Plan loup
Il est assez drôle de voire comment l’annonce faite du plafond de 22 loup prélevable pour 2013 a provoqué toute une série de réactions offusquées et très théatralisées alors que tout le monde sait que ce plafond est totalement fictif. En 2012 ce plafond était de 11 loups et seulement trois ont étés tués officiellement, un en tir de défense et deux en tirs de prélèvement (selon FERUS même).
Il est vrai que les tirs de prélèvement n’ont certainement pas servi à grand chose directement puisqu’il s’agissait de n’importe quel loup, ce qui dans une meute peut être insignifiant. On pourrait donc se réjouir que ces prélèvements aléatoires ne soient plus de mise dans le nouveau « plan loup ». Encore faut-il qu’ils soient remplacés par une solution cohérente avec des moyens adéquats. Car malheureusement, il semble que tuer un loup bien défini, n’est pas réalisable en France, en tout cas l’ ONCFS n’a jamais su le faire. Ainsi, prélever un loup au hazard aura au moins eu le mérite d’entretenir une pression sur ce prédateur. C’est ainsi que cela se passe dans tout les autres pays ou le loup est plus anciennement présent et qui sont régulièrement cités comme exemple parce que tout s’y passerait bien. En Espagne ce sont au moins 400 loups qui sont tués chaque année et tout se passe très bien. En Italie on ne sait pas car on y compte presque officiellement sur le braconnage et cela doit faire vraiment beaucoup par rapport à la France. La aussi, aux dires des écolos tout ce passe très bien. Il est assez sidérant de remarquer comment les grandes associations écologistes, sont capables de fournir elles mêmes les arguments pour la régulation. Dans sa lancée, l’ASPAS en était même arrivée un jour, à prétendre qu’en Suisse tout se passe mieux qu’en France . Sachant que ce pays est celui qui applique le plus fortement la solution de la régulation dans un pays ou le loup est récemment de retour, il y a vraiment de quoi rire. D ‘ailleurs, en Espagne et en Italie, les indemnisations sont très faibles voire nulles pour mieux inciter les éleveurs à se débrouiller eux mêmes.
Ces deux tirs de prélèvements faits au hazard auraient pu être avantageusement remplacés par des tirs non létaux massifs. Malheureusement, il est évident que pour mettre autre chose qu’une balle dans son fusil, il faudrait être un défenseur des loups et là il y a un tabou. La solution de « l’éducation du loup » a toujours été tournée en dérision par les intégristes de l’écologie. Cette attitude est totalement irresponsable de leur part . En effet, leur discours concernant les troupeaux est que l’on a perdu l’habitude de se préserver des prédateurs et pris de mauvaises habitudes. Sur les herbivores sauvages, il paraît que leur comportement a dégénéré faute d’avoir un prédateur de même que la qualité du cheptel qui manque de sélection. Mais cette sélection, ce comportement vigilant, le prédateur n’en aurait pas besoin ? Pour développer la population non, mais pour pouvoir coexister avec les humains si , évidemment.
Pour moi ce plan loup va dans le bon sens s’il peut réveiller les écolos afin qu’ils s’investissent dans des techniques qui peuvent protéger le loup de la sorte (parce que la protection des troupeaux, elle, est déjà bien en place et n’est pas la part de travail qui leurs revient. Elle n’est d’évidence pas suffisante à elle seule). Et même si les écologistes n’ont pas le bon sens de réagir ainsi , la pression de chasse sur le loup aura par elle même un impact bien plus significatif que le risque d’éclatement des meutes dont on parle tant mais de manière abstraite.
Enfin, il est évident que même en atteignant le quota de 22 loups tués,(ce qui est tout a fait improbable) cela aura un impact dérisoire sur le développement de la population. Bien des discutions sont donc vaines voire ridicules . Il faut envisager des moyens efficaces dans le temps et sur plusieurs génération de loups. Mais quand FERUS dit : « Nous mettons en avant depuis le début du Groupe Loup France que la protection des troupeaux est LA solution efficace contre les dégâts que peuvent causer les loups, nous nous devons de défendre cette idée partout où elle n’est pas ou mal envisagée » Cette association fait preuve d’irresponsabilité car elle n’envisage qu’une solution qui implique le travail des éleveurs . Les situations à problèmes sont d’ amblé mises sur le compte d’une mauvaise protection. Emballez c’est pesé ! Les missionnaires de FERUS doivent apporter la lumière des bonnes pratiques sans écouter ceux à qui ils s’adressent. C’est écrit noir sur blanc dans cette phrase.