Lettre aux associations militantes pro-loup
Ceux d’entre vous qui suivent vraiment l’actualité liée au loup savent déjà que le bilan de l’année 2010 de la prédation amène et amènera des réactions sans précédent de la part des organisations pastorales. Il posera, je le crains, de grands problèmes aux associations de bergers qui avaient à cœur d’éviter la prise de position pro ou anti-loup pour ne pas nuire à la solidarité entre leurs membres et préserver leur noodiversité. Je vous accuse d’avoir sciemment et parfois cyniquement saboté votre part du travail concernant les techniques liées à la cohabitation des troupeaux avec ce prédateur. Parce que la protection des troupeaux dont certes vous faites la promotion, c’est la part du berger. Elle est largement mise en place puisqu’on constate une baisse du nombre de victimes par attaque. Mais ce n’est q’une face du travail nécessaire et, sans la contre partie, (le travail sur le prédateur) elle perd de son efficacité par l’accoutumance du loup jusqu’à devenir dérisoire. En effet, malgré les résultats obtenus par le travail des bergers, la prédation continue d’augmenter fortement car le nombre d’attaques lui, est devenu énorme et, en dehors des victimes, chaque attaque c’est du stress. Le fait de votre part de ne pas envisager les solutions réalistes et efficaces amène à ce que d’autres en envisagent à leur façon à votre place. Pour influer sur le comportement du loup il faut:D’abord l’effaroucher, mais sérieusement. Vous, vous préconisez de mettre des épouvantails sur les alpages soit disant pour faire peur au prédateur. Tout le monde se doute y compris vous que cela le fait plutôt rigoler. La peur ça s’entretient, il faut que le loup prenne un grand risque d’avoir réellement mal. Cela le berger ne peut absolument pas le faire lui même. En effet il faut par exemple tirer sur le loup avec du gros sel ou du petit plomb. Ceci est irréalisable par le berger parce que le loup attaque de nuit ou par temps de brouillard et s’il se montre c’est trop loin et trop furtivement pour qu’on aie seulement le temps de charger le fusil. On a vu récemment une exception notable mais bien trop rare pour que cela vaille la peine que le berger se promène armé à longueur de journée. Ces mesures sont non létales et peuvent donc être appliquées dans le but de réussir, avec les moyens nécessaires. Un loup touché ainsi délaissera les troupeaux par la suite. Un loup qui entend des coups de feu à blanc ne sait pas de quoi il s’agit.La mesure qui vient ensuite est le tir de défense qui est de blesser ou tuer un loup entrain de s’en prendre au troupeau. Pourquoi pas? C ‘est un mode de sélection juste lorsque la première façon de procéder s’avère un échec. C’est néanmoins beaucoup plus abstrait puisqu’un loup tué ne peut communiquer sa peur de l’homme et c’est dangereux si on incite les bergers à le réaliser eux mêmes, or c’est le but de cette mesure. En fait le problème ici c’est qu’impressionné par la gravité du tir, on fait en sorte d’autoriser cette mesure de façon qu’elle ne réussisse pas. Quel intérêt alors? Absolument aucun! Mais certains pensent que l’essentiel est de faire une concession aux éleveurs pour « leur occuper l‘esprit». Ce genre de raisonnement fait preuve d’un grand mépris. Il existe malheureusement et vous auriez bien plutôt intérêt à lutter contre.
La troisième mesure est à l’état actuel, le « tir de prélèvement ». C’est effectuer une sélection afin d’éliminer un loup à problème comme cela se passe dans la nature pour un animal qui s’expose de trop. Il est tout à fait justifié mais encore un peu plus « abstrait » par rapport aux précédentes mesures puisque réalisé en dehors d’un moment de prédation du loup sur les troupeaux.
La logique dans tout ceci est qu’en développant un savoir faire concernant « l’éducation » et la sélection du loup ainsi que la connaissance de son comportement on peut arriver a diminuer la prédation plus efficacement et de façon plus intéressante que par une régulation. Or votre savoir faire en la matière est totalement nul et non seulement vous ne cherchez pas à l’acquérir mais vous dissuadez même les louvetiers et les agents de l’ONCFS de le développer. Vous a t’il donc échappé qu ‘après le tir de prélèvement vient la régulation purement et simplement? Cette dernière technique est évoquée, vous l’ignorez peut-être depuis votre tour d’ivoire, et c’est tout à fait logique. Dans la mesure ou aucun savoir faire n’a jamais été développé concernant le comportement du loup, il est normal que l’évolution des techniques se fasse dans un sens arbitraire n’ayant que faire d’une connaissance du prédateur.
Cette logique est la votre depuis longtemps puisque le seul métier que vous ayez développé est celui de juriste dans lequel vous excellez. En effet vous avez fait annuler un tir de prélèvement au prétexte qu’il n’avait pas été précédé d’une autorisation de tir de défense. Dans l’état actuel, ce tir est réalisé par un éleveur et si donc il n’y a pas eu d’autorisation c’est certainement qu’elle n’a pas été demandée. Vous prétendez donc obliger les éleveurs à tirer sur le loup! Or vous avez déjà obtenu que cette mesure là soit inefficace. Vous ne voulez pas plus de ce tir de défense mais cela vous a permis grâce aux chicanes procédurières d’annuler le tir de prélèvement.
Ces connaissances en matière de procédures juridiques les bergers ne les maîtrisent évidemment pas et n’ont bien sûr pas les moyens même en association de se payer l’avocat qu’il leur faudrait pour vous contrer. Il faudra donc se rapprocher d’un groupe plus puissant dont on ne pourra plus éviter qu’il ait un parti pris anti-loup.
Ne vous leurrez pas, vous n’auriez jamais pu être que des adversaires pour les bergers, nos points de vue s’affrontent forcément.
Mais aujourd’hui, vous êtes en passe de devenir les ennemis du pastoralisme, donc de la « cohabitation« .
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