interdisant a un restaurateur de donner les reste des repas qu’il a servi le jour même à sa table, aux cochons.

Elle robotise le vivant en obligeant les éleveurs à marquer leurs troupeaux d’une puce électronique.

Elle interdit aux agriculteurs de semer des graines issus de leur propre production, c’est à dire qu’elle les contraint à la dépendance face aux semenciers.

Aujourd’hui, le résultat le plus achevé de ce programme est l’obligation du génotypage des reproducteurs mâles. Pour lutter contre la tremblante du mouton, on a identifié un gène résistant à cette maladie et donc mis en place un programme de sélection des reproducteurs mâles par génotypage. Ce critère prévaudra en 2015 sur celui de sélection que se donnent les paysans par leur savoir faire. Avec cette obligation de génotypage, il est clair que de nombreux autres cas vont se superposer à celui de la tremblante et ce ne seront plus que les analyses ADN qui détermineront les reproducteurs. Fini les échanges de béliers entre éleveurs, ce sera hors la loi ! Ce genre de règlements est insidieux car ils progressent chaque année, petit à petit, pour être moins choquant. C’est bien un avenir fait d’OGM qu’on nous prépare. Il sera fait pour et par les marchands de stérilisants ou de vaccins. Ce qui est drôle d’ailleurs c’est qu’avec la manie de la stérilisation, on n’aurait pas découvert les vaccins, car cela part du principe qu’un corps qui a été en contact avec la maladie saura se défendre plus tard et ne tombera plus malade. On inocule donc un microbe inactif. Le premier vaccin a été mis au point par Edward Jenner en vérifiant un savoir traditionnel paysan qui disait qu’un humain qui attrape la variole bovine (qui lui est inoffensif) n’attrapera plus la variole humaine qui est mortelle.

et lorsque plusieurs bactéries sont présentes dans un troupeau, cela empêche une de ces espèces de se développer excéssivement et devenir une épidémie. La diversité des races aussi permet un équilibre bénéfique. Toutes sortes de choses dont les militants pro-prédateurs s’en foutent. On ne les a jamais vu dénoncer les grands règlements européens qui détruisent la diversité et la rusticité en élevage comme l’obligation du génotypage des reproducteurs. Alors qu’ici, on est en face d’une peur des bactéries, des troupeaux bien plus grosse et savament entretenue  que cette peur du loup ou de la foret qui traineraient dans notre « inconscient collectif » et qui sont si souvent étudiés et analysés.

Bien au contraire, on  entend ces écologistes militants dénoncer le fait que les éleveurs des Alpes Maritimes sortent leurs troupeaux toute l’année « sur des terrains escarpés et difficiles » et se moquer de ceux qui considèrent leur élevage d’une race rustique à petit effectifs comme un patrimoine génétique important. C’est toute une culture commune aux ultra-écolo et aux créateurs d’OGM qui voudrait éradiquer tout ce qui est marginal. Or les bergers sont toujours forcément dans la marge, même s’ils ne sont pas coiffés avec des dreadlocks, car ils travaillent sur les friches, les no-man-lands les terrains désaffectés ou en limite avec les sites sauvages. On ne se rend malheureusement pas compte de l’intéret de cette marge, dans la société européenne actuelle encore plus qu ’avant. C’est là la grande faute des écologistes intégristes.

 

Publié dans:Non classé |on 6 août, 2013 |Pas de commentaires »

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