Présentation

Le droit des brebis

 Mon adresse couriel est :  ernymathieu@gmail.com

Merci aux ethnologues Guillaume  Lebaudy et  Anne Marie Brisebarre qui m’on fait ce texte d’introduction.

Depuis plusieurs années, le berger Mathieu Erny alimente régulièrement un blog (mathieuerny.unblog.fr) avec des textes inspirés par une réflexion personnelle sur son métier. Son nom, Le droit des brebis, annonce clairement la couleur. Il s’agit de défendre le pastoralisme ovin extensif, de faire reconnaître le travail des éleveurs et des bergers, et de rétablir l’équilibre entre les perceptions d’un monde sauvage survalorisé et très protégé, et celles d’un l’élevage ovin stigmatisé et contraint par les préoccupations environnementalistes.

Teintées d’idéologie, depuis une vingtaine d’années ces dernières sont devenues de plus en plus moralisatrices. Profitant d’une tyrannie de l’émotion relayée par certains médias et leaders d’opinion, les associations et organismes environnementalistes ont beaucoup agit pour imposer de nouvelles normes dont l’adoption s’est faite quasiment sans aucun débat public. Une pensée unique finira-t-elle par régenter toutes les activités ayant une incidence environnementale ?

Le pastoralisme, souvent sous le feu de l’actualité en période estivale (pour le « spectacle » des transhumances, mais aussi par les effets de la prédation sur les troupeaux d’ovins, quand ce n’est pas à cause d’incidents entre touristes et chiens de protection) est de plus en plus encadré, au point que certains éleveurs se sentent « sous surveillance ». Il importe que cette activité ne soit pas cantonnée à être un patrimoine ou, pire, une tradition folklorique. Il importe aussi que son rôle environnemental n’oblitère pas sa mission première de production. Le pastoralisme joue un rôle écologique important, il est un outil majeur pour lutter contre les incendies, il a un impact décisif (et très ancien) sur les paysages. En Méditerranée, ces derniers font d’ailleurs l’objet d’un projet d’inscription au patrimoine mondial (UNESCO). La multifonctionnalité du pastoralisme est indéniable, pour autant elle ne doit pas signifier son instrumentalisation et sa mise sous tutelle.

Dans une période où la place et la légitimité du pastoralisme sont de plus en plus contestées dans tous les massifs français, il nous a semblé intéressant de publier ce texte. Nous avons peu l’occasion d’entendre ou de lire les praticiens de ce métier, dont la parole est souvent couverte par celles des journalistes, des scientifiques ou des techniciens. Il est rare en effet qu’un berger prenne la plume pour témoigner de son vécu et nous livrer son analyse des enjeux du pastoralisme contemporain.

Mathieu Erny est berger. Formé à l’Ecole du Merle à Salon-de-Provence, il a fait l’estive en alpage pendant plus de dix ans dans les Alpes du sud,  période durant laquelle il a été confronté à plusieurs reprises à des actes de prédation du loup sur le troupeau dont il avait la garde.

Anne-Marie Brisebarre, ethnologue, directrice de recherche au CNRS, Laboratoire d’Anthropologie sociale (Paris).

Guillaume Lebaudy, ethnologue, membre de l’IDEMEC (Institut d’Ethnologie méditerranéenne et comparative), Université de Provence, Aix-en-Provence.

Ce texte avait été écrit à l’origine comme préface à un article qui reste un pilier de ce blog. J’en met ici le lien car il se trouve à présent loin en arrière dans la liste de articles.                http://mathieuerny.unblog.fr/2009/06/20/pour-un-plan-de-protection-du-pastoralisme/

Publié dans : Non classé | le 22 novembre, 2009 |2 Commentaires »

L’argent du loup

Souvent, en évoquant du budget lié à la protection du loup, on parle de « l’argent du loup ». Ca paraît drôle comme ça, pourtant il n’est absolument pas inutile de rappeler que le loup n’a pas de compte en banque. Il faut croire que la présence du loup dans les comptes et dessins animés a effectivement laissé des traces profondes dans notre imaginaire. Le loup n’a pas d’argent ce sont les pouvoirs publiques qui décident des subventions. Donc, lorsque l’on prétend que le loup a permis la création de nombreux emplois de bergers, c’est faux. Ce sont les pouvoirs publiques qui les payent et ils le feraient même s’il n’y avait pas de loups. Parce que le pâturage extensif entretient l’environnement, évite les incendies, et est indispensable pour la préservation de la biodiversité. La fédération France Nature Environnement a publié un communiqué alarmant sur la perte de biodiversité en France en disant que le plus préoccupant était la disparition des milieux ouverts (prairies naturelles, pelouses sèches, steppes ) qui dépendent du pâturage. Le fait de prétendre que c’est la protection du loup qui a permis de maintenir ce genre de pâturages a des effets pervers dans la mesure ou les zones sans loups n’en bénéficient pas alors qu’elles ont tout autant besoin d’être pâturées. On nous dit que le loup est une chance car dans les accords internationaux on ne peut plus subventionner l’agriculture comme avant alors que par le biais de l’écologie c’est possible. Alors pourquoi s’en priver et subventionner les postes de berger partout ou il y en a besoin au lieux de faire croire que cela est du à la générosité du loup ?

Publié dans : Non classé | le 6 juin, 2017 |Pas de Commentaires »

Un livre d’un paysan militant

Que n’y ai je songé plus tôt à faire de la publicité pour le livre de mon collègue Patrice Marie et par la même occasion de l’éditeur Cardère spécialisé dans le pastoralisme.

http://cardere.fr/pastoralisme/136-le-berger-jean-veymont-conteur-indigne-9782914053969.html

Publié dans : Non classé | le 6 avril, 2017 |Pas de Commentaires »

Un régulateur de la faune sauvage

Parmi les arguments en faveur du retour du loup il y a celui de la régulation naturelle de la faune sauvage. Grâce à ces super-prédateurs, on n’aura plus besoin des chasseurs pour réguler les sangliers, cerfs et chevreuils dont on nous dit, depuis que le loup est de retour, qu’ils sont en surnombre. C’est presque à croire que c’est le loup qui fait proliférer les herbivores sauvages puisque avant son retour les écologistes parlaient plus souvent de leurs sous effectifs. Entre temps, ces militants ont donc prêté une oreille plus attentive aux problèmes de la sylviculture. Et bien sûr, ce sont les sangliers, les animaux qui font le plus de dégâts aux cultures, qui seraient la principale espèce régulée par le loup.

En même temps, on nous explique que le loup est un animal opportuniste qui va au plus facile pour chasser. Croyez vous vraiment que le sanglier soit le plus facile à tuer pour un prédateur ? Déjà, on sait que c’est un animal très fort, imposant, qui charge défenses en avant. Mais en plus, la technique de prédilection du loup pour tuer est d’étouffer sa proie en mordant le cou. Ce n’est pas possible pour le sanglier. Toutefois, ce n’est certes pas moi qui vais prétendre qu’il est « scientifiquement prouvé » qu’une meute ne peut pas s’en prendre à un sanglier  car je sais que les loups savent tuer des bovins et des équidés mais c’est tout de même bien plus rare que les moutons.

Dans les informations que je reçois régulièrement sur la prédation du loup sur la faune sauvage, je n’ai jamais vu ou entendu parler de sangliers. Aussi, même dans un contexte ou la faune sauvage serait en sur-population, la prédation du loup occasionnera un déséquilibre en s’en prenant plutôt aux chevreuils qu’aux sangliers qui n’ont pas besoin de ce favoritisme pour proliférer. Là encore, les théories qui valent pour une nature complètement sauvage ou se rajoutent bien d’autres paramètres que ceux que retiennent les arguments militants, sont obsolètes chez nous, en France.

Publié dans : Non classé | le 3 mars, 2017 |1 Commentaire »

Phobies

 

Sur ce sujet des phobies humaines envers les animaux, les supposition non vérifiées des écologistes peuvent être réellement dangereuse pour la protection de la nature. L’exemple des vautours est assez parlant. Un présupposé largement répandu des écologistes militants veut que ce nécrophage soit victime de son aspect répugnant lié à la charogne. Or, des spécialistes de cet animal comme l’ornithologue Jean Pierre Choisy, pourtant radical dans sa conception de l’écologie, reconnaissent que les supposées superstitions sur ce charognard n’existent pratiquement pas. De fait, lorsque des Pyrénées a commencé à se diffuser la rumeur que des vautours s’en étaient pris à des animaux vivants, j’ai fait une recherche sur internet pour savoir comment de part et d’autre était présenté ce phénomène. Tout le monde et surtout les sites proche des paysans, expliquaient que ce comportement était anormal et que la cause en était un changement de législation en Espagne qui faisait que les cadavres des animaux d’élevage ne devaient plus être laissés à disposition des charognards. On a donc affamé les vautours qui sont devenus plus pressant dans leur recherche de nourriture. Or la réaction méprisante des écologistes intégristes a fait dégénérer la situation. Il était impossible pour ceux qui ont un a priori contre les paysans de ne pas se saisir de cette rumeur pour présenter les éleveurs comme des éradicateurs. Ce faisant, ils ont désigné eux même le vautour comme bouc émissaire pour ceux qui en avaient besoin. Avec ce genre de débat, la situation ne peut que dégénérer. De fait, lorsque les écologistes prétendent avec toute l’assurance du scientifique « éclairé » que les vautours ne peuvent en aucun cas tuer un agneau, comment les croirais-je moi qui ai vu de simples corneilles tuer des agneaux nouveau nés. Mais ce que je sais également, c’est qu’en montagne, un agneau nouveau né dont la mère reste indifférente a de toute façon peux de chance de s’en sortir. Malheureusement ceux qui se complaisent dans la polémique on sorti le débat de ce contexte très simple.

 

On pourrait passer des heures à comparer les phobies supposée des paysans sur la nature… et celles des citadins « éclairés » je voudrais juste encore évoquer le cas de la souris.

On dit que les animaux que l’imaginaire présente d’une manière négative sont persécutés par l’homme. Or même ceci est faux. La souris par exemple jouit d’une image très positive. C’est un animal très mignon que tout les contes ou dessins animés présentent avec bienveillance. Or tout le monde tue des souris (ou les fait tuer), y compris les écologistes et je sais de quoi je parle. Pourtant il est plus facile de cohabiter avec une souris dans son bureau qu’avec un loup dans ses pâturages.

Les paysans auraient donc une peur irrationnelle du loup ? Ben quand même pas au point de grimper sur sa chaise en hurlant.

 

Croyances.

Pour en finir avec l’irrationnel, abordons encore le thème des croyances et de la religion.

Quand l’historien Jean Marc Moriceau a entamé son travail de recensement des attaques de loups sur l’homme, il a été et est toujours violemment critiqué non pas sur sa technique qui est irréprochable mais tout bonnement parce que chercher sur ce sujet passait pour une imposture.

Comment peut on prétendre que vérifier une rumeur serait de l’obscurantisme ? JM Moriceau montre de façon tout à fait convaincante qu’au moyen âge ou à l’époque de la bête du Gévaudan, le petit pâtre était de loin l’animal le plus facile à tuer. S’il gardait des bovins, ce sont souvent eux qui l’on défendu. Pourquoi alors le loup se serait détourné d’une proie si facile ?Un des argument pour décrier ce travail est que les registres de décès étaient tenus par les curés et que ceux ci étant des hommes de religion, leurs notes ne seraient pas fiables. Lorsque je vois comment l’information peut être diffusée ou interprétée aujourd’hui, je ne pense absolument pas que nous soyons en reste en matière de manipulation par rapport à cette époque. Cet a priori part du principe que tout ceux qui nous ont précédés sont des imbéciles. Je ne pense pas qu’une vision objective peut se construire sur de telles bases, surtout lorsqu’il s’agit d’une tâche administrative. C’est donc bien le rôle d’un historien de respecter des sources aussi nombreuses et cohérentes et de les examiner.

On prétend que les autorités religieuses auraient inventé la peur du loup et l’aurait diffusée dans les campagnes. On trouve bien évidemment de nombreux exemple ou le loup a été diabolisé mais cela est assez naturel si le peuple le craignait déjà du fait de la situation qu’il vivait. Pour ce qui est de l’accusation d’une manipulation des autorités religieuses, la première question devrait être :« pourquoi choisir le loup comme incarnation du mal plutôt qu’un animal plus dangereux ?». Or la réponse semble bien être qu’il n’y avait pas plus dangereux. Ensuite, il suffirait de chercher si la diabolisation du loup était plus forte dans les grands textes théologiques voir dans la bible ou si on la trouve plutôt dans la légende dorée des saints ou dans les contes populaires et là je crois que c’est évident. Je ne suis pas érudit sur la question mais dans la bible, il ne me semble qu’il n’y a guère que la prophétie : « Le loup pâturera avec l’agneau. » pas de quoi en faire un diable. Dans les légendes des saints, on trouve autant d’anecdotes positives pour le loup comme celle de Saint François d’Assise civilisant un loup agressif que d’histoires négatives. Par contre, les contes populaires du moyen âge portent une grande peur du loup. Cette peur vient donc bien de la base et ne s’est pas installée artificiellement par l’œuvre de quelque manipulateur.

 

Publié dans : Non classé | le 22 février, 2017 |Pas de Commentaires »

Les effaroucheurs se suivent et se ressemblent

 

Depuis le début de février on trouve, largement diffusé sur internet, un nouveau produit pour protéger les troupeaux des loup appelé « fox light ». http://www.nicematin.com/environnement/cet-eleveur-des-alpes-de-haute-provence-a-trouve-un-systeme-ingenieux-pour-eloigner-le-loup-de-ses-betes-10264

Basé sur des flashs lumineux, il a été mis au point en Nouvelle Zélande, haut lieux de l’élevage extensif du fait que sur cette île, il n’y a jamais eu de grands prédateurs… et donc de patous. Parce qu’il faut d’emblée noter que cet instrument efficace contre les renards peut être gênant pour tout le monde y compris les patous qui défendent les troupeaux en Europe et les brebis elles mêmes.

En fait, quand on lit l’article écrit comme une campagne de publicité par Nice matin à la demande de l’association pro-prédateurs FERUS, on se rend compte qu’il n’a pas du tout été écrit pour convaincre les éleveurs d’adopter le fox light. Cela aurait demander une autre communication que celle d’un marchand de gadget. Il a été rédigé uniquement dans le but de faire croire à l’ensemble de la population que les solutions existent.

 Il faut régulièrement ce genre d’effet d’annonce pour qu’on oublie les techniques d’effarouchement déjà existantes aux quels plus personne ne croit. Vous imaginez vous vraiment qu’en 24 ans on n’a pas pensé à ces histoires de lumière? Il fut un temps, certains bergers laissaient la nuit un poste radio à côté du troupeaux pour avoir toute sorte de sons humains dont des conversations. Un jour quelqu’un est venu leur dire qu’on avait inventé la parade incontournable contre le loup : l’ effaroucheur. Un appareil qui reproduit des sons humains de manière aléatoires. Ca allait changer radicalement la face du pastoralisme, on n’en entend plus parler. Peut être faudrait il lui trouver un nom anglais pour refaire une campagne de publicité ?

C’est ma conviction que cette campagne n’est pas faite pour convaincre les éleveurs mais pour mettre la pression sur eux et je suis persuadé que cette façon d’agir, comme c’est souvent le cas sur ce sujet, est contre-productive. Elle sème l’irritation chez les éleveurs et les bergers et accroît la tension bien justifiée concernant la présence du loup.

Déjà, cela fait ricaner ce grand titre dans Nice matin qui dit « Cet éleveur a trouvé un système ingénieux… »

alors que tout le monde sait très bien que les promoteurs de cet outil ont du chercher Cent sept ans un éleveur qui accepte de tester ce système. Mais un professionnel ne prendra pas au sérieux un outil que l’on a donné à tester en octobre et dont on prétend tirer les conclusions début février.

Il y a plusieurs points à considérer. Premièrement, ces effaroucheurs « doux » n’éloignent le loup que dans la mesure ou il est surpris et qu’il préfère tenter sa chance sur un autre troupeau. Globalement la prédation ne diminue donc pas. Si cet effarouchement était définitif, évidemment, il suffirait d’équiper tout le monde et la prédation baisserait. Or ceci n’est même pas vrai pour la technique bien plus sérieuse des chiens de protection. Une étude américaine montre que lorsque tout les troupeaux d’une région donnée sont équipés de patous, les attaques reprennent chez les troupeaux qui étaient préservés dans un premier temps grâce à la présence des chiens.

Le loup s’habitue bien sûr et une technique « soft » qui n’a jamais causé de frayeur ou de douleur au loup est dérisoire.

Nos spécialistes en « cohabitation » nous disent donc que pour garder l’efficacité des différents effaroucheurs et autres clôtures symboliques, il faut les changer régulièrement. Le problème c’est que chaque fois que le loup passe outre à l’un de ces sois disant effarouchement il franchit un degré dans la familiarité avec l’activité humaine et ne la craint plus. Si on alterne plusieurs techniques d’effarouchements douce, cela repoussera un peu plus longtemps le moment ou le loup passera outre mais à ce moment là, on aura vraiment un loup à problème car on l’aura éduqué, par des obstacles toujours à sa portée, à l’attaque des troupeaux.

Ce problème de l’accoutumance des loups est évoqué par des éthologues comme Jean Marc Landry mais il est difficile à mesurer.

Aujourd’hui utiliser des effaroucheurs à tout vas est aussi dangereux que de prendre des médicaments à mauvais escient… et de se retrouver avec des antibiotiques qui n’ont plus d’ efficacité.

Publié dans : Non classé | le 19 février, 2016 |1 Commentaire »

Réponse à Fabrice Nicolino

Le journaliste écologiste Fabrice Nicolino ressort, pour préparer la manifestation contre les tirs de loups du 16 janvier à Lyon, un texte écrit l’an dernier sur son blog  : « Ce que nous n’avons pas su faire » http://fabrice-nicolino.com/?p=2155

Ce texte d’un écologiste engagé est intéressant parce qu’il cumule tout les leurres de l’écologie.

Citons d’abord le paragraphe qui m’a décidé à réagir :« En quelques mots, mon sentiment. Un, la défense de la biodiversité est un devoir, élémentaire, et ce devoir nous oblige tous. Donc, on ne lâche rien. Deux, il est sûr que la cohabitation avec les activités humaines pose de vrais problèmes, peut-être davantage sur le plan psychologique que matériel. Trois, une très forte majorité de l’opinion française souhaite la présence des grands prédateurs sur notre territoire. Quatre, la question ne saurait être discutée qu’au plan national, car le fond de l’affaire est national, et même planétaire. »

Oui, la défense de la biodiversité est importante et c’est là que l’aveuglement de Fabrice Nicolino est sidérant. Il se réjouit que : « L’un des paradoxes de la situation, c’est que la France moderne des routes, autoroutes, et d’internet, est redevenue sans le dire un pays sauvage. Mais oui ! Qui se promène beaucoup n’ignore pas la révolution des paysages en cours. La déprise agricole a libéré des millions d’hectares, qui ont changé de destination en deux générations au plus. »

Est-il difficile de comprendre que c’est tout un milieu qui est entrain de disparaître, celui des pâturages extensifs, avec leurs maigres broussailles, les haies, les pelouses sèches etc… ? Tout cela pour récupérer en échange une seule espèce qui fait fantasmer tout le monde mais est moins essentielle à la biodiversité des campagnes qu’une espèce d’insectes .

Marre de ceux qui ne reconnaissent que des problèmes psychologiques à la présence du loup. Si on « relativise » tout les problèmes rencontrés par les bergers, on relativisera aussi l’importance de la nature selon les besoins du moment. On peut tout relativiser.

« Une très forte majorité de l’opinion française souhaite la présence des grands prédateurs sur notre territoire ». Quelle blague ! Les Français répondent positivement aux marchands de naturalité! Se dire favorable aux loups est si facile pour estomper la culpabilité de notre société par rapport à la nature, mais il serait bien plus juste de savoir si les français méritent ce loup. Je sais parfaitement que ce n’est pas le cas, ils ne supportent pas les patous par exemple.

« La question ne saurait être discutée qu’au plan national, car le fond de l’affaire est national, et même planétaire. »C’est exactement pour cela qu‘un grand nombre d’ agriculteurs ont élus un agri-manager directeur de multinationales de l’agro-alimentaire, faisant de l’import export, président du syndicat majoritaire. C’est en se disant comme Fabrice Nicolino que seule une personnalité internationale qui n’aurait pas un accent trop régional sera respectée. Notre société crève de la condescendance avec laquelle elle traite les populations locales. Les terres des Bushmen ou des pygmées deviennent des sites protégés sans qu’ils ne soient consultés ou qu’ils n’aient un siège d’administrateur.

Enfin, Fabrice Nicolino sort son fameux «  grand pacte national ». Les paysans étant minoritaires dans notre société et touchant des subventions, ils auraient des comptes à rendre et devraient se soumettre aux volontés des urbains. Mais à qui vont les subventions ? Est ce qu’on dit d’un médecin ou d’un pharmacien qu’il est subventionné ? C’est le consommateur qui est subventionné et ce sont les paysans qui auraient des comptes à demander. Ce sont eux qui sont indispensables, malgré le fait qu’ils soient une minorité et parmi les paysans, ceux qui pratiquent le pastoralisme et que Fabrice Nicolino vise tout particulièrement sont ceux qui auraient le plus de comptes à demander. Les éleveurs ovins extensifs sont parmi les plus subventionnés… mais parmi ceux qui gagnent le moins. Ont ils vraiment, eux, des comptes à rendre à des consommateurs qui dans une très grande majorité achètent le produit d’élevages hors sol ? Ah bien sûr ! ce type d’élevage ne craint pas le loup, nous y voilà.

L’état subventionne donc le consommateur pour quelques bonnes raisons, l’autonomie en nourriture, au niveau de la planète cela permet un équilibre puisque sans subventions, la viande que nous mangerions viendrait de l’ex foret amazonienne.

Sélectionner les bons paysans, c’est un peu comme lorsque les colons voulaient promouvoir les « bons nègres ». Non, il n’y a pas besoin de s’afficher pro-prédateur pour être écologiste, parce que nombre de paysans ont une acceptation de la nature spontanée et des petits prédateurs comme personne d’autre ne peut prétendre. Il n’est pas facile du tout d’arriver à cet équilibre avec la nature et le loup le compromet souvent. N’a t’on pas vu récemment les écologistes intégristes de l’ASPAS prôner, avec campagne de dénigrement à la clef, des clôtures de bétails domestiques totalement étanches à toute faune sauvage ? Qui est intolérant ?

S’il y a une crise écologique, elle ne vient pas du fait que les paysans auraient trop de pouvoir, mais bien du fait qu’ils sont sous représentés. Affaiblir encore le pastoralisme en le soumettant à des conditions mis en place par des technocrates à des fins écologistes est un leurre semblable à celui des américains du nord qui pensent que pour faire baisser la criminalité il faut que les citoyens soient plus armés. De même, l’écologie moderne est un produit de la civilisation hyper productiviste, sécurisée, technocratique que nous connaissons, comme la charité est le produit de la sur-consommation. Elle est sur la même longueur d’ondes et n’apporte aucune solution.

Publié dans : Non classé | le 29 décembre, 2015 |3 Commentaires »

Altruisme ou désir de puissance ?

Lorsqu’un milliardaire fait un retour sur lui même et se pose les questions existentielles de base, il se rend compte qu’il arrive très tôt à une limite dans la jouissance de ses biens. Bien heureusement, tous ne sont pas assez stupides pour remplir leur baignoire de champagne ou se faire des cuvettes de WC en or massif. A quoi peut on utiliser autant d’argent ? Il peut être réinvesti encore et encore comme il peut être donné pour un programme altruiste. En fait, n’est ce pas la même chose ? On ne peut pas jouir de milliards d’euros, mais le désir de puissance lui est illimité. Or cela est toujours pernicieux. On peut trouver des points communs dans les utopies des milliardaires quels qu’ils soient.En général l’eugénisme y tient une bonne part. Que ce soit la recherche de l’immortalité à laquelle les maîtres de Google se vouent, (cela passera forcément par une sélection serrée des gènes par la technique puis par le contrôle de la reproduction des humains pour qu’ils ne prolifèrent pas). Mais on a noté ce fantasme aussi parmi les plus grandes figures de l’écologie. Sir Julian Huxley qui fonda l‘Union Internationale pour la protection de la nature (URN) ancètre de l’IUCN disait en 1948 :

« ll faut une politique démographique positive qui impose un contrôle des naissances chez les gens de qualité inférieure et une procréation bien ajustée chez les gens de qualité supérieure.»

Or si on regarde, ce fantasme est partagé aussi par les radicaux de l’écologie comme le pirate anti-baleiniers Paul Watson qui déclare que : «  La population humaine doit être radicalement réduite à moins d’un milliard d’individus », et seulement ceux qui sont « complètement dévoués à leur responsabilité vis-à-vis de la biosphère devraient être autorisés à avoir des enfants, soit un « très faible pourcentage d’hommes ». Paul Watson ne semble absolument pas préoccupé de savoir si les personnes ainsi sélectionnées par ses soins feront de bons parents. Il lui importe juste d’être un des élus.

Bref !! Ca pue le surhomme.

Publié dans : Non classé | le 19 décembre, 2015 |Pas de Commentaires »

Spéculations sur la nature.

Est ce qu’un pygmée dans une foret vierge est écologiste ? Drôle de question n’est ce pas ? En tout cas on peut parier que les pygmées ne se l’a posent pas. Et objectivement la réponse devrait être « non » puisqu’ils exploitent la foret ou ils vivent. L’activité des écologistes est de restaurer une nature dégradée et n’a donc de sens que dans notre société moderne qui détruit son environnement naturel  au point de mettre l’humanité en danger. Est ce donc toujours l’altruisme pour les êtres vivants de notre planète qui motive ce combat ou est ce plus tôt la peur ?

Lorsque l’on regarde les débuts du militantisme écologique, on se rend compte que ce sont les très riches chasseurs européens et américains qui ont fini par se rendre compte que leurs prestigieuses chasses au lion ou au tigre étaient limitées. Ils ont donc décidé de réagir en « gérant » ces milieux et en faisant de la chasse un produit de luxe interdit à ceux qui n’en auraient pas les moyens c’est à dire les populations locales. Ce faisant, ils supprimaient aux indigènes leurs moyen de subsistance (gibier et pâturage pour les pasteurs) donc leur autonomie. Cette vision de l’écologie est toujours la plus répandue aujourd’hui.

Puisque l’on se rend compte que la nature est essentielle a la survie de l’humanité, elle est devenue un bien marchand auquel on peut donner une valeur. C’est ce qu’on montré Sandrine Feydel et Christophe Bonneuil dans leur livre « Prédation : nature nouvel eldorado de la finance ».

L’écologie moderne n’ayant de sens que dans un contexte de destruction de la nature, l’arrangement a été vite trouvé. Il s’est concrétisé par un marché « d’indulgence » avec des « banques » de biodiversité ou d’oxygène dont on peut acheter des parts pour compenser des destructions faites ailleurs. Le problème est que la biodiversité ne se crée pas, on ne peut compenser les destructions de la nature, tout juste peut elle être préservée. Alors, comment ces banques présentées comme dynamiques peuvent elles fructifier leur avoir ? Eh bien en éliminant la biodiversité ailleurs. C’est prévu puisque les parts dans les banques de biodiversité donnent des droits de détruire en dehors des réserves. Les espèces animales ou végétales ne sont respectées que lorsqu’elles sont rares et leurs protecteurs se considèrent d’ailleurs comme des collectionneurs, les comparant à des œuvres d’art.

La spéculation sur la nature est donc possible par la différence entre les zones protégées et les autres. La dynamique de cette logique est d’obtenir une différence maximale entre des réserves hyper-protégées, parfois artificiellement et les autres espaces.

Cette logique est radicalement à l’opposé de l’univers des bergers.

Publié dans : Non classé | le 19 décembre, 2015 |Pas de Commentaires »

Est il efficace de tuer des loups ?

La question revient souvent parce qu’elle est bien réelle. Un loup tué est rapidement remplacé et les protecteurs des grands prédateurs avancent souvent l’argument comme quoi tuer un loup favorise la désorganisation voire l’éclatement des meutes ce qui accentuerait la reproduction. Le problème est que cette assertion fait partie de ces arguments qu’on est sensé devoir accepter de confiance car il n’en n’est jamais publié de résumés lisibles et convaincants. Or, si je suis de bonne fois, je n’ai pas une telle confiance dans les associations pro-loup surtout lorsqu’elles ne parviennent pas à se justifier. On vous bombarde des données scientifiques ou, si vous n’y trouvez rien d’évident, on vous répond que c’est parce que vous êtes un néophyte qui devrait ce taire devant les « hommes de science ». Moi je suis un berger et je sais pertinemment que les militants pro-prédateurs se contentent de toute sorte d’approximations et d’enquêtes biaisées. Je sais aussi que les vrais arguments sont toujours formulables de façon claire et ne redoutent pas la contradiction.

Face à l’argument de la désorganisation des meutes, on peut bien sûr rétorquer que moins il y a de loups, moins il y a de dégâts, il suffit d’en tuer suffisamment. Mais sans aller jusqu’à cet argument qui milite pour l’éradication, ce que l’on avance dans le milieu pastoral pour demander des tirs de loups est que la pression exercée sur eux les rendra plus craintifs et plus prudents par rapport à l’activité humaine. Cela veut dire que si on constate un taux de prédation qui augmente moins vite que celui de la population de loup, les tirs auront étés des moyens efficaces de protéger les troupeaux. Or cette année ou les tirs ont étés plus nombreux que dans le passé, (l ’équivalent d’un dixième de la population officielle), Le nombre de victimes de loups est en baisse. Pourtant la population de loups doit avoir progressé de dix pour cent tout de même. Il est évident qu’on ne peut pas vraiment commenter le résultat d’une seule année, mais c’est le seul élément tangible dans ce débat.

L’association FERUS ne s’embarrasse pourtant pas beaucoup de ce genre de précautions. Des le début de l’été elle faisait savoir que si les pertes des éleveurs étaient moindre en 2015, c’était parce que ceux ci protégeaient mieux leurs troupeaux. Il n’est que temps que cette association reconnaisse le travail effectué pour la protection des troupeaux, pourtant FERUS n’est absolument pas gênée de continuer sa propagande quasi diffamatoire sur « les bergers qui ne font pas leur travail etc … » dans l’incohérence la plus totale.

Il est bien vrai qu’un travail considérable est fait pour la protection des troupeaux mais les résultats ont toujours étés très en dessous de ceux fantasmés par la propagande pro-prédateurs.

Par contre, il est tout à fait ridicule de croire que ce travail de protection, commencé depuis longtemps donne subitement un résultat manifeste en 2015. Ce n’est pas cet argument là qui peut justifier une telle différence.

Des agents de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage ce sont exprimés publiquement :

http://www.20minutes.fr/planete/1717275-20151026-abattre-loups-remede-pire-mal

« le sujet du loup est trop « passionnel » pour pouvoir être géré correctement. « Nous n’avons pas à prendre parti pour ou contre le loup, explique Dominique Melleton. Mais on constate que les décisions sont prises plutôt par souci politique que par rapport aux données techniques. »

C’est possible, mais la protection des loups est également « un sujet passionnel ». Est ce la raison pour laquelle il n’a pas non plus pu être géré correctement ? Jusqu’ a présent c’était l’ONCFS qui devait s’occuper de l’abattage de loups à problème. Parvenir à un tel savoir faire aurait été un excellent moyen de faire comprendre que seuls certains loups devraient être tués. Cela n’est semble t’ il pas possible selon l’aveu de l’ONCFS même. A partir de là, quelle sont les données « techniques » qui devraient déterminer les abattages de loups ?

Les agents de l’ONCFS font ce métier par passion pour la faune sauvage. On se doute que tuer des loups est la mission qu’en général ils exécuteront avec le moins d’empressement. Certains le disent en privé mais, évidemment, la hiérarchie le nie comme je l’ai entendu moi même lors d’une réunion à Valence. A cette occasion, un représentant de la confédération paysanne avait exprimé de la compassion pour les 3 pauvres jeunes agents de l’ONCFS envoyés sur un alpage pour tuer un loup Ils se débrouillaient avec leurs fusils et un gros projecteur et faisaient honnêtement ce qu’ils pouvaient c’est à dire rien. Il y avait effectivement de quoi avoir pitié car cette mission ressemblait bien d’avantage à un bizutage. Je m’imaginait les anciens du service planqués sur la colline voisine et se marrant aux jumelles. Le matériel qui avait été donné à cette équipe est celui qu’utilise FERUS lorsqu’ils daignent faire des effarouchements.

Un autre point sur lequel l’attitude de l’ONCFS est difficile à comprendre est l’opacité qu’elle se croit obligée de faire sur ce sujet. C’est presque unanimement que ceux qui s’intéressent au retour du loup ont critiqué le secret qui avait été maintenu plusieurs mois durant en 1992 sur sa présence en France. Cette omerta avait d’emblée semé la méfiance. Or cette erreur a été reproduite plusieurs dizaines de fois par l’ONCFS. Tout le monde sait donc pertinemment que cette administration retient énormément d’informations. Est il vraiment nécessaire de maintenir cette ambiance trouble ? Avertir à temps les éleveurs du danger ne vaut il pas mieux que d’être obligé de reconnaître la présence du loup devant ses dégâts ?

Enfin, dans l’article cité ci dessus, Dominique Molleton dit  « Les modes d’élevage actuels ne sont pas compatibles avec la présence de prédateurs ».

Cela nous l’avons déjà entendu souvent et, comme toujours, les partisans du pastoralisme extensif se demandent ce qui est sous entendu par là car, comme l’on montrées les récentes vidéos de l ’ASPAS, le fantasme des défenseurs du loup, c’est l’enfermement des troupeaux. Le poète berger Pierre Thélèmdisait lorsqu’on lui a demandé ce qu’était le patrimoine pastoral : « Le patrimoine pastoral c’est la liberté du berger et la liberté du berger c’est celle de son troupeau ».

Publié dans : Non classé | le 13 décembre, 2015 |1 Commentaire »

N’avez vous pas honte?

 

C’est ce que dit systématiquement un militant pro prédateur à un éleveur pratiquant le pastoralisme et permettant donc à ses bêtes de se nourrir au pâturage.

Cette année, la mode était aux clôtures. Elles ne sont pas suffisantes pour arrêter les prédateurs et ne permettraient donc pas la « cohabitation ». Effectivement, tout le monde le sait, les clôtures n’ont pas été conçues pour cela.

L’ASPAS a commencé la saison en faisant vraiment très fort. Elle s’indignait que des dégâts de loups aient lieux « dans (une) commune (ou) des veaux pâturent dans des prés dont les clôtures sont de vraies passoires à loups ».

Effectivement, les éleveurs bovins ont la chance d’avoir des animaux faciles à enclore ce qui fait qu’ils peuvent avoir de grandes clôtures fixes légères ayant peu d’impact sur la faune sauvage qui peut les traverser facilement. Croyez vous une seconde que L’Association de Protection des Animaux Sauvages, parmi les plus radicales des association écologistes, pourra supporter longtemps qu’il y ait en campagne des milliers de kilomètres de clôtures infranchissables pour la faune sauvage, isolant les bosquets et les forets et détruisant toute idée de corridors écologiques ? Évidemment que non ! Ceci n’est qu’une étape. La preuve en est que cette préconisation n’ a jamais existé au par avent. Elle est absurde, mais c’est le passage obligé pour l’ASPAS pour en finir avec le pastoralisme extensif. Cela paraît incroyable que les ultra écolos soient objectivement si proches de l’agriculture productiviste et de ses élevages hors sol. Mais encore une fois se confirme avec évidence l’adage comme quoi, « les extrêmes se rejoignent ».

Ces exploitations bovines seront, si elles devaient suivre les injonctions de l’ASPAS stigmatisées d’ici très peu de temps par les mêmes écologistes pour l’impact désastreux sur la faune sauvage de cette façon de faire. La seule réponse sensée ne consistes donc pas à renforcer les clôtures mais à lutter contre les partis pris de l’ASPAS.

« Culpabilisez, si vous ne savez pas pourquoi, eux le sauront ! ». C’est à peu près le mot d’ordre de l’ASPAS à ses militants. Le problème c’est qu’il n’est pas du tout évident pour un éleveur de culpabiliser lorsqu’on a des brebis aussi saines et aussi sereines que celles filmée par les commandos de l’ASPAS dans une série de vidéo http://www.ledauphine.com/drome/2015/11/13/les-militants-pro-loups-contre-attaquent-avec-une-video tentant de montrer que les brebis sont abandonnées. La phrase : « Des éleveurs qui ne font pas leur travail, cela n’a rien d’extraordinaire ». Est une diffamation manifeste et ridicule lorsque l’on voit les bêtes. Là encore, ce sont les clôtures qui sont en cause. Elles sont mobiles, légères, en filet ou en fils de façon à enclore les grandes surfaces dont on besoin en automne, les brebis sur de la repousse dans les prés ou pour se nourrir dans les friches. Les clôtures mobiles permettent de pouvoir les enlever après le pâturage et replacer sur d’autres zones car les clôtures à moutons sont beaucoup plus complexes que celles des bovins pour lesquels quelques barbelés fixes suffisent. Si toutes les clôtures des ovins étaient fixes, leur coût serait exorbitant et l’impact sur la faune sauvage très lourd. Par ailleurs, les clôtures pour ovins doivent être souples pour céder en cas de panique du troupeau.

On n’est plus là en alpage, le troupeau est bien plus petit et souvent, à cette date, morcelé pour l’agnelage. L’éleveur ne peut pas être partout en même temps et, s’il y avait un patou dans ce troupeau, comme l’ASPAS l’exige,cela voudrait dire une dizaine de patous en alpage. Avez vous déjà entendu l’ASPAS prévenir ces « clients » de la situation que ça représente? L’avez vous déjà vu démarcher les mairies et les offices de tourismes pour permettre la cohabitation entre touristes et les meutes de patous? JAMAIS ! elle n’a jamais su que prendre les français dans le sens du poil et leur vendre des fantasmes bon marché sur la nature sauvage. Dans ce sens, elle s’inscrit complètement dans la logique de ceux qui spéculent sur la valeur marchande de la nature.

Il faudrait donc des miradors pour protéger les brebis ? Il semble bien que se soit cela la position « politiquement correcte » des pro-prédateurs… pour le moment. En effet, si l’ASPAS tient un discours si extrême qu’il n’a plus de logique, l’association FERUS qui se voue à la protection des grands prédateurs n’est guère en reste avec cet article de Patrick Boffy http://www.30millionsdamis.fr/actualites/article/9328-abattage-de-loups-la-france-est-une-triste-exception-en-europe/

Il s’agit là des clôtures de parc de nuit et il est vrai qu’elles sont, en ce moment, étudiées pour renforcer leur efficacité. Mais la vraie solution n’est pas encore trouvée et on admet généralement que les parcs en filets sont, dans la plus part des cas, efficaces sauf si le loup parvient à provoquer un mouvement de panique et que le troupeau lui même défonce les filets. Dans ce cas, on est très content que la clôture ne soit pas plus solide car les brebis s’y étoufferaient par dizaines.

 Au début on nous a dit qu’on ne pouvait plus laisser les brebis en couchades libres la nuit. Il faut comprendre ce qu’on a perdu alors, avec des brebis dont on doit arrêter le pâturage au coucher du soleil, au moment ou elles mangent le mieux, mais aussi dans un moment de grande sérénité ou elles s’apprêtent à dormir. Si le parc est loin on doit les stresser pour arriver à temps et souvent s’énerver très fort parce qu’elles n’ont aucune envie d’obéir à cet ordre absurde. Pour reconstituer quelque peux des conditions naturelles, je fais un parc le plus grand possible, avec de l’herbe à manger dedans. Les filets souples permettent aussi de changer souvent le parc pour qu’il soit propre et éviter ainsi le piétin. Quelle est alors cette nouvelle injonction dont il n’avait jamais été question au par avant? Les filets ne feraient pas l’affaire?. Patrick Boffy en parle comme d’une évidence, mais ce n’est pas ce qui était dit jusque là. Cela semble plutôt une façon de déguiser l’aveu que FERUS est dépassé par la situation qui n’est pas celle fantasmée au départ. J’ai entendu parlé de grands parcs de nuit, avec un matériel costaud que le berger ne peut pas installer seul. Cela veut dire qu’il ne peut pas le changer de place selon les situations. C’est grave tant pour les bêtes qui vont piétiner dans la merde, que pour le métier auquel on enlève encore de l’initiative et de la compétence.

Pour ce qui est de ces « veilleurs », je n’ai jamais entendu ce mot dans le vocabulaire des mesures de protection. J’ai, comme tout le monde, entendu parler d’aide berger qui dort à la cabane, si possible une autre que celle du berger, souvent à construire. Il n’a jamais été question nulle part d’une personne veillant la troupeau la nuit. L’homme ne voit rien la nuit, n’a pas d’odorat, ne sait pas courir , alors que ferait il de plus que le patou? S’il y a une différence avec les pays voisins c’est que là bas on n’a jamais cessé de tirer le loup, même en Italie et FERUS le sait bien; Ils veulent éviter la « solution à l’Italienne » c.a.d le braconnage. Chez nous, la protection extrême dont jouit le loup n’est absolument pas naturelle et cela prendra des décennies pour rectifier le comportement que le loup a pris.

lI est bien dommage que les associations écologistes mettent tant de moyens pour dénigrer les éleveurs plutôt que dans un travail constructif. Soit c’est de la bêtise, soit c’est une volonté délibérée de détruire l’élevage extensif.

Publié dans : Non classé | le 20 novembre, 2015 |Pas de Commentaires »
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