Les indulgences au troisième millénaire

Comme tout ce qui est à« buts non lucratifs », l’écologie a du mal a regarder en face ses rapports avec l’argent. En effet, toute personne riche et généreuse est considérée comme un bienfaiteur d’une œuvre désintéressée.

Pourtant la valeur fondamentale en écologie est la faculté de restreindre sa consommation et donc la production. Ainsi ce pose inévitablement la question de l’argent.

 Au sommet de Kyoto, il avait été imaginé de monnayer des droits à polluer afin de faire entrer l’écologie dans la logique de l’économie de marcher puisque apparemment on en a déduit que c’était la seule façon de l’ apréhender sérieusement au niveau mondial.

A priori cela a un petit côté cynique tout de même qui, pour moi, ne s ’efface pas vraiment dans un deuxième temps.

Sur le portrait qu’une banque a fait d’un de ses collaborateurs administrateur du WWF France, on y lit qu’il a « mis sa passion de l’écologie au service de la banque ». personnellement, je n’aurais pas été choqué si cela avait été formulé dans l’autre sens et que cet économiste aurait mis ces qualités de banquier au service de l’écologie. Mais écrit comme cela, cela me laisse dubitatif. Non, ce n’est pas un détail, à ce niveau les mots sont très soigneusement étudiés.

 Au centre des rapports entre l’écologie et l’argent on trouve inévitablement le WWF qui apporte un soutient financier à presque toute les initiatives écologiques dans le monde. Or c’est un club très sélect. Au niveau mondial, on y trouve plusieurs têtes couronnées, de nombreux banquiers, le PDG de tout Coca Cola etc… Est ‘il sérieux de penser que l’on peut arretter la dégradation de notre planète en se basant sur des programmes financés par des subsides qui proviennent des surplus des grandes sociétés ? Leur but est pourtant de s’étendre sans cesse.

Cela ressemble à la logique des fanatiques des armes à feux aux états unis qui estiment que pour obtenir plus de sécurité il faudrait armer même les enfants pour qu’ils puissent se défendre.

Bien sûr l’argent est indispensable, car il nous faut bien acheter ce dont nous avons besoin pour vivre. Le plus indispensable est la nourriture que nous achetons aux paysans. Parfois ces dernier sont influencée de la « logique » des grands industriels bienfaiteurs du WWF et cela donne de la surproduction, à d’autres moments ce sont des paysans plus traditionnels travaillant dans un environnement qu’ils ont contribué à protéger et qui sont mis à l’indexe parce que autour d’eux la nature existe et que cette derrière est considérée comme un patrimoine de luxe qu’ils ne méritent pas. Ainsi, plus il s’agit de communautés paysannes traditionnelles ayant su éviter la dégradation de leur environnement, plus elles ont à redouter les lobbyistes de l’écologie. De plus, travailler la terre c’est bien évidemment l’exploiter, un mot qu’ont su effacer habilement les experts en communication des discours de leurs employeurs.

Un paysan traditionnel ne gaspille rien et récupère âprement tout ce qui est possible dont, bien sûr, le fumier. Face aux industriels de l’alimentaire et aux grands distributeurs qui donnent si généreusement leurs invendus aux œuvres caritatives, cela parait…petit.

Mais cette habitude empêche le gaspillage et est logique et positive. Tandis que produire sans raison et faire par ailleurs des dons n’a pas de logique, c’est une perversion de l’idée d’altruisme.

 Le président d’honneur du WWF d’Espagne est le roi lui même. Récemment ce grand chasseur a vu son image quelque peu chahutée après avoir été rapatrié du Botswana ou il c’était blessé dans son bungalow . Il faisait discrètement dans ce pays un safari au rhinocéros d’une valeur de 30 000 euros. C’était quelque peu en contradiction avec le très beau discours sur l’unité nécessaire de son pays face à la crise qu’il venait de faire peu avant.

La logique pour le WWF est qu’en payant si cher leurs trophés, les grands de ce mondes permettent de préserver la biodiversité dans ces fameuses réserves ou la chasse est « raisonnée ». Ce qui se passe malheureusement, c’est que sur ces terres vivent ou vivaient de petits chasseurs traditionnels, (pas des chasseurs de rhinocéros) : les bushmens dont c’était le territoire. Ils sont considérés comme braconniers, leurs droits traditionnels sont bafoués. L’association Survival internationale dit : « Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré : ‘La conservation a longtemps été l’argument invoqué par le gouvernement botswanais pour terroriser les Bushmen et les chasser de leur désert. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le président Khama siège au conseil d’administration de Conservation International, l’une des plus grandes organisations environnementales du monde. Cette ONG nord-américaine n’est pas sans ignorer que l’un des membres de son conseil détient un triste record en matière de violations de droits de l’homme. »

Si le roi d’Espagne c’est plongé dans la piscine de la réserve de chasse, il est possible qu’il l’ait fait dans le seul point d’eau dont disposaient les bushmen. Le droit de chasse du roi ne devrait pas être considéré comme supérieur à celui de ce peuple.

Pareillement, au Kenya ou en Tanzanie, les Massaïs et autres tribus traditionnelles sont expulsés pour créer des parcs nationaux. Il aurait été possible de s’inspirer des connaissances de ces autochtones pour développer ces parcs et de convier les autorités traditionnelles à en être administrateurs. Mais cela aurait-il pu être compatible avec les vues mercantiles des créateurs de ces parcs et la soif de pouvoir et d’influence des financeurs internationaux comme Conservation Internationale ou du WWF ? Le résultat c’est qu’en créant de cette façon les espaces protégés, en plus de l’injustice flagrante faite aux populations autochtones, on nie l’intéret écologique des autres cites. Un pâtre se trouve toujours sur une terre A protéger et le sait. Mais lorsqu’on refoule les tribus de pasteurs aux marges de ces espaces, on crée du sur-pâturage et la misère à ces endroits là. De même, en ne respectant que les espaces soumis à un droit de propriété, on a encouragé l’exploitation intensive avec barbelés et ouvriers agricoles déracinés d’autres terrains par des investisseurs opportunistes.

 Dans son livre « réintroduction de l’ours histoire d’une manipulation, David Chétrit nous raconte comment le projet de renforcement d’ours dans les Pyrénées a été porté financièrement par un mécène et on peut ressentir la déviance due à ce fait.

Car pour un mécène privé, il faut une action médiatique, des lâchers d’ours, plutôt que de chercher les causes qui ont fait que la population d’ours a tant régressé.

Il ne faut pas mélanger les choses, certain entrepreneurs ont effectivement des moyens de production écologiques, et n’importe quel entreprise qui produit des biens durables est plus ou moins dans ce cas par rapport à ceux qui calculent savamment une durée de vie la plus courte possible pour retrouver régulièrement les mêmes clients. Ensuite, il est illusoire d’imaginer « faire du bien à la planète » si on n’est pas honnête sur le plan social (empêcher les plus démunis d’acheter ces biens durables plutôt que ceux qu’on leur a destiné ou casser la faculté de consommer honnêtement en abusant de la mondialisation).

L’argent, cela signifie de nombreux pièges pour les ONG mais ils sont tout de même faciles à identifier, on ne peut pas prétendre pouvoir les ignorer. Pourtant cela arrive toujours et massivement.

Publié dans : Non classé |le 4 février, 2013 |Pas de Commentaires »

Vous pouvez laisser une réponse.

Laisser un commentaire

Le Blog De La 5e |
HUMEUR DE CITOYENS |
Pour l'éveil de la jeunesse... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | DEBAT SUR LA POLITIQUE FRAN...
| crise!! quelle crise?
| voixdusud