Archive pour janvier, 2012

Provocation: jusqu’ou aller?

 

Bien sûr, je me pose la question régulièrement. Faut-il répondre à toutes les provocations? Faut-il toujours esquiver l’agressivité? Faut-il toujours relativiser ce sentiment d’injustice en se disant qu’il peut venir des agressions tout aussi injustes de la part du groupe qu’on défend? Faut-il lire la Bagavad-gîta (ce que je n’ai toujours pas fait) avant de se lancer dans un sujet polémique?

 Ces cas de conscience m’ont tenaillé récemment lors de mes derniers articles.

 La Buvette des Alpages a fait paraître un article appelé : « dix stratégies de manipulation des masses «, un texte très basique d’un linguiste américain qui a l’intérêt pour ceux qui voient en leur adversaire un manipulateur, de se confirmer « preuves à l’appui » dans ce sentiment. Le webmaster demandait à ses lecteurs d’illustrer cela avec des exemples du pastoralisme. C’est tellement bateau!

 Je l’ai donc fait mais bien sûr pas dans le sens qu’il espérait. Ce n’est vraiment pas difficile. En même temps que je mettais ce texte sur mon blog, je l’ai posté en commentaire à la Buvette ou il a été censuré .

 Pour un cas comme celui là, je ne regrette absolument pas de mettre les pieds dans le plat. Pourtant je sais qu’en m’en prenant aux associations pro-prédateurs , je peux faire du tort ou blesser des personnes sincères et sensées mais pourquoi ces personnes là ne développent pas plus l’éthique au sein de leur association? C’est en leur nom que ces associations écrivent des textes dont les plus diffusés sont réellement malhonnêtes. J’en suis le premier désolé mais lorsque j’ai pour la première fois découvert un texte du WWF , une association dont j’avais comme tout le monde déjà entendu parlé mais sans plus, il a fallu que ce texte sur les dégâts des chiens errants, qui était cosigné par la SPA, le groupe loup (aujourd’hui Férus) et de nombreuses autres grandes associations donne une estimation tout simplement impossible puisque le chiffre donné pour les ovins victimes des chiens errants était supérieur à celui tout à fait vérifiable de l’ensemble de la mortalité naturelle. C’est la stratégie du rouleau compresseur. La faute est énorme, mais plus énorme encore le soutient et donc cela a été pris pour argent comptant.

 Un cas plus précis.C’était lors de ma troisième estive, J’ai vu arriver un homme d’une cinquantaine d’années en uniforme de l’ONF. Il m’a dit préparer un film sur le loup, la cohabitation, et vouloir « secouer » les représentants de l’état afin que le problème soit mieux traité. Il défendait toutefois le loup, cela n’était pas ambigu. C’était en 2000, il y avait 70 loups en France trois fois moins d‘attaques qu‘aujourd’hui, c’était ma deuxième montagne, je n’avais jamais connu d’attaques et je ne suis pas un anti-loup par principe, je ne demande qu’a être convaincu par le discours des défenseurs du loup (ça n’en prend malheureusement pas le chemin). J’ai donc donné mon accord pour figurer dans ce court métrage. Le scénario n’avait rien de choquant, n’apprenait pas grand chose non plus.

 Il a donc commencé par me filmer et me photographier avec le troupeau, notamment en contre plongée pour avoir l’arrière plan qui était une cascade dans un ravin de schiste noir dévalant une pente extrêmement raide. J’ai compris plus tard pourquoi.

 Au fur et à mesure, en discutant avec moi, il s’est mis à me parler de cas qui faisaient froid dans le dos. Il me racontais par exemple l’histoire de deux frères Roumains dont le troupeau de brebis avait été attaqué. Pour être indemnisés il fallait prouver les dégâts et c’est ainsi qu’un des bergers est allé récupérer les restes de la victimes chez l’ours et c’est fait tuer. Le frère restant aurait déclaré au journaliste qui l’interrogeait: « eh bien oui, c’est la vie« ! Là, mon interlocuteur, les yeux au ciel et la voix pleine d’émotion s’est exclamé: « Tu te rend compte, quelle philosophie, ici ça aurait provoqué un scandale ». Oui je me rend compte, il faut plusieurs décennies de régime Ciaosescu pour arriver à un fatalisme aussi désespéré.  Quand aux brebis, ce cinéaste exposait allègement son mépris pour ces animaux grégaires et toute la mythologie et la littérature qu’elles ont inspiré au point que je me suis demandé s’il se souvenait qu’il avait à faire à un berger. Il me semblait tout à fait impossible d’imaginer qu’une personne qui avait cherché pour son film un jeune berger enthousiaste puisse penser que ce dernier partagerait ce point de vue hautain. J’ai donc supposé que c’était une forme de provocation de bon aloi et qu’il y avait un « second degré » parce que c’était réellement trop gros. Eh bien non! Ca existe ce genre d’illuminé, je l’ai rencontré. On m’a informé plus tard que cet homme faisait des conférences ou il se servait de mon nom comme d’un faire valoir et d’un exemple de berger qui abondait dans son sens. En même temps, il montrait cette diapositive ou je garde mon troupeau avec en fond ce ravin, pour placer un commentaire disant que le berger érode les montagnes avec son troupeau. Je lui ai écrit que je lui interdisait de se servir de moi pour autre chose que ce qu’il y avait dans son scénario.

 Plus tard, lorsque j’ai acheté mon ordinateur, j’ai pu me rendre compte de l’étendue des dégâts et cela venait parfois d’associations que je prenais pour des références. Pour autant, je n’ai jamais cessé de chercher la concertation, je n’ai jamais refusé le dialogue lorsqu’il est honnête même si cela m’a valu d’autres déconvenues.

 Ce blog n’est pas une mine d’informations, je n’ai pas un réseau comme d’autres, et je ne suis pas un berger de grande expérience. Qu’importe car je ne parle pas de ce que je ne connais pas. Je ne suis pas sociologue ni ethnologue mais je sais que celui qui utilise de grosses caricatures pour stigmatiser une catégorie de gens n’est pas un scientifique mais un xénophobe dans la mesure ou il rejette ce qui lui est étranger, même dans son propre pays, à partir d’a priori. Dans ce sens il y a une différence entre des gens parfois très simples qui, en ne cherchant pas en priorité ce qui les différencie des autres, se sentent chez eux à peu près partout. En effet, avec un peu de bon sens, on trouve beaucoup plus de ressemblances avec les autres que de différences et à partir de là, il n’est pas difficile de les comprendre. Toute la raison d’être de ce blog est là, contrer par exemple la stupidité consternante de la formule fétiche du blog la Buvette des alpages : « chez les paysans par traditions, tout ce qui gène, il faut s’en débarrasser ». Dans quelle catégorie « socio-professionelle » est-ce qu’on garde ce qui gène? En tout cas je peux vous certifier que le webmaster de la buvette des alpages lui, ne s’embarrasse pas de ce qui le gène.

 Par contre, un pro-loup, même très sensé, honnête et réellement compréhensif comme il en existe au moins autant que des abrutis a tout de même besoin de garder à l’esprit que ces interlocuteurs bergers seront toujours en face de lui à la table des négociations (lorsqu’il y en a) et il n’est pas opportun de vouloir faire du copinage.

 Il s’agirait d’être sérieux à présent. Au début du retour du loup, les associations pro prédateur bénéficiaient dans l’opinion publique d’une sorte d’état de grâce. Du à la curiosité, la nouveauté, l’enthousiasme que chacun peut ressentir à découvrire ces « pionniers de la reconquête animale … hurlant leur liberté dans la montagne » comme l‘a écrit la revue terre sauvage. À cette époque on n’écoutait pas les opposants au loup, ils ne voulaient pas s’adapter, étaient rétrogrades etc… et toutes les exagérations étaient possibles. On dit que le retour des prédateurs a été bénéfique aux ongulés qui sans eux dégénéraient, n’ayant plus suffisamment de sélection naturelle et leur comportement n’était plus assez vigilant. Les défenseurs du pastoralisme disent la même chose du comportement du loup qui ne gagne pas à être sacralisé et à n’avoir rien à craindre de l’homme. Eh bien il en va de même des pro-prédateurs pour lesquels le fait que leurs contradicteurs ne soient pas reconnus et entendus du publique a été néfaste quand à la qualité de leurs propres arguments comme on peut s’en rendre compte avec le thème des chiens errants. Pendant ce temps ceux que les ultra écolos croyaient bloqués au conte du petit chaperon rouge, les pâtres et les pastoralistes, ont travaillé. Leur discours est bien plus technique. Il savent faire la différence entre ce que l’homme peut obtenir aujourd’hui par la protection des troupeaux et ce qui ne sera obtenu que par un travail sur le loup. Mais la roue tourne et à présent, les médias plutôt progressistes et citadins se posent des questions sur ce qu’on leur avait assené comme une évidence. L’article de libération:  « La part du loup » En est un exemple. J’ai donc bon espoir que l’on puisse enfin devenir réaliste et élever un peu le débat.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans:Non classé |on 31 janvier, 2012 |Pas de commentaires »

Un berger des bergères

Oups je remarque que j’ai omis de parler du livre de Guilleaume Lebaudy, « un berger des bergères ». Voila un lien pour présenter cet ouvrage.

http://www.alpages38.org/Un-berger-des-bergeres-disponilbe.html

Publié dans:Non classé |on 23 janvier, 2012 |Pas de commentaires »

Solidarité avec les paysans basques !

Les industriels laitiers obligent les paysans basques à jeter 1,35 millions de litres de lait de brebis AOP Ossau-Iraty pendant qu’ils en importent 8,5 millions en provenance d’Espagne ou d’Aveyron pour faire du fromage vendu comme du « Brebis Pays Basque ».

Ce scandale doit cesser !

Prenez quelques secondes de votre temps pour exprimer votre rejet d’une telle aberration. Mettez le lien de ce blog :   http://fromages-basques.com/   sur votre site ou votre blog. Ou postez le dans les commentaires de tous les sites et les blogs que vous connaissez !
 
Plus de gens feront cela et plus Google référencera en première place ce site. Les gens s’intéressant au fromage basque découvriront ainsi les pratiques des industriels laitiers tels que Lactalis-Le P’Tit Basque, Bongrain-Chaume-Etorki, 3A-Capitoul ou Andros-Onetik.

Merci de faire circuler ce mail autour de vous !

 
Solidarité avec les paysans basques !

Publié dans:Non classé |on 20 janvier, 2012 |1 Commentaire »

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