Archive pour juin, 2013

Les bergers, une profession à épargner ?

 

Le site : « La Buvette des Alpages » fait passer un texte très représentatif de son humour de chiotte http://www.buvettedesalpages.be/2013/06/la-haine-pour-tous.html  Il est évident, rien que par le titre, que l’auteur de l’article « la haine pour tous » dévoile en les imputant à d’autres nombre de fantasmes qui l’animent lui même, particulièrement lorsqu’il écrit « Il y a quand même une profession à épargner : les bergers. »

Je connais bien cette idée qui voudrait que les bergers soient, bien évidemment, « avec nous » (ici, c’est sous entendu: avec les militants pro prédateurs) et là, il y a vraiment des choses à mettre au point . Tout le monde essaye effectivement de s’approprier l’image du berger qui a gardé un « capital de sympathie » assez fort. Mais si certains éleveurs peuvent le faire abusivement, il ne faut pas oublier que berger n’est pas exactement synonyme d’ « ouvrier agricole travaillant dans l’élevage ovin ». Le nombre de bergers-éleveurs est important d’autant plus que, contrairement à ce qu’imaginent bien des citadins, il y a du travail de garde en dehors de l’alpage.

Le berger est en contact avec une nature plus sauvage que sur les exploitations, seulement il ne faut pas longtemps pour comprendre que c’est bien cette forme de pâturage qui gène le plus les ultra-écolos, pas l’exploitation intensive. Du coup, ils font aux bergers un numéro particulièrement acrobatique pour les embobiner malgré des contradictions sans fin.

Il est évident que pour être berger il faut une sensibilité à l’écologie et que sa situation lui permet plus de recul et de réflexion sur son travail que dans le côté « chef d’entreprise » et le stress qui va avec. Mais il n’y a pas de berger sans éleveur, or les écolos intégristes l’imaginent pourtant bien. Il y aurait même des bergers sans brebis ! Je ne plaisante pas, j’ai souvent été confronté à des illuminés, parfois des personnalités reconnues, qui le pensaient réellement. Ainsi, des la deuxième année dans ce métier, j’ai été contacté par un militant pro-prédateur qui avait besoin de ma collaboration comme figurant dans un petit film. J’avais accepté, a priori car je collabore volontiers avec les personnes qui s’investissent honnêtement dans l’écologie, même concernant les prédateurs. Là, il, c’est agit de l’une des fois ou je me suis fait avoir car après la période des amabilités d’usage, cet homme c’est progressivement lâché et a exhibé son mépris pour les moutons, (animal grégaire donc bête etc …) ainsi que pour toute la culture qui va avec. Je suis resté stupéfait parce que s’il m’avait contacté c’était bien parce qu’il cherchait un berger. La contradiction était si énorme que j’ai cru a un quelconque second degré, une provocation de bon aloi. Eh bien non, cela existe ce genre d’illuminé et c’est même fréquent.

La force du métier de berger est surtout dans son authenticité et cela est fragile lorsqu’il s’agit d’un métier qui incarne tant de fantasmes. Certains imaginent la préserver en perpétuant l’image du berger ermite ne s’intéressant pas à l’actualité.

Pour d’autres qui gardent l’idée d’un berger naïf donc influençable, Il faut le soustraire aux influences néfastes et donc le saturer de la sienne. Parfois on parle en leur nom sans pouvoir justifier cette ingérence. Trop peu de gens écoutent vraiment l’avis des bergers. Evidemment, là encore, la forme y est en général. On l’écoute patiemment (lorsqu’on a du temps) mais il s’agit de lui faire exprimer un certain nombre d’éléments qui seront utilisables dans un autre contexte.

C’est réellement un grand gâchis que de ne pas prendre comme référence la parole des bergers lorsqu’ils s’expriment spontanément.

Car nous sommes dans une société qui, avec sa « téléréalité » est très fortement théatralisée. Les forums et autres sois disant débats sur internet permettent à chacun de s’exprimer sans avoir de connaissance particulière. L’écran est un miroir très flatteur pour les narcisses modernes et cela fait des émules. A ce jeux là, le militantisme écologique est très vulnérable …et s’en rend très peu compte. Pour combien de supporters du loup, cet animal est l’équivalent d’un personnage de jeux vidéo ? L’authenticité a du mal à émerger dans ce contexte. Les causes dites à « but non lucratif » sont particulièrement sujette à ce problème, elles permettent de s’ériger en sauveur de la planète sans se rendre compte du côté abstrait qu’a une structure qui n’a aucune obligation de résultat. On en est arrivé depuis longtemps au point ou des militants sois disant désintéressés parce que gagnant fort bien leur vie par ailleurs dans des activités bien éloignées de l’écologie, dénigrent et parfois sabotent le travail de personnes qui sont paysans par conviction, pour se donner et donner aux autres une qualité de vie de plus en plus difficile à trouver. Cela signifie par ailleurs des sacrifices qu’on est loin de prendre en compte à leur juste valeur.

J’ai entendu à plusieurs reprises rétorquer que berger est une passion que nous avons bien de la chance de pouvoir exercer et pour cette raison n’avons à protester de rien. Cela signifierait un manque de conviction incompatible avec l’exercice de ce métier.

J’ai honte pour ceux qui utilisent cet argument. Car quelqu’un qui sciemment aurait choisit un métier qui l’ennuie serait vraiment bête et ne mériterait aucune compassion.

Bien sûr qu’il nous faut défendre le métier et nous ne le faisons pas qu’au sujet des prédateurs. Il se trouve que c’est le sujet le plus médiatique et pas par notre faute. C’est une mode. Nous avons de fortes raisons de craindre pour notre métier car les choix qui sont faits au sujet de la prédation sans appliquer le sacro-saint « principe de précaution » cher au parti EELV sont irréversibles. S’ils échouent, il sera trop tard pour nous. Or la situation n’a de cesse de se dégrader.

Mais ce qui est plus préoccupant c’est l’état d’esprit qui préside à cet engouement

et qui culmine dans ce monument de haine pour la paysannerie qu’est la « Buvette des Alpages ». On pourrait penser que ce site outrancier serait conçu comme une caricature de l’écologie militante, avec son humour gras et ordurier. Je l’ai cru, j’ai essayé longtemps de décoder cet humour en supposant qu’il serait le fruit d’une autre culture qu’il faudrait prendre le temps et la patience de comprendre. Mais force est de se rendre compte que non ! C’est de la haine au premier degré, sans aucune objectivité de la part de l’auteur. Il a été savamment conçu pour encourager également les lecteurs a abandonner leur esprit critique et à abonder lourdement dans la grossièreté. Des personnalités scientifiques reconnues, sûrement à juste titre, ce prêtent au jeux et se vautrent dans cette merde comme si cela devait faire avancer leur cause.

Bien évidemment, internet permet également a des sites défendant la ruralité de s’exprimer et cela se cristalise souvent dans un combat anti-prédateur pas forcément plus objectif. Je reconnais avoir beaucoup plus d’indulgence pour ceux qui s’ expriment ainsi car leurs craintes sont tout de même autrement fondées et la manipulation beaucoup moins élaborée.

Cela prouve surtout qu’il est à peu près impossible de faire un grand site internet d’information et de commentaire militant sans qu’il ne dégénère dans le temps, sauf à donner des règles strictes et impartiales qui réduiraient le nombre de commentaires. Cela n’est de ce fait pas prisé des webmasters.

Alors, berger un métier à préserver ? Oui bien sûr et je reconnais que l’intention y est de part et d’autre, mais pas un berger qui serait là pour autre chose que les brebis et leur environnement. Sans quoi, c’est asservir l’image du berger. Préserver le métier c’est laisser ses praticiens suivre leur voie.

Pour préserver le métier, il faut consentir à le renforcer. La seule chose que peuvent faire les écologistes est de permettre aux bergers de pouvoir acquérir d’avantage de connaissances en écologie pour qu’il puissent en tenir compte dans les décisions qu’il prennent. Mais cela ne sera possible qu’en donnant une formation ouverte et objective qui ne soit pas assujettie à un militantisme.

Publié dans:Non classé |on 29 juin, 2013 |Pas de commentaires »

atelier d’écriture de Champoléon

Bonjour

Comme l’an dernier, j’organise un atelier d’écriture pour les bergers à la Maison du Berger de Champoléon les 19 et 20 octobre.

L’animateur est un professeur agrégé retraité de l’école normale, des exemples sont visibles sur ce site.

Il faut amener un texte d’une dizaine de lignes écrit en estive.

Les exercices sont basés sur des jeux que nous retravaillons. Il n’y a absolument aucun complexe à avoir. Alors venez nombreux.

pour plus de précisions et pour s’inscrire appelez moi au 0781466211.

A bientôt

Mathieu

ps mon alpage sera à Villars de Lans dans le Vercors

Publié dans:Non classé |on 3 juin, 2013 |Pas de commentaires »

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