Un des gros problèmes dans la cohabitation entre les bergers et …les écologistes pro-loup est que ces derniers ce sont donnés une mission que personne ne leur avait demandé : être les juges du travail des éleveurs et bergers, particulièrement concernant la protection des troupeaux. Or ces associations n’ayant quand à elles aucune responsabilité, rien à prouver, aucune justification à donner , cela ne leur donne pas une grande crédibilité. Elles sont perçues, non sans raisons, comme des accusateurs « forts en gueule » mais pas bien positifs quant aux résultats . Et il serait convenable de ne pas sortir ici l’alibi des éco-volontaires de pastoraloup. Ils font certe un travail très intéressant , dont Férus filtre les résultats qui sont à communiquer au public. Il faut avoir des amis qui ont fait cette expérience pour savoir ce qui ce dit vraiment lors des séances de « débriefing » . Le travail de ces quelques volontaires, aux motivations diverses, ne peut pas être utilisé comme faire valoir dans la communication sur le loup.
Même si férus et les autres associations privilégient la solution de la protection des troupeaux, elles ne peuvent pas se permettre de continuer ce qui est ressenti comme une ingérence et de l‘arrogance. Leur raison d’être c‘est le prédateur, donc leur place est naturellement à ses cotés dans le travail d’effarouchement et « d’éducation du loup » et je pense qu‘elles devraient être officiellement investies de cette mission là avec tout les moyens que l’état met à disposition dans ce sens. Evidemment, là, il leur faudra avaler quelques unes des couleuvres qui foisonnent autour de cette question, car ceux qui répètent à longueur de temps qu’il faut faire une place aux prédateurs se trouveront dans la situation de faire respecter par les prédateurs l’activité humaine. Mais il en va de même pour les éleveurs qui préfèreraient, eux, s’occuper du loup plutôt que d’enfermer leurs brebis. L’effarouchement, en plus de la protection des troupeaux, qui revient aux éleveurs, est un moyen d’éviter les tirs. C’est donc enfin une obligation de résultat pour ces associations, puisqu’en cas d’échec ce sont les louvetiers qui entreront en jeux. Ensuite, il y a les différents entre ses associations et les éleveurs ainsi que l’administration qui se règlent de manière très abstraites par des jugements dans lesquels est développé un grand savoir faire en matière de chicaneries procédurières. Ce savoir faire là n’est utile ni aux éleveurs ni à la biodiversité. Or ,dans le droit du travail, les différents entre salariés et employeurs sont réglés aux prud’hommes ou siègent des représentants des deux parties. Pourquoi ne pas imaginer la même chose pour le cas de la cohabitation avec les prédateurs? On pourrait avoir une assemblée constituée de représentants des associations écologistes , d’éleveurs, de bergers mais également de louvetiers. Cela fait plusieurs siècles que cela se pratique pour les prud’hommes, personne ne songe à le remettre en cause. Il me semble donc tout à fait possible d’adapter ceci au cas des prédateurs dans le cadre légal. Les diverses associations ou syndicats qui disposeront d’une voie ont des avis nuancés, d’un coté comme de l’autre, et ne représentent pas deux blocs. Par contre, comme je l’ai déjà dit, les procédures judiciaires demandent des moyens que les bergers n’ont pas. Il leur faut donc à l’heure actuelle se rapprocher d’une fédération constituée dans ce but ou on entendra plus ces nuances.