Archive pour septembre, 2011

Traitement des prélèvements par les grands prédateurs sur le monde agricole

Ce texte a été écrit avec un écrivain photographe des Vosges. Cela faisait longtemps que je cherchais un interlocuteur comme JLV afin de pouvoir développer des arguments plus constructifs par rapport à la gestion des grands prédateurs. En effet, si j’ai bien plus souvent l’occasion d’être critique sur le sujet, si je trouve que le discret effort que les paysans consentissent à la biodiversité en général et aux prédateurs en particulier est infiniment plus important que celui que prétendent faire les grandes gueules de l’écologie, je m’en voudrais d’être un obstacle à l’épanouissement d’une nature plus riche.

 

Traitements des prélèvements par les grands prédateurs sur le monde agricole.

Pour une gestion globale.

La gestion globale actuelle ne suffisant pas à trouver des solutions pérennes à la problématique du retour du loup sur le territoire national, il serait utile d’envisager d’autres solutions plus actives et plus responsables.
Les éleveurs dans leur grande majorité, ne sont pas capables, financièrement, d’assurer individuellement la gestion des coûts directs et indirects en rapport avec la présence des grands prédateurs. Le contexte économique n’étant pas favorable et les missions vouées à l’élevage sont concentrées sur la gestion des paysages tout en maintenant une sécurité d’approvisionnement alimentaire et un savoir-faire.
Les conditions actuelles qui imposent à l’éleveur de se préserver par de nombreux moyens techniques, humains et domestiques ne permettent pas une mise en protection globale des cheptels. Les efforts consentis par les éleveurs, à droite, sont parfois déboutés à gauche par une action trop partielle de la part d’autres éleveurs et des pouvoirs publics.
Faute de moyens conséquents, tout en devant assumer des pertes indirectes peu indemnisées!
Il conviendrait d’engager un axe de réflexion innovant, basé sur l’implication des éleveurs et de leurs syndicats, tout en concentrant les moyens actuels engagés par l’Etat ( indemnisation et protection), sur un seul objectif : la préservation (donc la protection et l’organisation des moyens naturels de production) des troupeaux face aux prélèvements des grands prédateurs. ( Ours, Lynx, Loup et autres à venir certainement)

Effet de levier et engagement responsable des éleveurs.

Le statut de maître d’indemnisation de l’Etat disparaissant au profit d’un statut global de protection ! Protections dont les éleveurs ont acquis les droits au même titre que tous citoyens. Il est bien entendu, qu’un retrait des budgets actuels voués à la compensation de pertes directes typés grands prédateurs serait mal venu dans un contexte de prise en charge partielle par les éleveurs eux-même. Il ne s’agit pas de désengager l’Etat mais bien d’associer une action « d’auto-indemnisation » volontaire des éleveurs, à un financement de protection financé complètement par les pouvoirs publics. En effet, cet aspect est complètement dégradant pour des professionnels qui ont à cœur de bien faire leur métier. Il leur est insupportable de s’entendre dire que la prédation n’est pas grave puisqu’elle est indemnisée. Il faut souligner également qu’il y a un disfonctionnement dans le fait que pour tenir compte de dégâts indirects importants (perte, stress… etc.) l’administration gonfle artificiellement l’indemnisation donnée pour chaque bête tuée. Ce financement est largement dû aux éleveurs et pourrait même être augmenté mais non pas sous une forme qui de fait, transforme une brebis tuée, en jack-pot.

Gestion raisonnée.

Là où l’ours est présent, trois ou quatre chiens, si nécessaire, peuvent assurer la tranquillité d’un troupeau soumis au risque, alors que face au lynx, un unique chien doit être vraisemblablement suffisant. Face aux loups, le nombre de chien dépendra du contexte paysager et de l’ampleur de la menace. Une meute organisée de sept loups, ne représente pas la même capacité de destruction qu’un loup isolé, les moyens devront donc être adaptés en permanence, en fonction des analyses des professionnels dévoués à la cause. Charge pour les éleveurs de faire reproduire leurs chiens afin de prévoir une évolution positive à la hausse de nombre de prédateurs. Anticiper, sur proposition des techniciens de l’Oncfs, pourrai être totalement envisagé. Les compétences sont là et sont mal exploitées. A conditions que ces professionnels soient en mesure d’exercer un art qui demande plus de moyens humains et financiers. La paix des campagnes vaut bien un effort conséquent.
Il est même possible de dire qu’une telle mise en œuvre, si elle est bien gérée, doit permettre, à terme, de faire chuter fortement le nombre de prédations enregistrées par les éleveurs et bergers. Cette chute corollaire des indemnisations, gérées et versées par les syndicats en question, permet d’envisager la prise en charge des dégâts engendrés par les chiens errants ! Ainsi, la boucle serait bouclée. Les éleveurs sont couverts et protégés. Le fond d’indemnisation ( bipartite, éleveurs syndicat) sauvegardant ce qu’à nul n’est tenu, c’est à dire l’impossible.

L’engagement actif des syndicats.

Bien entendu, les syndicats concernés auront la tâche d’engager les moyens humains et matériels nécessaires, sous couvert, éventuellement d’une obligation de cotiser de l’ensemble des éleveurs de la métropole. Cet effet mutualiste organisé par les éleveurs, pour les éleveurs variant en fonction des résultats obtenus par les dits éleveurs. Le fait que les éleveurs et syndicats soient juges de l’application des moyens de protection devrait permettre de prendre en compte des techniques de protections plus personnelles et innovantes que celles qui sont exclusivement dictées par une administration nationale, voire européenne. Un éleveur, dans les Vosges, protège son troupeau avec des moyens dérisoires et pourtant efficaces, dans l’instant. ( parfums, poste de radio).

Sous couvert de la mise en place de l’ensemble des moyens (réactualisés si besoin)
et accordés par l’état (moyens importants si l’ensemble des coûts actuels sont engagées exclusivement sur la protection) la cotisation annuelle versée couvrirai l’ensemble des risques directs et indirects ( stress, étouffement, dérochements, avortement…chiens errants etc.) subis par un éleveur en particulier. Charge aux syndicats de vérifier la mise en œuvre des clauses du contrat liant les deux parties.

Un partenariat efficace.

Ainsi, en contrepartie du fait que les éleveurs prennent à leur compte les indemnisations des dégâts de l’ensemble des prédations, l’état, lui, se chargerait de développer la protection contre tous les prédateurs également.  Cela peut motiver ceux qui ne sont pas encore en zone à loup et permettra d’anticiper la venue de ce prédateur qui n’a aucune raison de rester confiné en zone de montagne.
Le coût actuel du loup représentant environ 11,00 Euro par an et par éleveur, une cotisation de base de 33,00 Euro annuelle, (obligatoire ?) peut laisser envisager la mise en place d’une protection complète, reste à déterminer les charges fixes et variables inhérentes à la gestion du contrat ! Et à évaluer les risques à court terme, d’où l’importance de connaître avec plus d’exactitude les populations de prédateurs en nombre, espace, et volume d’occupation. Les éleveurs non concernés dans l’instant par la présence de grands prédateurs profiteraient de l’expérience acquise par ceux qui sont soumis aux risques et seraient informés de manière crédible de l’évolution d’un plan de risques au niveau national. Toujours dans le même but : anticiper !

Les chasseurs et leurs compétences.

Reste à organiser « la gestion » de la présence des grands prédateurs. Pourquoi dissocier la gestion des espèces proies confiée aux chasseurs de la gestion des grands prédateurs ? Une certaine logique environnementale basée sur le fonctionnement d’un écosystème forestier demande l’étude et la compréhension de deux éléments fondamentaux qui assurent la variabilité du système. (espèces proies/espèces prédatrices)
Les actions de développement des chasseurs ( gestion quantitative, qualitative, agrainage etc.) ou une pression de chasse excessive, par exemple, impliquent des conséquences sur l’ensemble de l’écosystème, donc sur la présence et la réaction des prédateurs aux contraintes de leur environnement. Bien entendu, certains problèmes de respect du gibier pourraient permettre d’augmenter les capacités d’accueil des grands prédateurs s’ils étaient contenus. A ce titre, rendre obligatoire la recherche au sang, en cas de blessure, inciterait certains chasseurs par trop passionnés à la retenue ! Sous contrôle de qui ? Cela reste une question en suspend ! Certains conflits d’intérêts semblent difficiles à gérer !

Les intérêts des chasseurs.

Alors quels sont les intérêts des chasseurs, à s’investir dans la gestion des prédateurs. En premier lieu à redorer un blason parfois « délavé », en participant à la préservation d’une faune unique. L’art de la chasse consistant à prélever le gibier, il est évident que les tirs de défenses et de prélèvements seraient exclusivement, sous leur entière responsabilité, réservé aux détenteurs d’un permis de chasse. Dans un second temps, après installation ( capacité à maintenir l’espèce en bon état de conservation) du gibier « grand prédateur » sur l’ensemble d’une région, un plan d’attribution théorique suivi d’un plan de chasse pratique pourrait voir le jour. Au même titre que lors de l’introduction d’une nouvelle espèce proie, au même titre que les chasseurs ont su le faire ( et avec quel résultat spectaculaire) sur la faune cynégétique et en particulier, les ongulés ! Reste à comprendre également que l’action des prédateurs aura à moyen terme une action sur la qualité des cheptels. Ses capacités de reproduction (naissances gémellaires) et qu’en tout état de cause, ce qui est aujourd’hui fortement contestable, c’est à dire une gestion presque exclusivement qualitative des ongulés, serait un impératif pour maintenir les effectifs à des niveaux élevés, afin d’assurer la faim du loup. Il est probable que le loup soit effectivement, dans un contexte de pullulation, régulateur à la hausse du nombre d’ongulés ! Et non pas régulateur à la baisse !
Bien entendu, si les chasseurs tombaient dans les excès des vingt dernières années, en matière de grands prédateurs ( loups), ils pourraient être tenus responsables d’une pression de prédations excessives sur les ovins domestiques. Une dernière chose, en adaptant la gestion des différentes espèces proies, le chasseur serait en mesure de pousser le loup sur le sanglier. Localement, là où le cochon génère des coûts exorbitants ( dégâts dans les Vosges 1.9 million d’Euro en 2010), en faisant varier l’écosystème, comme les prédateurs eux-mêmes l’organisent ! Moyens, versés à fond perdu aujourd’hui, qui pourrait être investi dans l’introduction de nouvelles espèces appropriées, dans un contexte d’augmentation de la biodiversité, mot très à la mode et sans ambition actuelle.

Stop aux tabous des défenseurs de grands prédateurs.

Dans un tel projet visant à responsabiliser les différents acteurs, il convient également que les associations « pro-prédateurs » prennent une part active, avec les mêmes obligations de résultat, afin de participer à cet effort. En effet, l’effarouchement est aujourd’hui laissé pour compte. Les opérations qui consistent à tenter de s’isoler du loup, par exemple, en utilisant des moyens non-contraignants qui font rapidement appel à l’intelligence du canidé sont obsolètes. Ces moyens sont trop abstraits pour les éleveurs, pas assez spectaculaire pour les louvetiers ni pour les Offices de l’Etat. Quant aux associations pro-loup, elles rechignent à utiliser les contraintes physiques, face aux prédateurs et excluent les moyens douloureux fussent-ils non létaux. A ce titre, des procédés pyrotechniques liés à des répulsifs puissants, par exemple sur le piégeage des cadavres, auraient pour action de lutter à armes égales contre le canidé, dont les armes sont le nez, l’ouie et la vue ! Charge à l’Etat de trouver les fournisseurs nécessaires. Or, c’est là le meilleur moyen ( effarouchement physique) de faire baisser le nombre d’attaques et donc d’éviter, aussi, les tirs létaux. Ce point est important, car chaque attaque, même si elle fait peu ou même pas de victimes, génère le même stress pour le troupeau, tout comme pour le berger ou l’éleveur. Or le nombre d’attaques dépend moins de la protection des troupeaux que de l’effarouchement du loup actuel. Qui aime bien, châtie bien. Il est donc normal que les partisans du loup en soient totalement convaincus. Ces associations disposeraient d’argent public dans ce but défini mais également des dons ouvrant droit à crédit d’impôt.

Juste retour des choses du vivant, pour une transformation radicale, celle d’une contrainte vécue par des éleveurs excédés, en opportunité écologique globale.
N’est ce pas messieurs les, éleveurs, chasseurs, protecteurs, randonneurs et techniciens qui tous utilisent aujourd’hui les mêmes milieux naturels sans tenir compte des impératifs des autres usagers des espaces naturels? Dont nous sommes également, bien entendu !

Mathieu  Erny et Jean-Luc Valérie

 

 

Publié dans:Non classé |on 16 septembre, 2011 |Pas de commentaires »

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